Baccalauréat en Centre-Val de Loire : « C’est compliqué pour les lycéens de se projeter »

Plus que quelques semaines avant la traditionnelle épreuve de philosophie du baccalauréat. Un bac 2021 chamboulé comme l’an passé par l’épidémie de Covid-19, mais aussi par la réforme Blanquer.

Des épreuves très marquées par le passage de la crise sanitaire. Photo d'illustration
Des épreuves très marquées par le passage de la crise sanitaire. Photo d'illustration © PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale l’a confirmé la semaine dernière. Les épreuves de philosophie et du grand oral du baccalauréat 2021 seront maintenues en présentiel. Le 17 juin pour la philo, et du 21 juin au 2 juillet pour le grand oral. Une décision prise dans un contexte sanitaire encore incertain qui oblige les élèves de terminale candidats au bac 2021 à s’organiser comme ils le peuvent.

Un grand oral qui fait débat

"On est un peu obligé de se préparer pour le grand oral parce que ça va arriver vite. Normalement cette épreuve devait être préparée sur deux ans mais on a vraiment pu commencer mi-mars quand on a eu plus d’informations sur ce qu’il fallait faire et sur ce qu’il faudra présenter", » explique Louka Brunier, élève de terminale au lycée Voltaire d’Orléans.  

Cette épreuve qui "forme à prendre la parole en public de façon claire et convaincante", » selon le site internet de l’Education nationale, est une nouveauté issue de la réforme du lycée. C’est même la mesure emblématique de la réforme Blanquer, initialement prévue pour 2020, mais annulée à cause du Covid-19. Pour le candidat, il s’agit de 20 minutes d’oral sur sa spécialité et sur son projet d’orientation scolaire.

"C’est une épreuve aux contours très flous qu’on n'a pas pu tester l’an dernier. On a eu des consignes différentes et on navigue entre un examen sur des connaissances et une présentation du projet d’orientation. C’est pas si simple que ça l’oral, ça ne s’improvise pas. Comment le préparer dans des classes de 35 élèves avec le Covid qui a aggravé nos conditions de travail ?" s’inquiète Anne Grandet, co-secrétaire du SNES-FSU d’Indre-et-Loire.

Le SNES-FSU réclame la neutralisation de l’épreuve, considérant que les élèves ne sont pas préparés dans de bonnes conditions. Pour l’oral du bac français qui représente les mêmes difficultés, le syndicat demande des aménagements.

La crainte d’une augmentation des inégalités scolaires

Pour la plupart des professionnels qui travaillent dans l’éducation, comme l’année dernière, la crainte majeure reste les inégalités scolaires. "Moi je n’ai pas du tout de difficultés, j’ai un ordinateur et une bonne connexion. Mais pour d’autres, je sais que c’est beaucoup plus pénalisant et que le distanciel peut être dur à vivre", observe Louka Brunier.

Durant ces dernières semaines de fermeture des établissements scolaires, les élèves ont dû se réadapter au travail à distance. Avec plus ou moins de succès en fonction du cadre de vie familial et de l'accès à du matériel informatique.

"Avec le distanciel, tous les élèves ne sont pas logés à la même enseigne. C’est profondément inégalitaire. C’est très difficile à distance de ne pas reproduire les inégalités sociales. Et pour le bac, ce sont des difficultés qui s’ajoutent aux difficultés", déplore Anne Grandet qui est aussi professeure de Lettres au lycée Paul-Louis Courier de Tours.

« C’est compliqué pour les lycéens de se projeter »

A tout cela s’ajoute un sentiment de grande incertitude face à l’avenir. "C’est compliqué pour les lycéens de se projeter car d’annonces en annonces, il y a sans cesse des changements et cela crée une forme de découragement. Il y en a beaucoup qui commencent à craquer sous la charge de travail et qui ne comprennent pas pourquoi ils travaillent, parfois ils ne savent même pas si ils ont des épreuves ou pas", explique Sofian Mahbaz, président de l’association la maison des lycéens à Orléans.

Une forme d’incompréhension pour des élèves qui ont vécu une année scolaire 2020/2021 complexe à cause de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Et c’est sans compter l'appréhension engendrée également par l’orientation post-bac selon Christophe Pallier, président de la FCPE du Loiret.

"L’enseignement supérieur n’a pas encore mis en adéquation ses attendus par rapport à la réforme du bac, donc il y a certains choix faits par les lycéens qui a priori peuvent bloquer leur orientation", explique-t-il.

Les résultats des vœux Parcoursup doivent être rendus le 27 mai. Une étape et du stress supplémentaires pour les candidats au bac 2021.

 

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