Fonderie de Bretagne : les grévistes rejettent les propositions de Renault

Les salariés grévistes de la Fonderie de Bretagne ont rejeté mercredi les propositions de Renault pour "mettre fin au conflit" contre la vente de l'usine de Caudan (Morbihan). Certains ont brûlé leur carte d'électeur pour manifester leur amertume.

Les grévistes ne bloquent plus l'accès de la fonderie de Caudan, mais le mouvement de grève reste très suivi (67% du personnel)
Les grévistes ne bloquent plus l'accès de la fonderie de Caudan, mais le mouvement de grève reste très suivi (67% du personnel) © Quentin Cézard - France Télévisions

"Les salariés sont révoltés de voir ce qu'on leur propose. Renault joue le pourrissement de la situation. Ils sont en train d'acter la fermeture de l'entreprise", a dénoncé auprès de l'AFP Maël Le Goff, secrétaire CGT du site.

Les délégués syndicaux ont rencontré mercredi la direction du site, à la chambre de commerce de Lorient, pour négocier un accord de fin du conflit, entamé le 27 avril.

Dans un communiqué diffusé en fin d'après-midi, le groupe Renault a indiqué s'être engagé "à augmenter le volume de production en 2021" de l'usine, "en le portant de 19.000 à 21.000 tonnes en année pleine, soit une augmentation de 10%". "Cette avancée de la part de Renault Group est assujettie à l'arrêt du conflit et à la reprise des activités au plus vite dans les conditions de sécurité requises", précise le constructeur automobile.

Maël Le Goff a regretté que Renault ne s'engage que pour l'année 2021 et pas pour les suivantes. "On a demandé une clause de revoyure pour préparer un plan de charge pour 2022 et 2023", a-t-il indiqué. "Il nous faut quelque chose d'écrit noir sur blanc parce que les paroles de Renault, ça suffit!"

Des salariés grévistes de la Fonderie de Caudan brûlent leur carte d'électeur
Des salariés grévistes de la Fonderie de Caudan brûlent leur carte d'électeur © Stéphane Izad / FTV

 

Désaccord profond sur l'avenir

Dans son communiqué, Renault dit aussi s'engager "à accompagner Fonderie de Bretagne jusqu'à la reprise par un acquéreur en discutant des volumes, des investissements et de la diversification sur la base d'un projet industriel d'avenir". "Il a été convenu que l'ensemble de ces sujets feront l'objet de nouveaux échanges avec les partenaires sociaux de la Fonderie de Bretagne", ajoute le groupe.

"On leur a dit: revenez demain avec d'autres solutions! Parce que ça, c'est pas possible", a commenté Maël Le Goff. Les salariés demandent à rester dans le groupe Renault et le retour à Caudan de volumes de production délocalisés à l'étranger. Renault a annoncé le 11 mars la mise en vente de l'usine. La Fonderie de Bretagne est implantée depuis 1965 à Caudan où elle emploie environ 350 salariés.


 

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