Tribune des médecins réanimateurs à Olivier Véran : "A trop tirer sur la corde, elle va forcément casser"

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Écrit par Emilie Colin

Des médecins réanimateurs signent une tribune adressée au ministre de la Santé, pour l'interpeller face au manque de moyens dans leurs services. Parmi eux, des médecins de Rennes et Brest.

"C'était important de marquer le coup pour cette fin d'année. Cela fait des années que les équipes se plaignent sans être entendues. On a ouvert des quantités de lits supplémentaires, déporté des moyens dans les DOM-TOM. On voudrait un semblant de retour de ce que l'on a donné". Erwan L'Her, chef du service de médecine intensive et réanimation au CHRU de Brest est l'un des signataires d'une tribune publiée dans le Figaro. Avec d'autres confrères et consœurs, ils évoquent la situation des services de réanimation, à flux tendu et veulent interpeller Olivier Véran, le ministre de la Santé, auquel ils réclament des "mesures ambitieuses". 

329 postes de médecins réanimateurs aujourd'hui vacants

Pour le Docteur Yves Le Tulzo, chef du service des maladies infectieuses et réanimation médicale au CHU de Rennes, cette tribune est importante pour l'ensemble de la profession. "Nous faisons état de difficultés générales dans les hôpitaux publics. Le recrutement para-médical et médical est difficile. L'hôpital n'est pas favorisé financièrement. Le recrutement est limité au minimum", relève-t-il. 

Les infirmières et infirmiers de réanimation sont les véritables piliers de nos services. Pourtant, leurs compétences spécifiques ne sont pas reconnues ni statutairement ni financièrement, contrairement à nos voisins européens. La crise nous a démontré à quel point il est urgent de réintroduire un module de formation à la réanimation dans la formation initiale des infirmiers, supprimé depuis 2009.

Extrait de la tribune publiée dans le Figaro

Au CHU de Brest, la capacité en réanimation est de 15 lits, passée à 18 désormais. "C'est la énième fois qu'on augmente cette capacité mais on n'a pas les effectifs pour faire tourner ces lits" rappelle Erwan L'Her. "A force de trop tirer sur la corde, on finira par la casser" résume-t-il.