Pâques à la maison : semaine sainte inédite pour les catholiques de Bretagne

Après un dimanche des Rameaux « confiné », des branches de laurier en drive et une messe diffusée sur YouTube, le père Nicolas Guillou, prêtre de la paroisse Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Rennes, évoque cette étrange semaine de communion sans rassemblement.
Le père Nicolas Guillou se sent bien seul dans son église
Le père Nicolas Guillou se sent bien seul dans son église © Laila Agorram

Comment envisagez-vous ce moment, le plus important de l’année pour les Catholiques ?

À l’image de ce que l’on vit actuellement, ça va être bizarre…
Se réunir, c’est l’essence même de la communion. La vie chrétienne se vit en communauté, pas en solitaire. Il y a donc de la souffrance, de la déception à ne pas être ensemble. On invite chacun à s’organiser pour vivre au mieux les célébrations.

Ça peut être en famille, il y a toujours moyen d’aménager un coin prière dans le salon, lire la parole de Dieu, chanter…
Si on est seul, on peut regarder des retransmissions en direct sur Youtube, Facebook et écouter la radio sur RCF. Une autre façon de rassembler tout le monde.


Et justement, en peu de temps, les diocèses se sont mis à la page numérique comme les paroissiens, quel que soit leur âge ?

Cette semaine 300 paroisses en Bretagne vont diffuser en direct plusieurs célébrations sur YouTube. C’est le moyen que l’on a aujourd’hui pour rompre l’isolement. J’ai des échos très positifs. Beaucoup écrivent « merci », « on est content de voir notre église, notre curé », « ça nous permet de sortir de notre solitude ».

Même les plus âgés ouvrent un compte Facebook ou vont sur YouTube pour pouvoir suivre les messes. Évidemment c’est inconfortable, on découvre les aléas du direct, mais ça démultiplie l’énergie. Par exemple, on a lu à quatre l’évangile de St Mathieu sur Messenger et on l’a diffusé pendant la messe. Des jeunes ont enregistré des mix de musique, de chants, chacun avec les moyens du bord.
Tout cela fait vivre la communion.
On constate que même des Catholiques peu ou pas pratiquants se mettent à regarder les messes.


Le week-end de Pâques, de nombreux baptêmes sont célébrés. Cela ne sera pas le cas en 2020 ?

Non pas cette année. Dans le diocèse de Rennes, une centaine d’enfants, adolescents et adultes devaient être baptisés. Des célébrations reportées à plus tard. Cet été peut-être, ou à l’automne. On ne sait pas pour l’instant.


Quel message délivrez-vous en cette période si singulière ?

Les gens sont sidérés de cette situation. J’invite chacun à apprivoiser les circonstances, à nous replonger dans des lectures spirituelles, dans une prière ardente. Pour passer la tempête. 3ème semaine, 4ème semaine de confinement… Comment être attentif les uns aux autres ? Comment prendre soin de ses proches ? De son conjoint, son enfant, son voisin…
On va vivre cette Semaine sainte comme si c’était la première.

Facebook Nicolas Guillou

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