Anniversaire de la mort du Général De Gaulle : comment l'Histoire s'est jouée en Touraine

Le général De Gaulle est mort il y a 50 ans, le 9 novembre 1970, à Colombey-les-deux-églises. Mais c'est il y a 80 ans, peu avant l'appel du 18 juin 1940, que l'histoire de la résistance s'est jouée, en Touraine et dans le Loiret.
Juste avant l'appel du 18 juin 1940, exhortant les Français à résister à l'occupation, De Gaulle rencontrait Churchill, à la préfecture de Tours
Juste avant l'appel du 18 juin 1940, exhortant les Français à résister à l'occupation, De Gaulle rencontrait Churchill, à la préfecture de Tours © AFP
Impossible de raconter l'histoire de Charles de Gaulle sans mentionner l'appel du 18 juin 1940, une date clé qui marque le début de la résistance française lors de la seconde guerre mondiale.

Le saviez-vous : avant de partir pour Londres, le Général De Gaulle était en Touraine. C'est à la suite du conseil suprême interalliés du 13 juin 1940, organisé à la préfecture de Tours en présence de membres des gouvernements français et britanniques, que Winston Churchill aurait soufflé à Charles de Gaulle "Vous êtes l'homme du destin"

Le gouvernement se replie en Touraine

Le Général De Gaulle est décédé il y a 50 ans jour pour jour, le 9 novembre 1940, dans sa maison de Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne), à 79 ans. Il y a 80 ans, en juin 1940, il était sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale. De Gaulle et le président du conseil, Paul Reynaud, faisaient partie du camp qui voulait que la France résiste, et s'opposait au camp défaitiste composé du maréchal Pétain, vice-président du Conseil, et de Maxime Weygand, généralissime (chef suprême) des armées françaises. 

Le 10 juin, l'Etat français quitte Paris et se replie en Touraine suite à l'avancée de l’armée allemande et la déclaration de guerre de l’Italie. Les ministres, des centaines de parlementaires, fonctionnaires et diplomates sont éparpillés dans la région et s’installent dans une soixantaine de châteaux dans la vallée du Cher. 

L'Elysée et le président Alfred Lebrun sont basés au château de Cangé, à Saint-Avertin (Indre-et-Loire). Le maréchal Pétain loge au château de Nitray, à Athée-sur-Cher, et le général de Gaulle est basé au château voisin de Beauvais, à Azay-sur-Cher. Le siège du gouvernement est installé au château de la Ménaudière, à Chissay-en-Touraine (Loir-et-Cher).
 

De Gaulle et Churchill à la préfecture de Tours

Les gouvernements alliés français et britanniques se rencontrent à cette période pour décider de l'avenir de la France. Un premier conseil suprême de défense interalliés, appelé La conférence de Briare, est organisé les 11 et 12 juin au château du Muguet, à Breteau (Loiret), puis un second à la préfecture de Tours. Le Premier ministre Winston Churchill est présent. Son but : convaincre ses homologues français de poursuivre la guerre.

Sur place, Churchill remarque le Général De Gaulle comme le seul qui ne se résigne pas à la défaite française. C'est à cette occasion que le Premier ministre britannique l'aurait qualifié, en français, d'"homme du destin". Cette formule est chargée de sens au regard de la suite de l'Histoire. 

Le général s'envole pour Londres le 16 juin alors que Paul Reynaud démissionne au profit du maréchal Pétain. La France dépose les armes. C'est depuis les studios de la BBC, à Londres, qu’il adresse aux Français son appel du 18 juin, qui les exhorte à résister. 

Un appel à la désobéissance historique rendu possible par cette relation entre les deux hommes, qui a débuté en Touraine.
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