VIDEO. Municipales à Lorient : ce qu'il faut retenir du débat du second tour

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Écrit par Gilles Le Morvan
Aux côtés de Robin Durand (à gauche), Damien Girard, Fabrice Loher, Bruno Blanchard et Laurent Tonnerre (de gauche à droite) face à face pour notre débat du 2e tour pour les Municipales de Lorient
Aux côtés de Robin Durand (à gauche), Damien Girard, Fabrice Loher, Bruno Blanchard et Laurent Tonnerre (de gauche à droite) face à face pour notre débat du 2e tour pour les Municipales de Lorient © FTV

A Lorient, où se joue la succession de Norbert Métairie, PS, les électeurs ont le droit à une quadrangulaire au 2e tour. Damien Girard, Fabrice Loher, Bruno Blanchard, et Laurent Tonnerre sont arrivés au coude à coude le 15 mars. Voici ce qu'il faut retenir de leur débat sur France 3 Bretagne.   

C’est l’un des 2e tours des municipales les plus indécis en Bretagne.

Dans l'ancien fief de Jean-Yves Le Drian, quatre candidats se retrouvent dans un mouchoir de poche, pour succéder à Norbert Métairie, PS.   

L’écologiste Damien Girard (LUG Union de la gauche - Lorient en commun), est arrivé en tête au 1er tour avec 22,9% des voix

Il est talonné par Fabrice Loher, (LDIV Divers - Unissons Lorient), candidat de la droite et du centre, 20, 83 %  

On trouve ensuite Bruno Blanchard, (Divers gauche - Bien vivre Lorient), héritier PS de Norbert Métairie, 18,45 %

et Laurent Tonnerre, (LDIV Divers - Demain Lorient), ex PS, aujourd’hui LREM, soutenu par Jean-Yves le Drian, 17,8%

Si au vu des résultats du 15 mars, le cœur des Lorientais semble en majorité toujours ancré à gauche, une bascule à droite est loin d’être impossible.

Au premier tour, l’abstention avait atteint un score historique avec 66,15 %, 20 points de plus qu’en 2014.

 

Le débat

 

Ce qu'il faut retenir du débat 

Premières passes d'armes sur les tentatives d’alliance

Entre les candidats, aucune tentative d’alliance ne s’est concrétisée entre les deux tours. A gauche, entre Damien Girard et Bruno Blanchard, on se renvoie la balle. Echange tendu :

Damien Girard : "On a fait des propositions qui n’ont pas vraiment eu de réponses. On a su aussi que Bruno Blanchard discutait avec le candidat LREM. Il valait mieux s’arrêter là".  

Bruno Blanchard : "La première proposition qu’on a nous a faite, c’était de nous retirer. Alors on s’est retiré... de la discussion. Il y en a eu d’autres, mais pas réellement sérieuses. La fusion ne pouvait donc pas avoir lieu".

Au centre et à droite, l’échec des négociations donne aussi droit à quelques propos assez vifs…

Fabrice Loher : "Je suis à la tête d’une liste de rassemblement, déjà diverse. C’est vrai qu’il pouvait y avoir des convergences avec Laurent Tonnerre. Mais Laurent Tonnerre, il n'est plus vraiment socialiste, pas complètement macroniste, il est surtout opportuniste. On a décidé de rester cohérent".

Laurent Tonnerre : "C’est vrai qu’on a souhaité avoir des échanges avec deux listes. L’idée n’était pas de se vendre au plus offrant. Mais on a décidé de rester fidèle à nos convictions. Avec notre liste ouverte sur la société civile et son projet innovant".

 

Quels plans d’urgence pour l’économie après le Covid ? 

 

Après la crise sanitaire, comment répondre aux urgences économiques et sociales qui vont s’inviter dans le quotidien des habitants et dans l’agenda du maire ? Les échanges sont plus courtois. Quoique.

Entre Fabrice Loher, le candidat soutenu par le Modem, l'UDI et LR, et Bruno Blanchard, le chef de file de la majorité sortante, on n’a évidemment pas le même point de vue sur la santé économique de la ville

Fabrice Loher : "Un Lorientais sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, et 18% de la population cherche un emploi. C’est le triste bilan de la majorité sortante dont mes trois adversaires sont issus à des degrés divers. La création d’emploi sera notre priorité. Avec un plan d’urgence immédiat d’1 million et demi. Et à plus long terme, il faudra aller chercher 100 millions d’euros auprès de l’Europe pour la transition énergétique, les transports, le numérique, et l’économie maritime. Avec l’argent public local, ça fera 130 millons. Avec pour objectif 3000 emplois directs".

