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La médaille de la Résistance pour trois enfants au nom d'un jeune Morbihannais fusillé à 23 ans

Photo d'André Gondet, résistant martyr / © FAMILY HANDOUT / AFP
Photo d'André Gondet, résistant martyr / © FAMILY HANDOUT / AFP

Trois enfants de 4, 7 et 9 ans recevront samedi la médaille de la Résistance au nom de leur arrière-grand-oncle, André Gondet, un "soldat de l'ombre" dont l'histoire a été déterrée des archives, fusillé à 23 ans par les Allemands en juillet 1944 dans le maquis de Saint-Marcel dans le Morbihan.

Par AFP

La cérémonie, qui honorera deux autres résistants fusillés, se déroulera à Paris dans les locaux de l'Ordre de la Libération, hébergé dans l'Hôtel des Invalides.

Cette médaille sera remise aux trois enfants au nom d'André Gondet, né le 28 février 1921 à Bohal et membre des Forces françaises de l'intérieur (FFI), abattu à quelques kilomètres de son lieu de naissance, le 12 juillet 1944, à Plumelec. Mais André Gondet n'était pas seul. Surpris dans leur sommeil, 18 hommes furent exécutés sur l'aire de battage de la ferme où s'était installée leur unité : sept parachutistes SAS (Special Air Service), huit combattants FFI, et trois agriculteurs, accusés de les avoir hébergés. 
 

Un souvenir remonté par sa petite-nièce

Si le jeune résistant sera enfin honoré samedi prochain, il le doit à la ténacité de sa petite-nièce, Stéphanie Trouillard. Intriguée par la photo de ce jeune homme inconnu, accrochée au mur de la chambre de son grand-père dont il était le frère sans que jamais la famille ne l'évoque, elle a cherché, fouillé dans les archives, compilé des documents, interrogé des dizaines de personnes, pour enfin l'incarner et "conter une jeunesse foudroyée par la guerre".
 
"L'histoire d'André est celle d'un simple patriote breton (...) un soldat de l'ombre qui n'a d'habitude pas sa place dans les livres", explique Stéphanie Trouillard, qui, après plusieurs années d'enquête, vient de lui consacrer un ouvrage, "Mon oncle de l'ombre" (éditions Skol Vreizh).
 

Réquisitionné dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO) en novembre 1942, le jeune homme, mécanicien de profession, part travailler pendant un an dans une fonderie allemande à Karlsruhe. Revenu en permission en décembre 1943, il décide de ne pas repartir en Allemagne. Devenu réfractaire, il prend un pseudonyme, trouve un travail dans une autre commune. Le 1er juin 1944, il rejoint le maquis.
 

"Honorer les morts"

Quelques jours plus tard, les premiers parachutistes de la France Libre appartenant au SAS sont parachutés dans le secteur. Leur mission : saboter les voies de communication et structurer les maquis bretons avec pour objectif, rappelle Stéphanie Trouillard, "d'empêcher ou au moins de retarder le transfert vers le front de Normandie (...) des troupes allemandes stationnées en Bretagne".

C'est dans le contexte de ces terribles semaines de combats qui vont suivre le Débarquement que se déroulera le massacre de Plumelec. Les troupes du général Patton n'entreront en Bretagne que le 31 juillet, soit près de trois semaines après le massacre.

"Beaucoup de familles ne savent pas qu'on peut honorer les morts de la Résistance, même longtemps après la guerre", constate Stéphanie Trouillard qui a déposé le dossier pour son grand-oncle, instruit ensuite par l'Ordre de la Libération créé par le Général de Gaulle en 1940. 

Le décret accordant la médaille de la Résistance a été publié en avril 2018. Une vingtaine de membres de la famille d'André Gondet feront le déplacement pour la cérémonie de samedi. "Symboliquement, nous avons décidé que c'était aux plus jeunes de la famille de recevoir cette médaille", développe la jeune femme pour justifier le choix des trois enfants.
 

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