Pauline, infectée par le Covid il y a un an, souffre encore de symptômes persistants

Un an après son infection par le Covid-19, Pauline Michel souffre encore de symptômes. Depuis douze mois, elle se bat contre la maladie qui paralyse son quotidien. Fatigue, essoufflements, troubles de la mémoire, Pauline Michel fait partie de ceux qui souffrent de “Covid Long”.

Pauline Michel est atteinte d'un Covid Long. Un an après avoir été infectée, elle a des symptômes persistants.
Pauline Michel est atteinte d'un Covid Long. Un an après avoir été infectée, elle a des symptômes persistants. © Juliette Vincent Seignet

Une lutte au quotidien. Il est 8h. Derrière sa tasse de café, Pauline Michel a une petite mine. Elle sait que la journée va être longue. Elle doit emmener ses deux filles, dont elle a la garde une semaine sur deux, à l’école. Une petite tâche du quotidien qu’elle adorait il y a un an, mais qui aujourd’hui l’épuise. 

Le matin, c’est le plus difficile. J’ai du mal à me réveiller. C’est de la fatigue intense. Quand ça me prend, si je ne dors pas, je peux me mettre à pleurer”.  

Un an après avoir été contaminée, Pauline Michel, 41 ans, garde des séquelles. En plus de la fatigue, elle souffre de douleurs musculaires, de démangeaisons. La mère de famille a même perdu des dents. Pourtant, il y a un an, c’était une femme dynamique, qui travaillait et qui était très festive.


Une maladie qui entraîne dans la précarité

Depuis qu’elle a contracté la maladie en mars dernier, impossible pour elle de travailler. Pauline Michel était assistante de direction, elle est désormais en arrêt maladie. Son salaire a été divisé par deux, elle vit aujourd’hui avec 900 euros par mois. Mère seule avec deux enfants, Pauline Michel ne roulait déjà pas sur l’or. Le Covid n’a fait qu’aggraver la situation. 

Si je décompte mon loyer, mon crédit, mes factures, sans compter les frais médicaux, je suis dans le rouge dès le début du mois, sans même avoir acheté à manger”. 

Je suis dans le rouge. Je vis avec rien. Des fois, je ne peux même plus retirer de l’argent.

Cette situation l’oblige à se tourner vers des amis, sa famille et à contre coeur vers des associations comme le Secours populaire. “J’ai enterré ma fierté. Mais maintenant je m’en fiche, j’en ai tellement marre que je me dis ‘tant pis’, ce n’est qu’un moment de ma vie et je le rendrai si je peux à mes amis”. 

En plus des soucis financiers, elle doit gérer son état de santé qui varie en fonction des jours. “Les montagnes russes”, c’est comme ça que la mère de famille surnomme son quotidien. 


“Au bout de 15 minutes de vélo, je suis fatiguée”

Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Donc ça ne va jamais à 100%. Je ne peux jamais être contente de ma journée”. Les tendinites à répétition dont elle souffre paralysent ses journées. “Je ne pouvais pas imaginer ressentir cette douleur, c’est incroyable”. 

Pour tenter de regagner la forme, Pauline Michel suit des séances de rééducation deux fois par semaine. Dans la salle de sport, située près de Rennes, elles sont une dizaine à répéter des gestes sur les conseils du kinésithérapeute. 

Toutes les participantes de cette salle souffrent de Covid Long. Elles ont en moyenne la quarantaine et leurs symptômes diffèrent.Ça fait un an que le Covid est là. Tous les jours, on apprend, on s’adapte en fonction des pathologies de chacun”, confie William Février, kinésithérapeute du sport. 

Dans cette salle de sport, toutes les patientes ont des symptômes persistants du Covid.
Dans cette salle de sport, toutes les patientes ont des symptômes persistants du Covid. © Juliette Vincent-Seignet

Ca me fait mal de me dire que je suis comme ça. Au bout de 15 minutes, je suis fatiguée alors qu’avant, je pouvais tenir au moins 1 heure sur un vélo. J’ai des douleurs dans les os, dans la colonne”, regrette Pauline Michel, entre deux exercices. 

Au fur et mesure du temps, le kinésithérapeute voit les progrès chez chacune de ses patientes. L’objectif de ces séances, c’est aussi de retrouver un peu de bonheur, de complicité. Entre elles, elles se soutiennent. Ça fait du bien de voir du monde, de rigoler. Au moins je ne suis pas toute seule dans ma galère”, plaisante Pauline Michel. 

Comme Pauline Michel, des centaines voire des milliers de personnes seraient atteintes de Covid Long en France. L'association  “AprèsJ20” a été créé après le premier confinement pour tenter de faire reconnaître la maladie, comme infection de longue durée par la Caisse d’Assurance Maladie. Ce qui n’est toujours pas le cas. 

L'association dont Pauline Michel fait partie espère ainsi une prise en charge médicale dédiée pour tous ceux qui souffrent de Covid Long. 

En attendant cette reconnaissance, Pauline Michel et les autres continuent de se battre au quotidien. Pauline Michel, elle, espère retrouver un travail dès que son état lui permettra. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société emploi économie sport