Réouverture des boites de nuit le 9 juillet : "On n’y croyait plus, on n’y croyait plus". Le soulagement des gérants

"Ouiiiiiiiiii", Jessica Chapelain ne peut plus s’arrêter. Après 15 mois d’arrêt, la boule à facettes du Vogue va enfin recommencer à tourner, les clients à danser. Elle en pleure de bonheur.

© IP3 PRESS/MAXPPP

"On n’y croyait plus, on n’y croyait plus". Jessica Chapelain, la gérante du Vogue à Lorient dans le Morbihan,  est la présidente de la branche Discothèque à l’UMIH 56.

"J’ai eu Alain Griset, le ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises, au téléphone la semaine dernière", raconte-t-elle, "parce qu’on n’en pouvait plus. On espérait, mais on n'y croyait plus."

Ce 21 juin, le gouvernement a enfin annoncé la réouverture des boites et clubs le 9 jullet. "Enfin, enfin, enfin !" soupire Jessica. 

Le Vogue Club, comme toutes les autres discothèques de France, a éteint ses spots le 14 mars 2020. Il y a 15 longs mois. "On s’est senti abandonnés, méprisés. En France, 250 boites de nuit ont fermé à cause de cette crise sanitaire" témoigne Jessica. "Ça a été dur. Je me disais, ils peuvent pas faire disparaitre un métier comme ça, c’est pas possible."

Des déjeuners du dimanche

Pour tenir, Jessica s'esclaffe en expliquant avoir fait des trucs de fou ! "Des déjeuners en famille le dimanche midi, des repas avec des amis le samedi soir et même un réveillon à la maison. Ça ne m’était pas arrivé depuis 20 ans "confie-t-elle. "C’était chouette, mais je suis bien contente d’abandonner ça pour retrouver ma vie."

Des aides... mais pas pour tout

A Vannes, Jacky Brindejonc gère le Chicago. "L'état nous a aidés, reconnait-il, mais les aides c'était pour les salariés, les loyers, les charges fixes. Mais nous,les gérants, on est resté 15 mois sans rien toucher. 15 mois sans salaire, vous imaginez ?" Pour tenir, Jacky a vendu ses motos. D'autres avaient pris des petits boulots.   

Le compte à rebours

Jessica est déjà en train de réfléchir à l'organisation des jours à venir. "Il va falloir faire un grand ménage, tout préparer pour le 9 juillet., remotiver les équipes, on va avoir du boulot,dit elle, mais pour ça, on va avoir du goût" .

Ses clients devront présenter un pass sanitaire à l’entrée de l'établissement pour attester qu’ils ont été vaccinés ou qu’ils ont un test négatif. Mais elle n’est pas inquiète, "mes clients, ils m’appellent tous maman. Ils me disent qu’ils se font vacciner juste pour revenir faire la fête. Ça leur manque à eux aussi !"

A l’intérieur, une jauge de 75% s’appliquera (100 % à l’extérieur ) mais le port du masque ne sera pas obligatoire.

"Il va falloir gérer, tempère Jacky Brindejonc, quand on va avoir un groupe qui arrive et qu'il y en a deux ou trois qui n'ont pas le pass. Il faudra faire des tests, attendre les résultats.. ça ne sera pas simple ". Mais aujourd'hui, il ne veut pas gâcher la fête. Dès que l'annonce de l'ouverture le 9 juillet est tombée, il a reçu des coups de téléphone pour réserver ! 

La passion de la nuit

La France compte 1 600 boites de nuit. Selon les syndicats, le secteur représente 30 000 emplois directs et un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. 

"C’est un métier de passion, témoigne Jessica, moi je suis passionnée par la nuit et par le bonheur de voir des clients partir heureux".  

Elle sait déjà que le 9 jullet sera une nuit particulière."Ca va être un truc de dingue. Il va y avoir des larmes, sourit elle. Des larmes de joie. " 

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