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Que deviennent les anciens champions quand ils raccrochent ? Après avoir consacré l'essentiel de leur temps à s'entraîner pour rester au plus haut niveau, ils doivent faire le deuil d’une carrière, s’inventer une autre vie. Certains restent dans le milieu du sport, mais en coulisses les places sont chères. D’autres prennent un nouveau départ, qu'il vaut mieux avoir anticipé. Itinéraires Bretagne vous propose quatre reconversions étonnantes.  

Bruno Cornillet, l'ancien cycliste devenu pilote de ligne

 
Bruno Cornillet en 1985 avec ses coéquipiers de l'equipe La Vie Claire. Et entre Hinault et LeMond, c'est qui le patron ?
Bruno Cornillet en 1985 avec ses coéquipiers de l'equipe La Vie Claire. Et entre Hinault et LeMond, c'est qui le patron ?

Après dix tours de France, l'ancien coéquipier de Bernard Hinault avait raccroché son vélo en 1995, avec en guise de plan b un plan de vol.
 

Je savais que la carrière finirait par s'arrêter. J'avais une passion, l'aviation. Alors j'ai pris les devants.

 
Bruno Cornillet, 12 000 heures de vol au compteur
Bruno Cornillet, 12 000 heures de vol au compteur

Bruno Cornillet s’était offert ses premiers cours de pilotage alors qu'il ne savait pas encore qu'il ferait de coureur cycliste son premier métier. "J'avais 16 ans, c'était à l'aéroclub Saint-Brieuc. Je me payais les leçons avec les primes que je gagnais sur mes courses amateur." 

Passé pro, il a continué de se former en potassant le soir à l'hotel sur les courses à étapes, en allant se perfectionner à Brest pendant les intersaisons, en passant son brevet de pilote à 26 ans. En ralliant aussi des critériums avec son monomoteur. 
 

Aujourd’hui, il travaille pour la compagnie Hop/Air France. Il a 12 000 heures de vol au compteur.  Il a reçu en 2017 le Prix de la reconversion sportive. 
 

Mélissa Plaza tacle les inégalités

 
Melissa Plaza sous le maillot tricolore
Melissa Plaza sous le maillot tricolore

En finir avec les discriminations dans le monde du sport et ailleurs. C’est le combat de Mélissa Plaza. L’ancienne joueuse de foot passée par Montpellier, Lyon, Guingamp, Saint-Malo, l’Equipe de France anime aujourd’hui des conférences pour promouvoir l’égalité des chances, l’égalité des sexes.
 
Devenue docteure en psychologie sociale, Mélissa Plaza anime des conférences et sort un livre pour dénoncer les inégalités.
Devenue docteure en psychologie sociale, Mélissa Plaza anime des conférences et sort un livre pour dénoncer les inégalités.

Son expérience dans le foot féminin est passée par là.
 

J'ai connu sur le terrain les plus belles émotions de ma vie


"Devenir footballeuse, c'était mon rêve d'enfant, mais quand on est une fille, il faut se battre dès la cour de récré pour pouvoir exister balle au pied. Et celles qui n'abdiquent pas, qui réussissent à faire carrière sont pour la plupart des héroines. Elles s’entraînent aussi dur que les garçons, mais les conditions de travail, les salaires, sont à des années-lumière." 
 

Considérée comme "la râleuse, la féministe" du foot français, Mélissa Plaza a poursuivi pendant sa carrière ses études supérieures jusqu’à soutenir une thèse sur les stéréotypes de genre en contexte sportif.

Aujourd’hui, elle intervient dans les écoles, les entreprises, les collectivités pour faire bouger les lignes, en finir avec les discriminations, les clichés qui freinent les ambitions et découragent. Et publie un livre : "Pas pour les filles ?"   
 

Gilles Quénéhervé, le concours de l'Ena comme à l'entraînement

 
Gilles Quénéhervé vice-champion du monde du 200 m en 1987 à Rome / © EPA / AFP
Gilles Quénéhervé vice-champion du monde du 200 m en 1987 à Rome / © EPA / AFP

15 ans de carrière au plus haut niveau de l’athlétisme mondial avant de passer… le concours de l’Ena. Il y en a pour qui tout est facile. Gilles Quénéhervé s’était mis au sprint par hasard en 1984 en classe de terminale parce qu’il fallait qu'il choisisse une épreuve de sport pour le bac et qu’il ne savait pas nager.

Un an après, il devenait champion de France juniors, avant de décrocher la deuxième place sur 200 m aux Mondiaux de Rome en 87, et une médaille de bronze aux JO de Séoul en 88 avec le relais 4 fois 100m.
 
Gilles Quénéhervé à l'occasion d'un colloque pour prévenir les violences dans le sport
Gilles Quénéhervé à l'occasion d'un colloque pour prévenir les violences dans le sport

Une fois ses pointes remisées, Quénéhervé s’est lancé un nouveau défi : le concours de l’Ena, qu’il a préparé comme une compétition, pour devenir doyen de sa promo à 45 ans. Après avoir été sous-préfet de Morlaix notamment, il est aujourd’hui Directeur des sports au Ministère du même nom.
 

 

Yannick Le Saux a changé de numéro


Yannick Le Saux a toujours aimé faire le pitre. Dans les vestiaires de Saint-Brieuc avant les matchs, son entraîneur Denis Goavec lui demandait parfois de bien vouloir sortir pour ne pas déconcentrer ses partenaires. 25 ans apres, le meilleur buteur de deuxième division 93/94 fait aujourd’hui du One man Show.
 

Le spectacle n'est pas son métier. L’ancien attaquant breton a gardé un pied dans le milieu du foot, il travaille dans la vidéo, fait notamment des ralentis pour des retransmissions.

Mais la scène l’a toujours démangé. Il avait connu son baptême du feu en 97 quand il jouait au Red Star, avec un spectacle de bienfaisance aux côtés de Laurent Chandemerle l’imitateur breton.

Depuis, l’envie de remonter sur les planches le titillait. Il a donc pris des cours dans une école de one man show, et s’est jeté à l’eau. Une heure et quart de spectacle avec comme fil rouge… le foot évidemment. Le foot vintage. Celui qui sent le camphre, les trajets en bus, et les tacles appuyés dans les derbys en bois.