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UTOPIA 56 : après la jungle, les bénévoles bretons restent mobilisés

Marion (bénévole d'UTOPIA 56) : un peu de chaleur et de réconfort pour les enfants réfugiés.
Marion (bénévole d'UTOPIA 56) : un peu de chaleur et de réconfort pour les enfants réfugiés.

Créée il y a un an, l'association UTOPIA 56 s'est donné pour objectif d'organiser l’aide humanitaire auprès des réfugiés de Calais. Après le démantèlement de la jungle, elle n’en poursuit pas moins sa mission en se rapprochant des Centres d’accueil et d’orientation (CAO).

Par Eric Nedjar

Une licence de droit en poche, Marion, 21 ans, est membre de l’association UTOPIA 56, créée au mois de novembre 2015 pour venir en aide aux migrants de Calais. Depuis le mois de mai, elle est "bénévole long terme", toujours présente sur place, malgré le démantèlement de la jungle. "On n'est plus qu’une quinzaine d’UTOPIA 56 à Calais, explique-t-elle, on fait partie des plus expérimentés. On n’accueille plus de bénévoles ici, il faut des autorisations..."

"Une couverture, un peu de réconfort..."

Marion est, en effet, accréditée, et ils sont peu nombreux à entrer dans la jungle de Calais et à surveiller, en lien avec le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) les conditions d’évacuation. "Nous sommes présents pour nous assurer que tout va bien. Il y a deux nuits par exemple, la situation était très tendue dans une école qui accueillait des réfugiés. Alors on est resté sur place pour rassurer. Le reste du temps on est présent pour informer les réfugiés quand ils sont perdus, offrir une couverture, à boire ou à manger ou simplement un peu de réconfort."

Mais après le départ des derniers réfugiés, la jeune femme se prépare, à son tour, à quitter le Nord de la France pour rejoindre Paris. Là, de nouveaux camps de réfugiés ont vu le jour. UTOPIA 56  entend ne pas les abandonner.

"Je voulais voir par moi-même..."

À Saint-Brieuc, Juliane est, elle aussi, membre d’UTOPIA 56. Étudiante (elle suit une formation d’éducateur spécialisé), elle s’est rendue une première fois à Calais au mois de février dernier, avant d'y passer toutes ses vacances d’été. "J’avais vu beaucoup de reportages sur la jungle et je voulais me rendre compte par moi-même, sur place, de la réalité. Je trouvais insupportable ce que devaient subir des gens qui ne faisaient que fuir la guerre pour sauver leur vie."

"Une grande volonté d'aider..."

De retour chez elle, Juliane a repris le cours de ses études et s'est vu récemment confier une nouvelle mission. "Suite au démantèlement de la jungle, 40 réfugiés sont arrivés à Saint-Brieuc. Il n’y a qu’une seule personne pour s’occuper d’eux. On cherche des bénévoles qui viendront en renfort. Pour proposer des cours de soutien en français, pour faire du sport, ou organiser des sorties. Avec tout le matraquage médiatique, je n'ai pas à chercher. Je reçois de très nombreux mails de personnes qui se portent volontaire pour aider."

La jeune femme met en lumière un paradoxe sur la question des réfugiés : "Il peut y avoir des réactions assez violentes, de rejet et de peur, et dans le même temps, une grande volonté d’action, l’envie de se mobiliser", conclut-elle, pleine d'espoir.


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