Morbihan : des championnats de France et d’Europe cyclistes sous contraintes liées au Covid-19

La Bretagne est bien une terre de cyclisme. Pour autant, l’organisation fin août, dans le Morbihan, des championnats de France cycliste sur route à Grand Champ et d’Europe à Plouay, supposera la mise en place de mesures sanitaires. Il en va de la sécurité des coureurs et des spectateurs.
Warren Barguil, champion de France en titre, ne pourra pas avoir de contact avec ses supporters
Warren Barguil, champion de France en titre, ne pourra pas avoir de contact avec ses supporters © Max PPP / Philippe Vacher
Ce n’est pas un casse-tête mais ça y ressemble. Et voici l’équation à résoudre : comment préserver l’ADN d’un sport populaire par excellence face à un virus dont la virulence commence de nouveau à inquiéter les autorités ? Yves Bleunven, maire de Grand-Champ n’a pas la réponse, mais déjà des propositions qu’il posera sur la table du préfet du Morbihan mardi prochain (21 juillet) à l’occasion d’une réunion ou sera évoqué le cadre sanitaire des championnats de France de Grand-Champ et des championnats d’Europe organisés dans la foulée à Plouay du 23 au 28 août.

«Même si nous avons reçu le feu vert des autorités pour organiser ce rendez-vous, rien n’est gravé dans le marbre et nous en sommes conscients… tout pourrait être remis en cause », précise cet élu, passionné de vélo, qui rêve de pouvoir un jour accueillir une étape du tour de France sur sa localité. « Nous avons déjà quelques idées pour réguler et contenir le public dans les aires de départ et d’arrivée… il est probable que nous préconisions aussi le port du masque. Nous avons prévu de faire un point avec les organisateurs de Plouay pour parler d’une même voix et affiner nos propositions ».
 

Même si nous avons reçu le feu vert des autorités pour organiser ce rendez-vous, rien n’est gravé dans le marbre et nous en sommes conscients… 

Yves Bleunven, maire de Grand-Champ

 

Un droit d'entrée pour voir passer les coureurs : une première !


De son côté la FFC (Fédération Française de Cyclisme) qui a déjà listé un grand nombre de préconisations à l’endroit des organisateurs de courses, a d’ores et déjà prévu de les renforcer pour les championnats de France. « Il est indispensable de réguler le public dans les zones de départ et d’arrivée », précise le service communication de la Fédération. « Pour ce faire, nous allons, pour la première fois, instaurer pour les épreuves du samedi 22 et du dimanche 23 août, un droit d’entrée de 5 euros pour les plus de 17 ans, dans ces zones spécifiques tout en rappelant au respect strict des gestes barrières ».

Port du masque obligatoire 


Des précautions il y en aura d’autres à l’occasion de cette grand-messe du cyclisme hexagonal. « Nous allons limiter le nombre de nos invités… et en remplacement des traditionnels buffets, un service à table sera préféré afin d'éviter les contacts », poursuit cette responsable de la Fédération qui précise que le port du masque leur sera imposé : « Pour la presse aussi les conditions seront draconiennes… le port du masque sera exigé même pour les photographes massés sur la ligne d’arrivée… car il sera impossible de faire respecter entre eux une distance minimum".

Un accès limité aux champions


Quant aux concurrents, ils devront eux aussi respecter des mesures de prudence : "Les coureurs qui participeront aux conférences de presse, s’y présenteront masqués. Les accès aux bus des équipes seront totalement proscrits dans le but, bien entendu, de protéger au mieux les coureurs et leurs encadrements à une semaine du départ du Tour de France ».
 

Dark Vador de l’asphalte


Les gamins en quête d’une casquette ou d’un bidon glanés avant le départ resteront donc sur leur faim. Le vélo va y perdre son esprit de kermesse pour un cyclisme sous contrainte… vérolé par la distanciation sociale. Déjà que les forçats de la route ne sont plus, remplacés depuis longtemps par des Dark Vador de l’asphalte, casqués et privés par leurs lunettes miroir de ce regard qui avait fait entrer dans la légende ces Merckx, Hinault, Poulidor ou bien encore Anquetil.
Le vélo va perdre encore un peu de son âme en se coupant, espérons-le  provisoirement de son public. Mais il en va de sa survie. Une survie conditionnée à la reprise de la compétition... même sous condition.
 
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