Bruno Blanchard : "130 millions d’euros, c’est bien, c’est beaucoup, mais le problème, c’est que si on sait que des fonds européens et nationaux vont tomber, on ne sait pas combien. Il faut surtout continuer la métamorphose de la ville déjà entamée, poursuivre la rénovation urbaine. Pour mémoire, on est classé 10e ville de France où il fait le mieux vivre. Et sur le bassin d’emploi, le taux de chômage n’est que de 7,6%. On a créé 3400 emplois en trois ans. Il faut poursuivre. Pour les commerçants, l’exonération de droit de terrasses sera maintenue jusqu’à la fin de l’année. Il faut mettre en place une action "cap sur l’été", pour faire venir chez nous les touristes qui seront nombreux en Bretagne."

Autre passe d’armes, entre Laurent Tonnerre et Damien Girard cette fois. Sur la teneur du programme du candidat de la gauche unie. Son adversaire LREM évoque une décroissance malvenue.  

Mais Damien Girard s’étonne d'abord des chiffres avancés par le candidat de la droite et du centre Fabrice Loher : "Annoncer 130 millions à la cantonade n’est pas sérieux, même s’il y a évidemment de l’argent à aller chercher. Notre projet, c’est de faire de Lorient la capitale des transitions. A plus court terme pour sauver le maximum d’entreprises, on proposera aux habitants des bons d’achats bonifiés.  Ils coûteront 10 euros en mairie, mais vaudront 12,5 euros si vous les dépensez dans les commeces indépendants de la ville. On veut aussi créer un fonds de garantie citoyen."

Un programme qui irrite fortement Laurent Tonnerre : "Des bons d’achats, ce n’est le rôle d’une municipalité. Et plus largement, le programme de Damien Girard est inquiétant. Il ne faut pas aller vers la décroissance. Pour réussir la transition, je conseille aux Lorientais de ne pas faire confiance aux écologistes. Quant aux sommes que l’on va récupérer de l’Europe ou de l’Etat, on ne va se livrer bataille là-dessus, on prendra ce qu’on nous donnera. Il faut sauvegarder les emplois à Lorient, investir dans les énergies renouvelables, les bâtiments, les universités. Et organiser aussi dès cet été des évènements pour compenser les annulations."

 

Comment aider la Fonderie de Caudan

 

Sur le dossier de la Fonderie de Caudan, le consensus est plus facile à trouver entre les quatre candidats. L’agglo et ses élus devront peser pour tenter de pérenniser l’emploi dans cette entreprise de 380 salariés dans la tourmente. 

Fabrice Loher : "Il faut absolument maintenir cet outil. L’agglomération doit être aux côtés des autres collectivités pour garder ce savoir faire"

Bruno Blanchard : "L’agglo doit faire encore plus. 8 millions d'euros ont déjà été investis par la région et les collectivités locales. Il faut rester présent."  

Laurent Tonnerre, le candidat LREM en profite pour évoquer le rôle de Jean Yves Le Drian dans la poursuite de l’activité. "Il faut maintenant innover et diversifier l’activité sur le site".  

Damien Girard : "La diversification, c’est un axe important pour assurer la pérennité, mais il faut trouver une efficacité énergétique. La Fonderie consomme autant d’électricité que la ville de Lorient. Et puis la principale responsabilité est celle de Renault. Les élus doivent agir pour que le groupe automobile l’assume".

 

Quelles mobilités demain à Lorient ? 

 

A Lorient, 92% des déplacements domicile travail se font en voiture, 50 000 véhicules dans la ville tous les jours, avec 80% des automobilistes seuls dans leur voitures.

Fabrice Loher veut expérimenter la gratuité des transports le samedi. Aller vers des transports décarbonés. Mais avec de meilleures dessertes. Et pourquoi pas un réseau circulaire autonome.   

Son adversaire écologiste Damien Girard entend aussi travailler sur la gratuité. "Avec des études sur la question de la gratuité pour inciter les habitants à lacher leurs voitures. Il envisage aussi "la possibilité d’un tramway à l’échelle de l’agglomération, sans oublier le vélo qui doit être au cœur des mobilités avec 60 km de réseau express dans la ville." 

