Il y a un peu plus d'un mois, la tempête Ciaran provoquait de nombreux dégâts en Bretagne. Près de 600.000 clients d'Orange ont été privés de téléphone et d'internet. Aujourd'hui encore, il en reste 12.500 dans toute la Bretagne et le retour complet à la normale n'est pas prévu avant fin février. 3.000 techniciens sont à pied d'œuvre mais face à l'ampleur des dégâts, les réparations prennent du temps et les clients, eux, s'impatientent, comme à Pluvigner, dans le Morbihan.

A Pluvigner dans le Morbihan, les traces de la tempête Ciaran sont encore bien visibles. Poteaux cassés et fils à terre, le réseau téléphonique a été très endommagé. Conséquence, dans le hameau des Granges, les habitants sont privés de téléphone fixe. "Et ça sonne occupé depuis 38 jours", raconte Patricia Le Port, qui est aussi privée d'internet. "On nous dit toujours d'être patients mais bon, au bout d'un moment la patience... Surtout que le prélèvement, lui, a bien eu lieu au mois de novembre"

Alors, une fois par semaine, Patricia a pris l'habitude de se rendre à la mairie de Pluvigner. Depuis la tempête, celle-ci met des salles à la disposition des habitants qui ont besoin d'être connectés. 

Elle y retrouve David Baudet, l'un de ses voisins, qui vient ici tous les jours. Auto-entrepreneur, correcteur relecteur pour l'édition et la presse, il ne peut plus travailler chez lui : "Il y a un petit peu d'agacement, presque un petit fond de déprime de temps en temps, mais moi ce qui me fait tenir c'est mon entreprise donc ça va, je sais pourquoi je me lève le matin, pourquoi je dois faire des efforts et puis bon, venir ici c'est quand même agréable", témoigne David. 

Sylvie Ollivier, adjointe au maire de Pluvigner, vient prendre des nouvelles des "naufragés", comme elle dit. "On a affaire à des gens en colère, qui ne peuvent plus travailler chez eux. Comment accepter aujourd'hui, alors qu'on est presque en 2024, d'avoir aussi longtemps une coupure ?", questionne-t-elle.  

C'est trois fois plus que ce qu'on a connu lors de la tempête de 1999, donc c'est considérable. Quand on peut juste réparer, on répare mais là, sur ce chantier, c'est assez typique, on doit reconstruire complètement une portion de réseau. On a eu beaucoup de renforts très volontaires mais ça prend du temps.

Damien de Kerhor

délégué régional d'Orange

Dans le Morbihan, 2500 clients sont encore privés d'Internet et de téléphone fixe. L’opérateur explique faire le maximum pour rétablir au plus vite tout le réseau. Mais le chantier est colossal, comme l'explique Damien de Kerhor, délégué régional d'Orange : "C'est trois fois plus que ce qu'on a connu lors de la tempête de 1999, donc c'est considérable. Quand on peut juste réparer, on répare mais là, sur ce chantier, c'est assez typique, on doit reconstruire complètement une portion de réseau. On a eu beaucoup de renforts très volontaires mais ça prend du temps"

En Bretagne, Orange ne prévoit pas de rétablissement complet du réseau avant fin février. Les naufragés du net vont encore devoir prendre leur mal en patience.