Agriculture. "Il pleut, il mouille"... Et c’est pas la fête pour les moissons

Il fait un temps pourri ! C’est rude pour les vacanciers. Terrible pour les vendeurs de glace et les professionnels de l’hôtellerie-restauration. Difficile pour le moral de tout le monde et cela commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs. Les ondées répétées nuisent sérieusement au bon déroulement des moissons. La moitié des blés n’a pas été récoltée. Du jamais vu à cette date.

"Ce mois de juillet 2023, il est tombé 80 millimètres de pluie à Rennes, presque le double d’une année normale (en moyenne, la pluviométrie de juillet tourne autour de 44 millimètres) ce qui fait de ce mois le plus arrosé depuis l’an 2000" détaille Sébastien Decaux de Météo Bretagne.

Les nuages sont arrivés vers le 15 juillet dans le ciel breton et n’en sont plus partis !

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A Mauron, Jean-René Menier, le vice président de la FDSEA du Morbihan, ronge son frein. "Nous sommes le 31 juillet et plus de la moitié des blés, (au moins 55% ) sont encore à récolter. C’est tellement humide qu’on ne peut pas moissonner. Pour l’instant, c’est surtout dur pour le moral, concède-t-il, mais ça va poser des problèmes. Se retrouver au 1er août avec la moitié des moissons à faire, ça n’est jamais arrivé !"

"Les moissonneuses ne peuvent entrer dans les parcelles que si les blés sont secs. Après une grosse averse, il faut parfois deux jours, mais comme il pleut tous les deux jours, on est bloqué" se désespère l’agriculteur.

"Et puis, chaque fois que ça mouille et que ça sèche, précise Jean-René Menier, les blés s’abiment. On peut perdre un peu sur la qualité. Ici, en Bretagne, les blés servent principalement pour l’alimentation animale, mais on aura du mal à atteindre un niveau de qualité élevé pour la panification ou l’exportation."

"Par chance, jusqu’ici, les blés n’ont pas encore versé,  il y a moins de risque de germination sur pied, mais comme les épis sont murs et les tiges humides, ils commencent à se coucher."

Le baromètre bouleverse les plannings

 Depuis plusieurs jours, les moissonneuses patientent sous les hangars et cette satanée météo complique toutes les organisations. "Dès qu’il fait beau, tout le monde voudra sauver sa récolte et il n’y aura pas forcément assez de machines" explique l’agriculteur. "D’autant plus que lorsque les conditions sont idéales, qu’il fait beau et chaud, on peut moissonner de midi à une ou deux heures du matin, mais là, l’atmosphère est si humide, qu’il faut s’arrêter vers 11h du soir, c’est un quart de temps de moisson en moins !"

Besoin de soleil et de paille

 Comme la Bretagne est une terre d’élevage, les céréaliers commercialisent et le blé et la paille. "J’ai 170 tonnes de paille réservées, mais si on moissonne maintenant, elle va pourrir " redoute Jean-René Menier.

Les agriculteurs scrutent le ciel et espèrent une éclaircie.

"Ça devrait aller mieux à partir du 9 août "prévoit Météo Bretagne… On croise TOUS les doigts !