Régionalisation: la Bretagne veut tester sa différence

Selon un sondage organisé par les Wolrd Emoji Awards le gwenn ha du arrive en deuxième position sur le podium des pictogrammes que les internautes aimeraient voir apparaître dans leurs claviers de smartphones. / © Le Télégramme - Claude Prigent
Selon un sondage organisé par les Wolrd Emoji Awards le gwenn ha du arrive en deuxième position sur le podium des pictogrammes que les internautes aimeraient voir apparaître dans leurs claviers de smartphones. / © Le Télégramme - Claude Prigent

Emmanuel Macron souhaite conclure un nouveau "pacte girondin" avec les régions en permettant un droit à la différenciation. Le conseil régional de Bretagne a saisi l'opportunité. Un groupe de travail vient de remettre ce lundi un rapport contenant 29 pistes d'expérimentation.  

Par Robin Durand


En février dernier, en déplacement en Corse, le chef de l' Etat a souhaité donner des gages sur la décentralisation en défendant  un nouveau " pacte girondin'" avec les régions. Dans ce nouveau contrat de confiance, une clause importante: le droit à la différenciation. Pour la Bretagne, souvent lestée par un jacobinisme latent, il y a donc désormais une fenêtre de tir. 

Trois mois de travaux


Le Conseil  régional a donc rapidement réagi en constituant un groupe de travail transpartisan chargé d'étudier la question. 
Depuis mars dernier, 14 conseillers régionaux issus des différents groupes politiques ( hormis le Rassemblement National qui n'a pas souhaité collaborer ) se sont réunis quatre fois. Ils viennent de remettre un rapport composé de 29 fiches thématiques avec à chaque fois une ou plusieurs propositions concrêtes susceptibles d'être mise en oeuvre à court terme. Cela concerne des domaines aussi variés que l'économie, la culture, le numérique ou bien encore l'environnement.


" Notre idée est de partir du réel et du quotidien. Nous parions surtout sur la politique des " petits pas ". Pas question d'attendre un nouveau "grand soir" de la décentralisation. Pas question de défier l'Etat. Il faut juste prouver notre singularité " estime Jean-Michel  Le Boulanger, vice-président de la Région, à la tête du groupe de travail.


Faire mieux que l'Etat 


La  Région veut tester de nouvelles politiques. En matière d'éducation, l'enseignement du breton ou de l'histoire de la Bretagne pourrait être généralisé dans tous les établissements de la Région. En matière de santé, une assurance maladie complémentaire " made in breizh" serait proposée. En matière de logement, un dispositif similaire à la loi Pinel pourrait être coordonné au niveau régional. La mise en place de zones franches dans les territoires ruraux, la régionalisation des routes nationales pour éviter une nouvelle écotaxe et l'installation de péages sont également des pistes d'expérimentation défendues par les élus de la droite et du centre. 

Changer de l'intérieur 


Cette volonté d' émancipation nécéssite aussi une nouvelle organisation. " Sur la politique du tourisme, par exemple, il va falloir se concerter avec les départements. La Région peut être ici un véritable pilote " souligne Delphine David, conseillère régionale LR , membre du groupe de travail sur la différenciation.

D'une manière générale, c'est l'architecture institutionnelle de la Bretagne qui peut aussi conforter sa singularité. A la rentrée prochaine, une conférence doit rassembler l'ensemble des collectivités bretonnes sur la question de la différenciation. Certains y verront les prémices d'une possible future Assemblée de Bretagne, la collectivité unique souhaitée par de nombreux élus. 

Reste deux questions en suspens.
Quid des moyens financiers alloués pour faire vivre ce droit à la différenciation ? "Nous avons choisi des terrains d'expérimentation qui ne nécessitent pas des budgets supplémentaires. La question de l'autonomie fiscale sera défendue plus tard" précise Jean-Michel Le Boulanger ".
Et quid de la Réunification ? La politique des petits pas n'est visiblement pas encore compatible avec un grand saut dans l'inconnu. 

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