Transport à la voile en Bretagne. La Région fédère les entreprises du secteur

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Écrit par Catherine Deunf avec AFP
Le catamaran, le Saona, transporte des passagers entre Quiberon et Belle-Ile depuis mai 2021 (image d'avril 2021).
Le catamaran, le Saona, transporte des passagers entre Quiberon et Belle-Ile depuis mai 2021 (image d'avril 2021). © Stéphane Izad-France Télévisions

Du vent dans les voiles, c'est l'impulsion donnée ce mercredi 10 novembre par la Région Bretagne. Elle lance une filière autour du transport à la voile. Un secteur en pointe puisqu'il permet de lutter contre le réchauffement climatique.

La région Bretagne a officiellement lancé ce mercredi 10 novembre à Lorient une nouvelle filière de transport maritime à propulsion par le vent/ Elle réunit plus de 150 entreprises des secteurs de la construction navale, de la voile de compétition ou encore des énergies marines. Une innovation qui tombe à pic en ces temps de COP 26, où la diminution des gaz à effet de serre apparaît cruciale pour lutter contre le réchauffement climatique.

"Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport maritime représentent actuellement plus d'un milliard de tonnes par an, soit l'équivalent des émissions totales de l'Allemagne", rappelle la région Bretagne dans un communiqué.

 

Des liaisons régulières pour Belle-Ile en catamaran

Dans le Morbihan, certaines entreprises sont déjà bien avancées. La compagnie maritime Iliens et son catamaran Saona ont rencontré leur public. Lancée le 14 mai 2021, cette première liaison régulière à la voile entre Quiberon et Belle-Ile, a transporté 15 000 passagers en six mois. Lou Le Galliot est l’une des associés de la compagnie maritime Iliens. Elle se réjouit de cette première saison : "On propose aux gens une expérience de prendre un peu plus de temps, de voir les choses différemment. Et ils en sont friands."

Un paquebot de croisière à voile

 A Lorient, Avel Robotics met au point des pièces en composite pour le nautisme et les chantiers navals. Elle fait partie d’un consortium de cinq entreprises bretonnes qui travaille pour les chantiers de l’Atlantique. Ce géant de la construction navale, basé à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, planche depuis de nombreuses années, sur Silenseas, un paquebot de croisière à voile.

Avel Robotics est en charge des pièces qui assemblent les mâts. "Des grands mâts vont aller sur des bateaux de croisière. Chose jamais vue !, s’enthousiasme Luc Talbourdet, président d'Avel Robotics. Les bâtiments de croisière font 200 à 300 mètres de long. Ils seront équipés de trois grands mâts de plus de 70 mètres."

156 entreprises bretonnes dans le secteur de la voile

Une étude réalisée par l'agence régionale Bretagne développement innovation (BDI) montre que 156 entreprises bretonnes se tournent vers le secteur de la voile : 61 d'entre elles ont déjà une activité commerciale sur ce marché et 95 autres s'y intéressent fortement.
La majorité de ces 156 entreprises est spécialisée dans la fabrication d'éléments ou de sous-ensembles de systèmes à propulsion par le vent, d'autres en architecture, ingénierie ou modélisation de systèmes à propulsion par le vent. Certaines sont des armateurs ou encore des affréteurs. Les projets pour lesquels travaillent ces entreprises concernent principalement des cargos mais aussi des navires à passagers.

Développer des emplois partout en Bretagne en décarbonant notre économie.

Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne.

 

 

 

"Nous avons senti, déjà depuis quelques années, que le sujet de la voile était un sujet ô combien passionnant pour l'avenir de la Bretagne", s'est félicité Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne en lançant la nouvelle filière. "Il s'agit de développer notre activité économique, de développer des emplois partout en Bretagne en décarbonant notre économie, c'est l'urgence", a-t-il assuré, annonçant pour début 2022 une feuille de route pour la filière.

28 millions d'euros de chiffres d'affaires et 155 emplois

Le poids économique de cette filière appelée à croître rapidement est évalué à 28 millions d'euros de chiffres d'affaires et 155 emplois, selon l'étude, la première du genre. "Les résultats de cette étude viennent confirmer l'émergence d'un marché prometteur du transport maritime propulsé par le vent et sa forte accélération avec des projets matures", a noté Carole Bourlon, responsable grands programmes structurants à l'agence BDI.

L'Organisation maritime internationale (OMI) a fixé la réduction des émissions de CO2 du secteur d'au moins 40% d'ici à 2030 par rapport à 2008 et de 50% d'ici à 2050. Avec une flotte commerciale mondiale de plus de 90 000 navires (vraquiers, pétroliers, porte-conteneurs...), l'enjeu au niveau mondial est de taille pour le secteur de la construction. 

"Le marché est considérable", a noté Lise Detrimont, déléguée générale de l'association Wind Ship, qui vise à accélérer la transition écologique du maritime grâce au développement de la propulsion des navires par le vent. A travers le monde, elle estime à une quinzaine le nombre de grands navires de charge aujourd'hui équipés avec des technologies de propulsion par le vent.

"Le 10 novembre est un jour historique pour la Bretagne", s'est félicité Guillaume Le Grand, président de la compagnie de transport de marchandises à la voile TOWT et l'un des pionniers en France de la filière, vantant la viabilité de la filière lors d'une conférence de presse. Il a estimé que "la révolution de la décarbonation du transport maritime dans la marine marchande se fera pour des raisons marchandes".

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