Tempête Ciaran. La longue et difficile remise en état du réseau électrique face à l'impatience des foyers sans courant

Ce samedi 4 novembre au soir, 134.000 foyers bretons étaient encore privés de courant. Et pour certains, la vie sans électricité commence à peser. Ils sont nombreux à se demander quand ils pourront retrouver la lumière. Les opérateurs reconnaissent une tâche ardue "dans des conditions climatiques souvent difficiles".

À 19h, Enedis a fait connaître les chiffres des foyers privés d'électricité. "A 18h30, plus d’un million de foyers impactés par la tempête Ciaran ont été réalimentés, soit 85%. Il reste désormais 176 000 clients privés d’électricité. Les régions les plus touchées restent la Bretagne (134 000 foyers) et la Normandie (35 500)" explique l'opérateur électrique.

En Bretagne, les 134.000 foyers se répartissent en 69.000 dans le Finistère, 28.000 dans les Côtes-d'Armor, 32.000 dans le Morbihan et 5.000 en Ille-et-Vilaine.

Un nombre de naufragés électrique qui diminue de jour en jour, mais qui laisse certains particuliers privés de courant dubitatifs.

"Quand j'entends @enedis à la radio dire que tous les chantiers rapides sont terminés, ça me fait doucement rire. 3 jours sans électricité en plein centre-ville pour un simple câble sectionné. Vous nous avez oubliés @enedis_bretagne !!"

Exemple avec ce message d'un habitant de Landivisiau (Finistère). Posté sur le réseau social X (ex-Twitter), il répond au tweet de l'opérateur Enedis en Bretagne qui fait le point ce samedi matin à 8h sur le nombre de foyers encore privés de courant, soit 200.000 en Bretagne. 

Ce chiffre de foyers sans électricité ne cesse de baisser depuis que "3 400 salariés et prestataires d’Enedis" sont "pleinement mobilisés sur le terrain" comme le précise le communiqué de l'opérateur de ce samedi 13h. Des moyens considérables pour faire face aux dégâts occasionnés par les vents violents de la tempête Ciaran qui a balayé la Bretagne dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 novembre. 780.000 foyers bretons étaient alors privés de courant.

Depuis trois jours, les équipes d'Enedis sont au travail, jour et nuit, pour déblayer les branches ou les arbres tombés sur les lignes électriques. Un travail de titan vu le nombre d'arbres qui ont été couchés sur les lignes, déracinés par les vents extrêmes. Dans son communiqué, l'opérateur reconnait rencontrer des conditions difficiles pour mener à bien la remise en état du réseau : "Les opérations de réalimentation menées par les équipes d’Enedis, et notamment les chantiers de réparations lourdes, se poursuivent dans des conditions climatiques souvent difficiles (pluie, vent)". 

Invité de l'édition ICI 19/20 Bretagne de France 3, le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard a dit "comprendre l'impatience de celles et ceux qui perdent tout ce qu’ils ont dans leur frigo", mais "qu'il faut rester le plus calme possible" et faire preuve de "solidarité".

Des communes entières sans courant depuis trois jours

Face aux heures et aux jours sans électricité qui pèsent de plus en plus dans les familles touchées par les coupures, certains s'impatientent, devant faire face à des situations problématiques.

"À Pluméliau (56), secteur Lalifa, plus d’électricité depuis le 01/11 22h. Ça commence à devenir compliqué, car plus d’eau non plus (pompe à eau sur puit)…" explique Cédric Martin sur X.

De même, certains ne comprennent pas les méthodes de reconnaissance d'Enedis : "Hier vers 18h j'ai eu de l'espoir, route bloqué à gweradur [Guéradur dans les Côtes-d'Armor, NDLR] et les gars étaient présents. Puis plus personne. Ils avaient juste enlevé le câble sur la route. Toujours pas d'élec" poste "captain Tetoincs".

Contacté, Enedis Bretagne, par la voix d'un cadre de permanence, Elise Cabrol, directrice territoriale de Lyon venue prêter main forte à ses collègues bretons, répond qu'elle comprend l'impatience et l'incompréhension de certains clients qui ne sont toujours pas dépannés. Elle explique que l'entreprise a sur le terrain en Bretagne 1800 agents au travail. Ces personnels interviennent selon des priorités : s'occuper tout d'abord des lignes de moyenne tension puis seulement après aux lignes basse tension.

Un rétablissement qui suit des règles de priorités

Si les équipes interviennent d'abord sur des lignes à moyenne tension impactées, c'est parce qu'une ligne réparée, c'est en moyenne un millier de foyers qui retrouvent le courant. Pour une ligne basse tension, le ratio est beaucoup plus faible puisqu'une ligne basse tension ne concerne que quelques foyers ou quelques dizaines de foyers. Le rétablissement d'une telle ligne passe souvent par un élagage fastidieux de branches ou arbres.

De plus, Enedis intervient sur certains secteurs en accord avec les préfectures. Sont privilégiés les territoires sur lesquels se situent des établissements de santé impactés ou des stations de pompages d'eau à l'arrêt ou encore des relais téléphoniques non alimentés. 

Elise Cabrol assure que leur objectif est de rétablir au plus tard lundi 6 novembre dans la journée 90 % des clients en lien avec des lignes à moyenne tension et à terme résoudre l'ensemble des pannes d'ici à ce jeudi 9 novembre.

Consignes de sécurité

Enedis rappelle quelques règles de sécurité :

  • ne jamais toucher à des fils tombés à terre,
  • ne jamais toucher à un objet en contact avec une ligne électrique,
  • signaler à Enedis tout incident ou anomalie constatée via le numéro 09 726 750 + XX (les deux chiffres du département concerné), 24h/24 et 7J/7,
  • en cas d’usage d’un groupe électrogène individuel, le placer à l’extérieur de l’habitation et penser à couper le disjoncteur.
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