Procès Troadec : Hubert Caouissin personnage étrange et volubile selon les enquêteurs

Au quatrième jour du procès d'Hubert Caouissin aux assises de Loire-Atlantique, l'un des enquêteurs a décrit un homme au comportement "étrange" et particulièrement "volubile" lors de sa première garde à vue, alors que l'on était sans nouvelle de quatre membres de la famille Troadec.

© Elisabeth de Pourquery-Parmentier

"Il a toujours été très coopératif, volubile. Il parlait sans cesse", a expliqué ce vendredi à la barre un des enquêteurs de la police judiciaire au sujet de cette première audition en février 2017. Une attitude plutôt rare quand on est placé en garde à vue pour assassinat, selon cet enquêteur expérimenté. "Il ne montre pas d'angoisse ou d'inquiétude" et "rebondissait sans cesse sur cette histoire de conflit" d'or.

Et lors des perquisitions "il occupait sans cesse l'espace sonore". "Quand on passait à coté de l'église il nous racontait l'histoire de l'église et du château... étrange", s'étonne encore aujourd'hui Laurent L. L'enquêteur compare son comportement à celui d'un "auxiliaire de justice" comme lors de la perquisition dans la maison de Pont-de-Buis (Finistère) où des restes de la famille Troadec ont finalement été retrouvés.

Deux jours plus tôt à la barre, Hubert Caouissin était apparu compulsif, obsessionnel, et volontiers paranoïaque.

 

"La ferme de l'horreur"

Lorsque des policiers se rendent dans ce qui sera surnommé par les médias "la ferme de l'horreur", ce policier découvre une propriété "en mauvais état" et "extrêmement étendue", un bien de 24 hectares "impossible à entretenir", avec de nombreux bâtiments "abandonnés et disséminés un peu partout".
Dans des conditions climatiques épouvantables, il se rend même dans un chemin protégé longeant un grillage, où se trouve "un roncier monstrueux", là où seront retrouvés "plus tard des débris humains".
           

Lydie Troadec décrite comme introvertie

A contrario d'un Hubert Caouissin disert, son ex-compagne Lydie Troadec, poursuivie pour "modification de l'état des lieux d'un crime et recel de cadavres", a elle été décrite comme "ne parlant pas beaucoup"."Elle est introvertie, elle ne vous parle pas en face. Hubert devait diriger un peu la famille", glisse un enquêteur.

 

"Des journées dures à vivre" confie l'enquêteur

Vendredi après-midi, un autre enquêteur a évoqué la deuxième garde à vue de Hubert Caouissin et de la manière dont il est passé aux aveux en mars 2017. Il donne alors des descriptions méticuleuses de la scène de crime et de la manière dont les corps ont été dépecés dans des termes souvent insoutenables.

L'accusé dit ainsi avoir séparé muscles, viscères, gras, peau et têtes de ses victimes puis les avoir brûlés dans la chaudière de sa ferme ou éparpillés dans des ronciers. Au total, les enquêteurs retrouveront 379 morceaux de chair, viscères et ossements.

"Psychologiquement ce sont des journées qui ont été dures à vivre", confie l'enquêteur. "Il est rare de recueillir de tels aveux", explique-t-il aussi, interrogé par l'avocate des parties civiles Me Cécile De Oliveira sur le récit "exceptionnellement long" de Hubert Caouissin avec moult détails. 

Concernant la scène de crime, "le nettoyage a été complet, il était difficile de découvrir ces traces, les murs ont été grattés", a également expliqué l'enquêteur, dans une salle d'audience glacée d'effroi. L'enquêteur a ainsi évoqué une affaire où "ni le trésor, ni les cranes des victimes, ni l'arme du crime" n'ont été retrouvés.


Lundi, Hubert Caouissin devrait être interrogé sur le fond. "Ce sera certainement un moment difficile pour lui-même (...). Il mettra un point d'honneur à détailler le récit qu'il fera de ce qui s'est passé avant le drame et (...) je suis persuadé qu'il sera volontaire pour redonner en détails le récit de cette nuit-là et des jours qui ont suivi", a expliqué aux journalistes Me Thierry
Fillion, avocat de l'accusé.


Hubert Caouissin encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour ce quadruple meurtre.

Le verdict est attendu le 8 ou le 9 juillet.
    

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