Yann Penfornis, directeur de Multiplast : “On ne peut pas laisser mourir les entreprises”

Le Chantier Multiplast s'est lancé depuis un an dans la construction d'un prototype d'avion électrique pour le compte de la société Eviation, présenté au mois de juin au dernier salon du Bourget.
Photo Stéphane Izad
Le Chantier Multiplast s'est lancé depuis un an dans la construction d'un prototype d'avion électrique pour le compte de la société Eviation, présenté au mois de juin au dernier salon du Bourget. Photo Stéphane Izad

Le Ministre de l’économie, l’a annoncé lui même : "Il est essentiel que le pays ne soit pas à l’arrêt", alors des entreprises du Pays de Vannes laissent la marmite mijoter doucement, et se tiennent prêtes pour le redémarrage de l'économie, après la crise sanitaire

Par Stéphane Izad


Chez Michelin, un CSE doit se réunir en fin d'aprés-midi au sujet d'un éventuel redémarrage partiel. Le site de Vannes fabrique principalement des fils métalliques qui entrent dans la composition de pneus. Il emploie 420 salariés. 

Le chantier Multiplast redémarre, lui, sur la pointe des pieds. L'entreprise est spécialisée dans le carbone et les technologies de pointe pour la construction de bateaux de course. Elle produit aussi des pièces pour l’aéronautique et a dernièrement réalisé un prototype d’avion électrique. Son directeur, Yann Penfornis, estime qu’il faut prendre toutes les mesures pour protéger les salariés, mais "qu’on ne peut pas laisser mourir les entreprises".
Une des dernières créations du chantier Multiplast, le 60 Pieds Imoca "DMG-MORI" / © S. Izad - France Télévisions
Une des dernières créations du chantier Multiplast, le 60 Pieds Imoca "DMG-MORI" / © S. Izad - France Télévisions

Il n’y a pas de cas de coronavirus déclarés dans l’entreprise, et "dans la matinée du 16 Mars, le jour de l’annonce par le Président des mesures de confinement, les personnels des bureaux d’études avaient déjà déménagé leurs ordinateurs pour basculer en télétravail depuis chez eux", explique-t-il.


Un salarié tous les 200 mètres carrés 



Un plan de redémarrage de l’activité a été présenté au CSE : "On a exposé notre projet de travail protégé devant les partenaires sociaux et le CSE a donné son accord." L’entreprise compte 110 salariés.

"Chez Multiplast, on a la culture de la protection individuelle, et on a aménagé les postes pour que les salariés qui travaillent dans les différents ateliers aient beaucoup d’espace entre eux. On a mis en place des mesures de protection des personnels, fermeture des vestiaires, masques à cartouches... Les salariés sont seuls dans un périmètre de 200 m²."

"Pour l’instant on redémarre doucement, on a prévu de tourner à cinq pour cent, puis dix pour cent, pour arriver à vingt-cinq pour cent la semaine prochaine. En attendant que la vie redevienne normale, c’est à dire après l’épidémie."

 

30 % de l'activité normale 



La recette est sensiblement la même chez "Tahe Outdoors", anciennement "Bic Sport", situé également à Vannes. Le site fabrique des planches de surf, de Paddle, et de Windsurf et compte entre 70 et 100 salariés suivant les périodes de production. Le site n’a pas de personnel touché par l’épidémie. 
 
La société Tahé Outdoors qui a succédé à Bic Sport fabrique principalement des flotteurs pour stand up paddle, Surfs ou encore windsurf.
La société Tahé Outdoors qui a succédé à Bic Sport fabrique principalement des flotteurs pour stand up paddle, Surfs ou encore windsurf.

Thierry Verneuil, son président, raconte le début des opérations: "Après les annonces de confinement, on a réuni le personnel le mardi à midi. A 14 heures, on était fermé."

"Pendant une semaine l’usine a été entièrement fermée. Et la semaine suivante, on a réfléchi au redémarrage. Puis on a rouvert partiellement. Seulement deux chaînes de production sur cinq tournent. Ça permet une distanciation entre les salariés et plus de sécurité. Trois équipes, de trois salariés, fonctionnent en 3X8. Cela permet d’avoir le moins de contact possible. Et nous n’avons pas eu de problème pour trouver des volontaires."

"Il nous faut une semaine pour remettre l’entreprise en route si on arrête complètement la production. Alors on préserve un minimum d’activité pour pouvoir redémarrer plus vite, le moment venu. On exporte dans des pays qui ne sont pas encore arrêtés : le japon, la Russie, la Corée du Sud. On est à 30% de notre fonctionnement normal et on devrait continuer comme ça jusqu’à la fin du confinement."

 

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