Ocean Viking : un marin finistérien repart bientôt sauver des vies

Le navire affrété par SOS Méditerranée a quitté Marseille ce samedi 14 décembre pour aller secourir des migrants dans les eaux internationales au large de la Libye. L’un des marins du bord est Finistérien, on le surnomme "Papa Panda". 
 

"Papa Panda" est un des marins sur le bateau Ocean Viking.
"Papa Panda" est un des marins sur le bateau Ocean Viking. © Anthony JEAN / SOS Méditerranée

"Papa Panda" est marin depuis 22 ans. En septembre 2016, il a embarqué pour la première fois sur l'Aquarius où il a multiplié les missions en tant que mécanicien et pilote. Des missions de trois mois jusqu'à l'arrêt forcé du navire deux ans plus tard. 

Ces sauvetages de masse, toujours périlleux, ont changé sa vision de voir les choses. "On ne peut plus regarder la mer de la même façon après tout ce qu’on a vu à bord des navires de sauvetage. Quand j’étais jeune, j’allais avec ma famille à la mer, on passait nos week-ends en Corse, c’était au départ un endroit de fête, un endroit de rencontre. Maintenant je ne vois plus la mer de la même façon, avec des milliers de morts par an", nous explique "Papa Panda". 

15.000 migrants sont morts ou portés disparus en Méditerranée depuis 5 ans. 


La Méditerranée centrale est la route la plus meurtrière au monde. En 2019, au moins 743 personnes y ont péri noyées. Des moments difficiles, des images terribles, qui restent ancrées dans la mémoire de ce marin. 

"Ça change un être humain de voir toutes ces horreurs. Jour et nuit je revois ces bébés qu’on n’a pas pu sauver malgré les massages cardiaques. Ces gens qui crient, qui disparaissent sous nos yeux. Mais j’ai d’autres images qui contrebalancent un peu ça. Des naissances à bord de l’Aquarius, les cris de joie de personnes qui se retrouvent, qui pensaient que l’autre avait disparu, depuis des mois", nous confie-t-il. 

"Papa Panda" pense aussi aux rencontres qu'il a faites, des gens dans la détresse prêts à aider celui d'à côté. Des images qui lui redonnent espoir en l'être humain. 
 


A 38 ans, le marin est, pour le moment resté à quai, mais va prochainement rejoindre le bateau Ocean Viking, celui qui a succédé à l'Aquarius. 

"On y retourne parce que justement on sait ce qui se passe. C’est pas du tout un syndrome du héros. Si les États prenaient leurs responsabilités et le faisaient pour nous, je serai ravi de rester chez moi. Malheureusement, aujourd’hui, si SOS Méditerranée ne va pas en mer, qui y va ?", lance le marin. 
 
En cinq ans, SOS Mediterranée a sauvé plus de 30.000 migrants. Pour cette nouvelle mission, l'association a besoin de 14.000 euros par jour pour faire naviguer l'Ocean Viking. Elle a lancé une campagne de dons
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