Abattoir de Blancafort dans le Cher : l'association L214 sceptique face à l'annonce de la correction des non-conformités

La préfecture du Cher a annoncé ce vendredi 18 décembre que l'entreprise avait corrigé ses non-conformités en matière de bien-être animal, permettant le maintien de son activité. Pour l'association L214, seule "la magie de Noël" a pu permettre des corrections en 48 heures.

L'abattoir du groupe LDC où trois salariés se sont suicidés en cinq mois se trouve à Blancafort, dans le Cher
L'abattoir du groupe LDC où trois salariés se sont suicidés en cinq mois se trouve à Blancafort, dans le Cher © DANIEL JANIN / AFP

La "magie de Noël" est-elle déjà à l'oeuvre dans le Cher ? Pour l'association de protection animale L214, c'est la seule explication possible après la levée de la mise en demeure de l'abattoir de Blancafort par la préfecture du Cher ce vendredi 18 décembre

L'entreprise s'était ainsi vu notifier ce mercredi 16 décembre une suspension d'agrément, avec 48 heures de délai pour résoudre une série de "non-conformités majeures" à la réglementation dans le domaine de la protection animale, comme le notait la préfecture. 

Et en effet, deux jours plus tard, les services de l'Etat annonçait par communiqué de presse que "les 48 heures ont été mises à profit pour résoudre les non-conformités et se conformer à la réglementation dans le domaine de la protection animale". 

"Quel est donc son secret ?"

Une décision "totalement déroutante", estime-t-on du côté de L214, qui a mis en ligne ce mercredi une vidéo sur les conditions d'abattage des dindes au sein du site de Blancafort. 

"Il est étonnant qu’en l’espace de 48 h, l’abattoir, qui a continué à abattre plus de 10 000 dindes par jour, ait pu résoudre les non-conformités majeures qui demandent la conduite de travaux conséquents pour être résolus. Quel est donc son secret ?", s'interroge l'association. 

Car ces non-conformités sont structurelles : "Il faudrait baisser le plancher ou relever la chaine pour que les têtes des dindes suspendues à l'envers ne traînent pas sur le sol. Et la chaîne qui monte a plusieurs metres qui doit être accessible : est-ce qu’ils ont acheté des échasses ?"

Autre question : "comment la durée de suspension des dindes a été raccourcie sans accélérer la vitesse de la chaîne, dans un abattoir où les employés sont déjà à bout ?".

Aucune échéance annoncée

La préfecture ne précise en effet pas les mesures correctives appliquées par l'abattoir, et encore moins leurs délais d'application. Car le texte sous-entend à demi-mot que ces corrections ne sont pas encore appliquées, mais que l'entreprise "s'engage à lever les non-conformités", sans échéance annoncée.

"C'est ce qu'on craignait : des mesures correctives mineures immédiates et un plan d’action, on ne sait pas sur combien d’années", regrette L214. L'association estime ainsi que les services de l'Etat sont "mille fois complices" de la souffrance de ces dindes, car "ils laissent fonctionner un abattoir qui n'est pas conforme à la réglementation".

L214 demande désormais à l'Etat de prouver sa bonne foi, en publiant les différents rapports d'inspection de la préfecture. Elle souhaite également pouvoir visiter l'abattoir en présence d'un parlementaire, pour vérifier la mise en conformité du site de Blancafort. "Les parlementaires peuvent interroger le gouvernement après avoir été témoins de ces choses", explique l'association.

Contactés, les services de la préfecture du Cher sont indisponibles pendant le week-end.

 

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