Parc éolien en baie de Saint-Brieuc. Au Conseil Régional, ça va chauffer entre Loïg Chesnais-Girard et Isabelle Le Callennec

Après les batailles navales entre pêcheurs et navires de forages des éoliennes dans la baie de Saint-Brieuc, le combat se déroule sur le terrain politique. Isabelle Le Callennec, la cheffe de file de l’opposition au Conseil Régional demande la création d'une mission d’information sur le projet. Le président, Loïg Chesnais-Girard, ne veut pas en entendre parler. La session plénière qui débute ce jeudi risque d'être animée.

"Dans le règlement intérieur de la région, les règles pour la création d'une mission d'information et d'évaluation sont claires "explique d'emblée Isabelle le Callennec. "Il est précisé que la demande doit être déposée au moins 21 jours avant le début de la session et réunir un-cinquième des élus. Cela a été fait dans les temps et nous avons rassemblé les signatures, mais le Président nous explique aujourd’hui qu’il ne veut pas de cette mission."

Cet été, la chef de file de l'opposition a commencé à rassembler ses troupes pour demander la création de la mission d'information sur le parc éolien de la baie de Saint Brieuc.  Les élus du Rassemblement National, vent debout, selon leurs propres termes, contre les éoliennes, se sont rangés derrière elle. Ils sont donc au moins 22 à demander cette mission.

 

Un débat des plus politiques

 

Loïg Chesnais-Girard déclarait ce mardi à l’Agence France Presse : "Les études scientifiques sont là, le travail est mené avec sérieux et les forages se réalisent. On ne peut pas, sur un coup de menton, dire on abandonne un projet de dix ans alors que toutes les études environnementales sont réalisées."

Le président ajoute, "si on ne veut pas de nuisance sur terre, si on ne veut pas de nuisance en mer, mais qu'on veut quand même de l'énergie, à un moment donné, ça va poser quelques problèmes."

Son opposante à la région ne décolère pas. "En ce moment, on débat de la politique énergétique de la France et de la Bretagne explique Isabelle Le Callennec, mais en Bretagne, il ne serait pas possible de poser des questions et de discuter. On ne peut pas se dire démocrates et refuser le débat."

Le président de la région a en effet opposé à la demande de mission, l’existence d’une commission développement durable et mer présidée par Daniel Cueff. "Vous pouvez y poser toutes vos questions m'a fait remarquer Loïg Chesnais-Girard" s'offusque la conseillère. 

 

Mission versus commission

 

Elle grimace : "la commission est donc dirigée par une personne qui a dit et redit qu’il était favorable au projet et à l’éolien. La première réunion de cette commission, nous avons entendu Ailes Marines. C’était intéressant, mais nous aimerions que les pêcheurs aussi soient entendus, et pas à la Saint Glin-Glin !"

"Ces jours ci, précise la conseillère régionale, la campagne à la coquille Saint Jacques s’ouvre, ils ont besoin de réponses à leurs questions. Au rythme où va la commission, les travaux seront finis avant qu’on ait entendu tout le monde" s’agace-t-elle.  

"L’avantage d’une mission, c’est que c’est très cadré explique Isabelle Le Callennec. Tous les groupes politiques sont représentés. Il y a 6 mois pour auditionner toutes les personnes que l’on souhaite et rendre un rapport. L’implantation des 62 éoliennes pose question. Pourquoi le projet a été mené, pourquoi y a-t-il autant de résistances, quel en sera l’impact ? On ne peut pas nous dire Circulez, il n’y a rien à voir."

 

Un vote demain 

 

Le président de la région indique qu’il entend "les inquiétudes des pêcheurs, qui ont saisi la justice administrative pour faire suspendre les travaux. S'ils disent que les vibrations, les bruits ou la turbidité pendant la phase de travaux pourraient éloigner la coquille, je comprends cela. "Avant d’ajouter, "les scientifiques disent le contraire."

"On ne peut pas se départir de cette nouvelle énergie, on en a besoin, insiste Loïg Chesnais-Girard. Il faut que chacun ait conscience qu'il y a un enjeu, c'est de produire de l'électricité. Il faut décarboner l'économie, c'est indispensable", a ajouté le président de la région. La région importe 80% de l'électricité qu'elle consomme.

Les 62 éoliennes prévues dans la baie doivent produire 490 MW, la consommation électrique annuelle d’un peu plus de 800 000 habitants.

"La région doit être capable d’avoir un débat solide et sérieux sur la question s’agace Isabelle Le Callennec. "Si la majorité s’oppose ainsi à la mission, c’est qu’elle ne doit pas être si à l’aise que cela sur le sujet. Quand on voit que des associations de défense de l’environnement comme Sea Shepherd se rangent aux côtés de leurs adversaires de toujours, les pêcheurs, c’est que ce n’est pas un dossier simple."

Ce jeudi lors de la session, la demande de création de la mission devrait être mise au vote. Loïg Chesnais-Girard aurait fait savoir qu’il s’y opposerait.

Touché ? coulé ? La bataille dans l’hémicycle régional fera sans doute des vagues !  

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
éolien énergie environnement politique