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Les Ateliers des Capucins à Brest, la manufacture de Morlaix, l'Arsenal de la Courrouze ou encore l'immeuble le Mabilay à Rennes, tous ces lieux ont un point commun. Ils ont été réhabilités et s'offrent une cure de jouvence. De nouveaux occupants sont venus investir les lieux et des anciens viennent se rappeler... L'histoire continue de s'écrire.

 

Immeuble le Mabilay : à l'heure du 2.0

Immeuble le Mabilay / © Manon Hamiot
Immeuble le Mabilay / © Manon Hamiot

L’immeuble le Mabilay, imaginé par l’architecte Louis Arretche a été construit au début des années 70, il est connu pour son style architectural futuriste et sa tour emblématique. Situé à l’entrée du centre-ville, il abritait le CCETT, centre commun d’études des télévisions et des télécommunications. Pendant près de 30 ans, on y a développé les technologies de communication de demain ou hier … du minitel, au visiophone en passant par la carte à puce et la télévision numérique.

Nous avons retrouvé Bernard Marti l’un des inventeurs du minitel.
 

Ça a été des années très fertiles, c’est vrai, on a vécu des moments extraordinaires 


Bernard Marti, se souvient surtout d’un jour de 1976 où son équipe et lui ont présenté une version du minitel à Moscou qui était plutôt un système de télétexte pour la télévision, sensé aider les journalistes pour les Jeux Olympiques de 1980. Un ingénieur russe leur a alors demandé de le faire par téléphone. C'est chose faite et le minitel sonnera jusqu’en 2012.


L’innovation toujours au cœur du bâtiment


Début des années 2000, le CCETT est dissout et l’on se pose la question de garder ou détruire le bâtiment. Ce sera finalement la première solution. Après des années de rénovation, le Mabilay accueille dès 2013 des nouvelles entreprises, comme la French Tech Rennes Saint-Malo, région job ou le groupe Legendre (chargé de sa réhabilitation). Aujourd’hui elles sont plus d’une trentaine.
 
Le style sixities du Mabilay / © Manon Hamiot
Le style sixities du Mabilay / © Manon Hamiot
 

La manufacture des tabacs de Morlaix : des siècles d'histoire

La manufacture de Morlaix / © Manon Hamiot
La manufacture de Morlaix / © Manon Hamiot

Les premières pierres ont été posées en 1736, on y a fabriqué pendant 260 ans des cigares, cigarettes ou cigarillo.

Des milliers d’hommes et surtout de femmes ont travaillé ici. Alors, au premier plan de restructuration en 1987, toute la ville s’est élevée contre la fermeture de la manu.

« On s’est battu pour ne pas qu’elle ferme, c’était très dur comme période » Paul Uguen, président de l’association des anciens.

C’est en 2004 et après de fortes luttes sociales que l’activité y cesse définitivement.
 
Moulins à tabac / Manufacture de Morlaix / © Manon Hamiot
Moulins à tabac / Manufacture de Morlaix / © Manon Hamiot


La Manu devenue un lieu de vie


Aujourd’hui, la manu abrite une antenne de l’IUT de Brest, GACO mais aussi génie civil, et dans cette discipline, le bâtiment permet aux étudiants de s’exercer.

« Les travaux pratiques peuvent être réalisés sur les murs de la Manu car c’est un bâtiment historique, on vérifie par exemple si les façades sont droites » Yves Plantec, responsable du département Génie civil.

Résultat : elles ne sont pas prêtes de s’écrouler…

Les premiers à avoir investi les lieux, ce sont les éditions Skol Vreizh en 2002, et forcément, un livre sur la manufacture a été publié. *

*Anne Guillou, La manufacture des tabacs de Morlaix : quatre siècles d'histoire, Editions Skol Vreizh, 2009.

Une salle de spectacle et une autre de cinéma feront bientôt partie des lieux, ainsi qu’une antenne de l’espace des sciences.
 


 

Les Ateliers des Capucins à Brest : nouvel espace public


Les Ateliers des Capucins, étaient à la base un couvent, le couvent des Capucins, construit en 1695. Il a été repris par la marine nationale au XIX ème siècle. On y a construit et réparé des bateaux jusqu'aux années 2000.

