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Vingt députés bretons de la majorité LREM dénoncent les dégradations des permanences parlementaires

Dégâts sur la maison de la permanence du député LREM didier Le Gac à St Renan (29) en janvier 2019 / © Chloé Tempéreau
Dégâts sur la maison de la permanence du député LREM didier Le Gac à St Renan (29) en janvier 2019 / © Chloé Tempéreau

Dans une tribune publiée chez nos confrères de Franceinfo, ces députés déplorent les attaques dont les permanences des élus de leur camp font l'objet sur le territoire, suite à la ratification du Ceta, l'accord commercial de libre échange entre l'Europe et le Canada.

 

Par Catherine Jauneau


Une dizaine de permanences parlementaires de députés LREM ont été dégradées après la ratification du Ceta .  "Nous sommes en train de nous habituer à l'intolérable" écrivent ces signataires.

Les permanences parlementaires des députés de la majorité sont de nouveau prises pour cible. En Haute-Saône, dans le Jura, la Creuse, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Orientales, en Gironde, des permanences de députés LREM, ayant voté pour la ratification du Ceta, ont subi de multiples dégradations : que ce soit avec du fumier déversé, des tags inscrits ou des murets construits. Si les agriculteurs sont pointés du doigt pour certaines de ces attaques, à Perpignan, ce sont les "gilets jaunes" qui sont accusés d'avoir cassé les vitres et tenté de mettre le feu à la permanence du député LREM Romain Grau.

Face à cette situation les élus précisent :

" les institutions politiques et administratives sont vouées aux gémonies sans que jamais aucun de leurs ennemis ait dit ce que nous serions sans elles. Plutôt que de détruire les institutions, il nous faut tous être capable de définir celles dont nous avons besoin. Et la démultiplication de référendums pour dire non ne saurait être le seul remède."

Dans leur texte, les signataires rajoutent : "Loin des caricatures, nous essayons députés de la majorité, dans notre diversité, d'oeuvrer pour tous, agriculteurs comme environnementalistes, chefs d’entreprise comme salariés, retraités comme actifs, femmes comme hommes. On nous appelle à la solidarité avec les générations futures, les plus pauvres, les migrants et l’on nous demande aussi de préserver les emplois d’aujourd’hui et de créer ceux de demain, de favoriser la compétitivité de la France, de bâtir une Europe plus sociale, plus environnementale, plus solidaire."


"Certains soufflent sur les braises"


Cela peut être perçu comme des injonctions contradictoires, nous le vivons comme une responsabilité politique : celle d’organiser démocratiquement le vivre-ensemble et rendre possible la diversité et les contradictions du réel au lieu de les amplifier.
En lieu et place on voit nos permanences murées, cassées, les députés dénoncés sur tel ou tel réseau social parce qu’ils auraient mal voté, certains ont eu leur domicile visité et même incendié.
 


Et certains, qui croient que les réseaux sociaux permettent toute veulerie, lâcheté, insulte, s’en félicitent même. Cet ensauvagement des mots et du monde ne peut produire que le pire et pourtant certains soufflent sur ces braises. Car ils souhaitent le pire. Pas nous !


"Nous ne laisserons pas se développer la haine"


Dans la tribune, encore ces propos  : "Nous ne laisserons pas se développer la haine sur internet et dans la société, nous ne tolérerons pas que certains caricaturent l’agriculture, tout comme nous ne laisserons pas d’autres vouloir condamner les associations environnementales. Il ne sera jamais toléré que la violence et la destruction se substituent au dialogue et à la démocratie.
Nous avons besoin de toutes et tous. Revendiquons tous nos responsabilités de femme, d’homme, de citoyens. Révoltés, interrogeons-nous sur nos propres comportements et idées reçues, faisons la balance entre nos égoïsmes et nos exigences.
On peut choisir de bâtir le monde, de faire Bretagne, France et Europe ou de les détruire. Nous avons choisi, en responsabilité et même en cohérence, de faire. La liberté et la démocratie exigent un effort permanent. Impossible à qui les aime de s'endormir, avait dit François Mitterrand. Nous nous y efforçons !"


Les explications des députés signataires

Alors qu'aucune permanence bretonne n'a été impactée par des dégradations suite au vote du Ceta à l'Assemblée Nationale, pourquoi signer cette tribune ?
Pour Yannick Kerlogot (député LREM de la circonscription de Guingamp): "Nous avons voulu envoyer un message collectif de soutien à nos confrères sans tarder . C'est d'abord un resssenti face à des seuils de violence à ne pas franchir dans une démocratie. Nous même avons vu certaines permanences de notre groupe mises à mal cet hiver lors de la crise des gilets jaunes. Dans la région bretagne, région d'élevage et d'activité agricole, avec des problèmatiques environnementales , des questions se posent bien sûr autour des accords de libre échange commerciaux entre l 'europe et le Canada, mais il faut considérer la réalité de l' accord à sa juste valeur."

Commentaire aussi de Graziella Melchior (députée LREM de la 5eme circonscription du Finistère) : "Cette tribune, c'est un élan du coeur. Nous ne sommes pas personnellement impactés par les faits, mais nous avons voulu réagir face à une attaque contre notre démocratie. Avant qu'une décision ne soit votée au parlement, il y a des discussions en hémicyle, des commissions et une majorité qui se dégage et l'emporte. Vouloir intimider un député et faire pression individuellement sur lui, c'est dangereux."
 

La réaction des autres groupes politiques

Réaction de Thierry Benoit, député UDI de la 6e circonscription d'Ille-et-Vilaine

les signatures bretons LREM de la tribune

  • Florian Bachelier, député d'Ille-et-Vilaine ;
  • Erwan Balanant, député du Finistère ;
  • Hervé Berville, député des Côtes-d'Armor ;
  • Eric Bothorel, député des Côtes-d'Armor ;
  • Christine Cloarec, députée d'Ille-et-Vilaine ;
  • Jean-Michel Jacques, député du Morbihan ;
  • Yannick Kerlogot, député des Côtes-d'Armor ;
  • Mustapha Laabid, député d'Ille-et-Vilaine ;
  • Jean-Charles Larsonneur, député du Finistère ;
  • Gaël Le Bohec, député d'Ille-et-Vilaine ;
  • Sandrine Le Feur, députée du Finistère ;
  • Didier Le Gac, député du Finistère ;
  • Annaïg Le Meur, députée du Finistère ;
  • Nicole Le Peih, députée du Morbihan ;
  • Laurence Maillart-Méhaignerie, députée d'Ille-et-Vilaine ;
  • Graziella Melchior, députée du Finistère;
  • Jimmy Pahun, député du Morbihan ;
  • Hervé Pellois, député du Morbihan ;
  • Gwendal Rouillard, député du Morbihan ;
  • Liliana Tanguy, députée du Finistère. 

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