Lorient : le savoir-faire du port de pêche va s'exporter dans le sultanat d'Oman

Le savoir-faire du port de Lorient va s'exporter à l'étranger. Le port de pêche de Keroman a remporté un appel d'offre pour concevoir et gérer pendant près de 30 ans un important pôle de pêche à Duqm, dans le sultanat d'Oman. Une délégation omanaise était en visite ce mardi matin à la criée, pour passer en revue les installations bretonnes.

4 h ce mardi matin, l'heure où le poisson et les crustacés débarquent fraîchement à la criée. C'est surtout l'occasion idéale pour une délégation d'une douzaine de personnes (dont le ministre de l'agriculture et de la pêche) venue d'Oman de découvrir tout le savoir-faire du port de pêche de Lorient.

Une première visite pour mieux connaitre l'écosystème maritime

La monarchie d'Oman souhaite s'inspirer du modèle lorientais et l'exporter à Duqm, une ville située sur la côte Est du sultanat d'Oman. 

Là-bas, tout est à construire, les pêcheurs débarquent pour l'instant sur les plages. Suite à un appel d'offre, la conception d'un port de 250 hectares et sa réalisation ont été confiées à la société mixte Lorient Ker-Oman. Une première en France. Une dizaine d'entreprises internationales s'étaient positionnées et c'est finalement le Morbihan qui l'a emporté. "Ils veulent intégrer la technologie lorientaise qui semble leur convenir. On a une grande expérience à Lorient, le port a 100 ans. On a vécu des catastrophes, on a fait des erreurs, si on peut leur éviter ces erreurs ce sera très bien pour eux et pour nos entreprises qui pourront se développer là-bas", souligne Maurice Benoish, président de la société SAS Ker-Oman. 

Pour Olivier le Nézet, président de la Société d'économie mixte Keroman, "c'est une chance et une fierté que la compétence du port de Lorient ait été choisie, dans toutes ses composantes, aussi bien la vente que la construction ou la réparation navale". Il espère même plus tard développer un volet formation à destination des marins omanais.

Pour sa première visite à Lorient, le Dr. Abdulaziz Al-Marzuqi, conseiller au ministère de l'agriculture et de la pêche du sultanat d'Oman s'est dit impressionné par les infrastructures morbihannaises. L'enjeu est de taille. Le sultanat veut en effet diversifier son économie. Sa principale richesse provient du pétrole et du gaz. La pêche ne représente que 1,5 % de son activité économique.  L'objectif visé est de 10 %. A terme, d'autres activités nautiques pourraient même être développées comme la course au large ou le tourisme et qui sait faire encore appel au savoir-faire lorientais.   

Le projet est encore en phase d'études. La construction de ce port ne devrait pas débuter avant 2023 et pourrait coûter entre 100 et 150 millions d'euros. Le partenariat a été signé pour une durée de 28 ans. 

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