Ce que l'on sait sur les rumeurs de suppressions de postes chez l'équipementier Daher, 4 sites en Centre-Val de Loire

Plusieurs documents circulent sur les réseaux sociaux et annoncent jusqu'à 3 000 postes supprimés chez l'équipementier Daher, victime collatérale de la crise du coronavirus. Une information qui, si elle semble étayée, doit être traitée avec prudence.
Le site Daher-Socata de Tarbes - PHOTO D'ILLUSTRATION
Le site Daher-Socata de Tarbes - PHOTO D'ILLUSTRATION © PASCAL PAVANI / AFP
Ce 14 avril, plusieurs médias ont annoncé de potentielles suppressions de postes au sein de la filiale française du groupe Daher, un équipementier industriel qui fournit notamment la filière aéronautique, et particulièrement les avions Airbus.

Le groupe international a 4 sites en région Centre-Val de Loire : un siège social à Tours, un site "logistique et services" à Salbris, un site d'équipement aéronautique à Saint-Julien-de-Chédon, et un site de Montrichard qui cumule ces deux dernières activités. 

Un "document CFDT" annoncerait 3000 suppressions de postes


Nos confrères de France 3 Occitanie, qui ont pu avoir des confirmations de leaders syndicaux de leur région, citent un "document interne à la CFDT" qui annonce la suppression de 3 000 postes, dont 1300 CDI, sur un total de 10 000 emplois. Ce document a notamment été posté sur le réseaux sociaux par Gaëtan Gracia, qui se présente comme un délégué CGT, un syndicat concurrent plus radical. Il qualifie d'ailleurs le trac CFDT de "pro-patronal". Ce texte explique notamment que, sur un chiffre d'affaires initialement estimé à 1,3 milliards d'euros, la perte du groupe Daher est estimée à 400 millions d'euros. Un manque notamment dû à la baisse des commandes de son client principal, Airbus, affaibli par la crise du coronavirus. "Un retour à l'équilibre ne sembl[e] pas envisageable avant 2022 ou 2023, au vu du contexte", alerte la CFDT.
 

Un second document, plus dur à authentifier


Ce document répond en de nombreux points à un texte également publié par la CGT sur les réseaux sociaux, et plus difficile à authentifier, signé du nom du PDG, Didier Kayat. Cette lettre, quant à elle, ne chiffre pas les suppressions de postes, mais partage le constat d'un "impact sur l'emploi". "La crise que nous traversons est d'une brutalité sans précédent", peut-on y lire. Le texte évoque également la désaffection d'Airbus et affirme que "toutes les pistes seront étudiées pour réduire nos coûts".

Comme le tract de la CFDT, le texte affirme que, dans cette logique d'efforts, les actionnaires ont renoncé à leurs dividendes et que tous les employés percevant une rémunération variable y renonceront, y compris Didier Kayat lui-même.
 

La CFDT émet de sérieux doutes


Mais, au-delà du fait qu'aucune adresse apparente ou mise en page ne permette d'identifier avec certitude le document, de légères dissensions apparaissent entre les deux textes, comme la date de reprise de l'activité, que le deuxième document situe "fin 2021 ou début 2022".

Contactée, la CFDT du site de Saint-Julien-de-Chédon appelle à la plus grande prudence sur le sujet. "A ce stade, ce ne sont que des rumeurs, et je n'aime pas avancer des choses que je ne sais pas. Cela alimente le conflit entre syndicats. Nous aurons une réunion sur le sujet la semaine prochaine, et nous en saurons plus à ce moment-là."

Si l'alerte semble très étayée pour une simple rumeur, il convient de traiter cette information avec toutes les précautions nécessaires, en attendant que les syndicats ou la direction communiquent plus ouvertement.
 
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