Grippe aviaire: "Si je les enferme, mes volailles vont devenir agressives ou se laisser dépérir."

Depuis le 5 novembre, les élevages de volailles doivent se protéger contre les risques de grippe aviaire dans 46 départements survolés par des oiseaux migrateurs. Des mesures de biosécurité strictes pas toujours simples à mettre en oeuvre pour les éleveurs. Exemple dans le Morbihan.
© maxppp/J.Luc Flémal
Dans cet élevage de Plouay (Morbihan), les poules de Clément et Séveryne ont l'habitude de s'ébattre et grandir à l'air libre. Mais face au risque de grippe aviaire, depuis le 5 novembre, il est demandé aux éleveurs de les protéger pour éviter tout contact avec les oiseaux sauvages. Dans la pratique, ils doivent notamment confiner leurs animaux ou installer des filets.
 
Cette mesure de biosécurité inquiète Clément: "Si on les laissait à l'intérieur, les volailles, comme tout le monde, se mettraient à déprimer [et finirait par] agresser d'autres volailles ou se laisser dépérir".

Pour éviter le confinement de leurs volailles, les deux Morbihannais ont donc demandé à leur vétérinaire une attestation dérogatoire certifiant que les bêtes ne supporteraient pas de rester enfermées. Le document sera en voyé au service vétérinaire de l'Etat.

Reste que les éleveurs devront tout de même protéger leurs oiseaux d'une part en réduisant le parcours des volailles en extérieur, d'autre part en les recouvrant d'un filet ou d'un grillage. Si la première mesure s'avère peu coûteuse et assez facile à mettre en oeuvre, la seconde est plus problématique. "On n'a pas le budget pour faire ces travaux du jour au lendemain, explique Clément. Tout doit se prévoir et aujourd'hui, avec le confinement, c'est encore plus compliqué à organiser."

 Ce qui inquiète encore plus les deux éleveurs, à quelques semaines des fêtes de fin d'année: vendront-ils leurs pintades de 5 kilos ?
 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie grippe aviaire