La région Bretagne s'oppose à la répartition des aides de la PAC de la part de l'État

La Bretagne soutient l'agro-écologie dans sa répartition de la PAC. / © France 3 Bretagnge
La Bretagne soutient l'agro-écologie dans sa répartition de la PAC. / © France 3 Bretagnge

Lors du Congrès des régions à Bordeaux, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé que le gouvernement allait uniformiser la distribution des aides agricoles européennes à l'échelle de l'État. Jusqu'ici, cela était la compétence des régions : la Bretagne souhaite donc en conserver la gestion.

Par C.B.

 Le 1er octobre, l'annonce d'Édouard Philippe fait grincer des dents aux élus régionaux français, notamment Bretons et Normands.

En effet, en déclarant que l'État va s'occuper de la redistribution de toutes les aides financières de la PAC désormais, le Premier ministre coupe l'herbe sous le pied du conseil régional de Bretagne qui encourage massivement les mesures agro-écologiques, par le biais des Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).
Aujourd'hui, 5.000 exploitations bretonnes mettent en place ces mesures.
 

Soutenir le modèle familial

La Bretagne rajoute chaque année 22 millions d'euros aux 50 que lui octroie Bruxelles dans le cadre du deuxième pilier de la PAC, celui consacré au développement rural. Le premier pilier dépend de Paris : il finance le soutien des marchés et des prix agricoles. Au total, la PAC représente 500 millions d'euros de subventions en Bretagne.

La Bretagne est à l'avant-garde de l'accompagnement aux agriculteurs dans leur transition écologique. Le conseil régional octroie plus d'aides aux exploitations de polyculture, à taille humaine, familiale et qui respectent au mieux les enjeux environnementaux.
Le gouvernement souhaite désormais que les deux piliers soient entièrement gérés par l'État, alors que Loïg Chesnay-Girard espérait au contraire que les régions puissent s'occuper entièrement de la totalité des aides européennes
 

Que les régions gèrent toute la PAC

Une aberration pour les élus régionaux. Dans un entretien accordé au journal Le Point, Loïg Chesnay-Girard se justifie. "Avec les 450 millions du premier pilier qui arrivent de Bruxelles chaque année sur la Bretagne, nous pourrions, avec des règles adaptées à notre typologie d'agriculture, accélérer la transition écologique et conforter notre modèle agricole."
Grâce à la gestion de ce deuxième pilier de la PAC, cela revient concrètement à soutenir "les modernisations de bâtiments d'élevage pour améliorer le bien-être animal, la performance énergétique du bâtiment et, ne l'oublions pas, le bien-être au travail des agriculteurs et agricultrices." Aussi, la région accompagne "les conversions vers le bio de 200 agriculteurs par an."

Ce jeudi 10 octobre, cette opposition à la décision gouvernementale s'invitera à la table des débats de l'exécutif régional.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

La Lorientaise 2019 : l'échauffement avant le départ

Les + Lus