Le chef de file de la majorité sortante Bruno Blanchard explique que la Ville a déjà fortement développé le vélo. "On a limité la vitesse des voitures à 30 km/h. Sur la gratuité, on est favorable pour les sorties scolaires. Mais méfiance, la gratuité, ça se paye toujours à la fin, je ne pense que la proposition de Fabrice Loher sur la gratuité le samedi soit une bonne idée. Mais on peut réfléchir à des créneaux en semaine, pour inciter les actifs."

Sur la question du vélo, Laurent Tonnerre, ex-adjoint aux transitions, propose  "deux autoroutes, deux axes entièrement dédiés au vélo. Je suis contre un tramway qui coûterait 22 millions par kilomètre, Lorient Agglo n’a pas les moyens… Il faut aussi poursuivre le travail engagé pour apaiser la circulation avec des zones 30 km/h, pour limiter la pollution, et revoir le schéma de circulation de camions."

 

Quid de la fameuse tribune d’honneur du Moustoir ?

 

Au ceur du débat aussi, la question de nos confrères de Ouest-France sur la fameuse tribune d’honneur du Stade du Moustoir, fermée depuis trois ans pour question de sécurité, alors que les Merlus reviennent en Ligue 1.

Des travaux de rénovation de la casquette ont déjà commencé. Mais faut-il rénover ou reconstruire ? Et où trouver l’argent ?   

Fabrice Loher : "Pour nous c’est une priorité d’intervention. Il faut faire du Moustoir un pôle d’attractivité commercial et culturel avec le FIL (Festival Interceltique de Lorient, NDLR). En termes de financement, je suis partisan de faire passer la propriété à Lorient Agglomération."

Bruno Blanchard : "Je suis sur la même ligne pour le transfert à Lorient Agglo. C’est un travail à mener avec le FCL et le Festival Interceltique. Bruno Blanchard qui trouve aussi "fort de café" la proposition de Damien Girard d'installer dans cette tribune la Maison de la culture bretonne. "Il faut une concertation".  

Sur la question, Damien Girard va défendre son projet : "La maison de la culture bretonne n’est pas une idée qui vient de nulle part. Elle est le fruit de rencontres, notamment avec le FCL et les associations culturelles. Il y a eu concertation. Et cela permettrait de mutualiser les coûts."

Laurent Tonnerre est lui plutôt partisan de "déconstruire la tribune pour reconstruire un bâtiment neuf, qui permettrait d’abriter des salles de stockage, de réunions, avec un toit fait de panneaux photovoltaiques."

 

La sécurité à Lorient, comment faire mieux ?

Sur la question de la sécurité, c’est d’abord la participation du candidat de la gauche unie Damien Girard, à une récente manifestation contre les violences policieres, qui anime un peu le débat.

"Au regard des pouvoirs du maire en matière de police, c’est une erreur grave", selon Fabrice Loher, candidat de la Droite et du centre.

Damien Girard se défend. Il dit "son soutien à la Police nationale dont les résultats à Lorient sont très efficaces". Avant d'ajouter que cela ne l'empêche pas "d’avoir un regard lucide sur certaines dérives."

Vient ensuite la question des caméras de surveillance. Il y en a 40 à Lorient. Bruno Blanchard, n’a pas d’opposition de principe à en installer de nouvelles. Mais "là ou il y a des trafics. Il ne faut pas surdimensionner le réseau."

Dernière passe d’armes sur la question de policiers municipaux. Et leur complémentarité - ou pas - avec les médiateurs. Doivent-ils travailler ensemble ?

Oui, disent Laurent Tonnerre et Fabrice Loher. "Question d’efficacité" à leur yeux. Non, rétorquent Bruno Blanchard et Damien Girard.  "On ne mélange pas les genres, pas de confusion dans la chaîne de la sécurité".

 

S'ils avaient une photo à accrocher en mairie ?

Damien Girard : Jean Jouzel, climatogue

Bruno Blanchard : l'affiche du festival interceltique qui n'aura pas lieu cette année 

Laurent Tonnerre : Marek Halter, ambassadeur de la paix 

Fabrice Loher : Louis Bodélio, médecin lorientais du 19e siècle 

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