Vannes : la ligue des Droits de l'homme choquée par une vente aux enchères d'objets nazis

Insigne militaire en bronze patiné et émaillé et un brassard en toile, avec la croix gammée / © Maison de ventes aux enchères Jack-Philippe Ruellan
Insigne militaire en bronze patiné et émaillé et un brassard en toile, avec la croix gammée / © Maison de ventes aux enchères Jack-Philippe Ruellan

La Ligue des Droits de l'homme de Vannes a exprimé son indignation à l'encontre d'une vente aux enchères ce samedi de quelque 420 lots d'objets militaires, dont une quarantaine liée au IIIe Reich. 

Par Krystell Veillard


Des insignes militaires, des médailles, brassards, fanions, des casques, des armes anciennes... tous ces objets sont liés à la guerre. Ce qui pose problème c'est que certains sont marqués du symbole nazi. Ce samedi après-midi doit se tenir à Vannes, une vente aux enchères d'objets militaires dans le cadre d'une succession. Des objets retrouvés dans le grenier d'une famille bretonne, représentant quelque 400 lots, dont une quarantaine symbolise le IIIe Reich et le régime nazi. La Ligue des Droits de l'homme "témoigne de sa profonde indignation devant cet événement qui met en lumière sans filtre ni avertissement à visée pédagogique ces symboles d'une idéologie nauséabonde." exprime t-elle sur un post Facebook. Elle a d'ailleurs saisi la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

 
 

"Ne pas créer de trouble"


Le Commissaire priseur de Vannes Jack-Philippe Ruellan, missionné pour cette vente par la famille, nous a confié qu'il était "très ennuyé et touché par cette réaction", même s'il aurait préféré que la Ligue des Droits de l'Homme l'appelle directement. Il ne souhaite "surtout pas créer de trouble"."S'il comprend l'association, pour lui ce sont surtout des "souvenirs qui participent de notre histoire". "Il ne faudrait pas bien-sûr qu'ils tombent entre de mauvaises mains, mais tous les collectionneurs de souvenirs militaires sont pour la plupart des gens biens", ajoute t-il. 
 

La vente aura t-elle lieu ?

Francis Loisel, l'expert mandaté par l'étude, a indiqué de son côté qu'il se tenait chaque année en France "des centaines de ventes de la sorte, sans que cela ne pose problème".     "La vente n'est absolument pas interdite, ce qui est interdit c'est de faire l'apologie de cette idéologie et d'exposer en public les symboles nazis", a-t-il déclaré, estimant qu'empêcher ce type d'événements reviendrait à "faire du négationnisme et de la censure". Le commissaire priseur précise qu'il n'a pas encore pris de décision quant à la tenue ou non de cette vente et il veut prendre le temps d'en discuter encore. Quoiqu'il en soit, cette vente, autorisé "sous réserve qu'on ne fasse pas l'apologie du régime nazi", est très encadrée. Un cadre légal, qui veut que ces objets sensibles, ne soient pas exposés et tous les symboles masqués. 

 

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