VIH. Tout savoir sur le dépistage et les traitements post-exposition

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Quelque 600 personnes en Bretagne seraient séropositives sans le savoir. Pourtant, l'éradication du virus passe par le dépistage. Tour d'horizon des techniques de test et des lieux possibles pour se faire dépister.

Par Baptiste Galmiche

"En Bretagne, il y a un déficit de dépistage". Le constat dressé par Gérald Guerdat de l'association AIDES Bretagne, est alarmant. "Les personnes se font dépister tardivement."

"Plus on a de partenaires, plus il faut faire de tests. Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes et qui ont de multiples partenaires doivent faire un test tous les trois mois". Quelque 600 personnes en Bretagne seraient séropositives sans le savoir.


► Comment se faire dépister ?


Il existe trois possibilités pour se faire dépister. Cependant, un délai doit être respecté avant de réaliser ces tests pour assurer la fiabilité des tests. Pendant ce laps de temps, la personne ne doit pas avoir de relations à risque. Si c'est le cas, cela reporte à chaque fois l'échéance à laquelle elle peut faire le test.

  • Dépistage classique


?     Prise de sang faite par un infirmier.

⌛    6 semaines après le risque.

✎   Résultats sous deux ou trois jours.

×    Si résultat positif, il y aura de fait une orientation pour une prise en charge médicale. Un bilan sera fait puis nue réorientation vers un infectiologue. 


  • TROD (Test Rapide d'Orientation Diagnostique)


?     Prise de sang au bout du doigt.

⌛    3 mois après la prise de risque.

✎   Résultats sous une demi-heure.

×     Si résultat positif, il est nécessaire de le confirmer par une prise de sang réalisée par un médecin. Il posera le diagnostic et confirmera ou non le résultat positif. Si résultat négatif, il n'est pas nécessaire de réaliser un test de confirmation. Cependant, ce test ne révèle que le VIH mais pas les IST ou autres infections. "On oriente donc systématiquement les personnes pour faire un test plus général", indique Gérald Guerdat de l'association AIDES Bretagne.


  • Autotest

?      Prise de sang faite soi-même après avoir acheté le dispositif en pharmacie (aux alentours de 30 euros selon les officines).

⌛     3 semaines après le risque.

✎    Résultats sous une demi-heure.

×     Si résultat positif, il est nécessaire de le confirmer par une prise de sang réalisée par un médecin. Il posera le diagnostic et confirmera ou non le résultat positif. Si résultat négatif, il n'est pas nécessaire de réaliser un test de confirmation. De la même façon que pour le TROD, ce test ne révèle seulement la présence du VIH et non celle des IST ou autres infections. Les personnes sont donc également incitées à "faire un test plus général".

► Où se faire dépister ?


 

► Comment limiter les risques ?


Le dépistage est bien entendu la première arme contre la prolifération du VIH. Mais les préservatifs, internes et externes, permettent d'éviter de contracter le VIH ainsi qu'un certain nombre d'autres infections sexuellement transmissibles.

Il existe également la PrEP Prophylaxie pré-exposition. Il s'agit d'un traitement à prendre entre 24 h et 2 h avant le rapport à risque (il faut donc savoir à l'avance que ce rapport sexuel va se produire !) Le comprimé doit également être pris 24 h après la première prise, et 24 heures après la seconde. Pour les personnes ayant plusieurs rapports sexuels dans la même période, le comprimé doit être pris tous les jours, puis 24 et 48 h après le dernier rapport. Attention, les prises sont différentes selon les cas de figure. Plus d'informations sur le site de l'association AIDES.

► Que faire après une relation à risque ?


Il existe le traitement post-exposition, dit aussi traitement d'urgence : le TPE.  Il doit être pris au plus tard dans les 48 h suivant le risque, puis tous les jours pendant un mois. C'est un peu la "pilule du lendemain" contre le VIH.

► Est-il possible d'avoir des relations sexuelles avec une personne séropositive ?


Les personnes séropositives qui prennent correctement le TasP (treatment as prevention), et dont la charge virale est dite indétectable depuis plus de six mois, ne peuvent plus transmettre le virus à leur partenaire séronégatif.

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