Les ateliers ont été rétrocédés à la ville qui s'est lancé le défi de réhabiliter seize hectares en centre-ville. Pour relier les deux rives de la Penfeld, le premier téléphérique urbain de France a été mis en service en 2016, les mettant à trois minutes l'une de l'autre.
 

Un peu d'histoire


Plus de 600 bateaux sont sortis des Ateliers des Capucins et des milliers de pièces y ont été fabriquées. 


Brest un devenu un fleuron de la construction navale. On y a fait les plus beaux et les meilleurs navires comme le cuirassé Richelieu ou le porte-avions Charles-de-Gaulle Alain Boulaire, historien de la ville de Brest.


Des milliers de personnes ont travaillé à l'Arsenal, 7 000 les dernières années, mais peu à peu il est délaissé au profit de celui de Toulon qui répond aux intérêts géopolitiques méditerranéens. 

Gérard Cabon y a travaillé une quinzaine d'année. "Même si le travail était dur est rude, il faisait parfois très froid. Il y a avait une grande fierté de travailler à l'Arsenal".
 
"Le marbre", place des Machines, Ateliers des Capucins / © Brest Métropole
"Le marbre", place des Machines, Ateliers des Capucins / © Brest Métropole


Gérard Cabon était représentant syndical, et plusieurs fois il est monté sur cette table pour "harenguer les foules" comme il dit. Cette grande table est "le marbre". Il servait aussi bien de plan de travail que de scène.
 

Ici, on s'est battu pour nos conditions de travail et notre statut, deux fois, l'Arsenal a fait deux mois de grève entier !
 

L'Arsenal de la Courrouze : 115 hectares à réaménager

Vue de l'Arsenal  / © Association mémoire Arsenal de la Courrouze
Vue de l'Arsenal / © Association mémoire Arsenal de la Courrouze

Les premières traces de construction d'un Arsenal à Rennes remontent à 1793. La première guerre mondiale accélère l’acquisition des terrains à la Courrouze et à la Basse Maltière dès 1916. La superficie de l’Arsenal est alors de 78 hectares et au plus fort de son activité, il emploiera plus de 1800 personnes.


La seconde guerre mondiale stoppe la production


L'Arsenal de Rennes connaît de sombres heures : le 18 juin à 22 heures, l’armée allemande y abrite ses services. Des machines et des stocks sont envoyés en Allemagne. Dans la nuit du 3 au 4 août 1944, les Allemands incendient ou dynamitent la quasi-totalité des ateliers et dépôts de munitions. L’établissement est en ruine et dans l’incapacité de fabriquer.

A la libération, on y produit essentiellement des douilles, la poudre est stockée dans des casemates. Aujourd'hui, quelques traces du passé sont encore visibles. Nous avons rencontré des anciens salariés de l'entreprise. 


On ne reconnaît plus rien, pourtant j'ai travaillé 50 ans ici, mais je me sens complétement perdue Yvette Morvan, ancienne salariée.


C'est en 1998 que la fermeture de l'Arsenal est annoncée, mais après de fortes luttes sociales, elle fermera définitivement en 2000 et sera rasée en 2002. Seul vestige aujourd'hui, Euro-Shelter filliale de Giat-industrie, elle emploie aujourd'hui 40 personnes. 

Ancienne casemate, ici on fabriquait des grenades à fusille jusqu'aux années 60. / © France 3 Bretagne
Ancienne casemate, ici on fabriquait des grenades à fusille jusqu'aux années 60. / © France 3 Bretagne


Le renouveau 


La zone de la Courrouze s'étend sur 115 hectares entre Rennes et Saint-Jacques-de-la-Landes, c'est Territoires qui est chargé de la réhabilitation de la zone.
 

C'est un vaste territoire, il y a 90 hectares a urbaniser, on aménage la zone sur 25 ans ! Marc Dartidalongue, chef de projet Territoires


L'aménagement a débuté en 2003, il s'étalera jusqu'à 2028/2030. La moitié des travaux a été réalisé, 1800 logements sur 5 500 ont été livrés. 
 
Visuel de la Courrouze  / © Mioshe
Visuel de la Courrouze / © Mioshe

Une partie des bureaux est également terminée, mais il y aura aussi des commerces et aménagements publics comme une école et deux stations de métro (ligne b).
 
itinéraires Bretagne: le patrimoine de la Courrouze