Bourges : 30 et 15 ans de réclusion prononcés pour le meurtre de la petite Hyana

Les jurés ont suivi en tous points les réquisitions du Parquet pour condamner le beau-père et la mère d'Hyana, responsables des violences ayant entraîné sa mort.

Noémie Poman, la mère d'Hyana, arrive à son procès.
Noémie Poman, la mère d'Hyana, arrive à son procès. © GUILLAUME SOUVANT / AFP

La cour d'assises du Cher a condamné lundi soir Hamza Boussalmi à une peine de trente ans de réclusion, assortie de vingt ans de sûreté, pour ses coups et mauvais traitements ayant entraîné la mort de la petite Hyana en janvier 2018. La mère de la petite fille, Noémie Poman, a elle été condamnée à quinze ans de réclusion, assortie d'une peine de sûreté de dix ans, pour complicité des ces actes de barbarie.

 

Leurs condamnations conformes en tous points aux réquisitions de l'avocate générale, Marie-Pierre Viret, après un peu plus de quatre heures de délibération.

"Hors norme et problématique"

Reprenant les mots de l'expert, la magistrate avait décrit la "personnalité psychopathique" du compagnon violent. Elle a évoqué un individu "hors norme et problématique d'un point de vue sociétal". Des termes repris par le président lors de l'annonce du verdict, tout comme le rappel du témoignage du médecin légiste. Cette dernière avait évalué à sept, sur une échelle de sept, les souffrances de l'enfant. La petite victime souffrait en effet de 32 lésions, dont 14 morsures, une brûlure et des fractures aux poignets, avant-bras, mains et doigts.

Les jurés, qui ont insisté sur la gravité des faits, n'ont donc pas été convaincus par la plaidoirie de l'avocat du principal accusé, Me Georges Parastatis. S'attachant à décrire le climat de violence dans lequel a grandi Hamza Boussalmi, l'avocat avait rappelé que le jeune homme avait vécu en prison l'essentiel de sa vie d'adulte et ne savait "régler les problèmes d'une autre manière que par la violence".

"Je demande pardon à ma fille"

Pour l'avocate générale, la complicité de la mère ne faisait guère de doute. "Elle est complice quand elle décide de ne plus scolariser sa fille pour ne pas que les violences soit constatées", a-t-elle estimé. La magistrate a dépeint un "monstre d'égoïsme", qui a tout mis en oeuvre pour protéger son compagnon, en faisant notamment échouer l'ordonnance de placement prononcée pour protéger Hyana quelques mois avant le drame. "Hyana a fait face à deux adultes: un qui la torture, un qui la maintient à disposition de son bourreau", a-t-elle résumé.

Sans nier la responsabilité de sa cliente, Me Delphine Debord-Guy, a refusé la qualification de complicité, aussi bien juridique que morale. "Il est hors de question de plaider l'acquittement pur et simple. (...) Mais on n'est pas complice sans participation active", s'est agacé le conseil de la jeune mère, âgée de 22 ans au moment des faits. Les jurés n'ont pas retenu les explications de l'avocate, ni même la demande de pardon de Noémie Poman. S'adressant à la cour, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, ella avait déclaré, calme: "J'aimerais juste dire que je demande pardon à ma fille pour mon inaction. Il faudra aussi que je demande pardon à Y. et S. (ses deux autres enfants, NDLR) pour la mort de Hyana."

Le 30 décembre 2017, la fillette avait été déposée dans le coma à l'hôpital de Bourges, par sa mère, sous un faux nom. Cette dernière avait ensuite pris la fuite avec son compagnon. L'enfant décèdera une quinzaine de jours plus tard, après avoir été transférée à l'hôpital de Tours. Elle avait six ans. Les deux principaux accusés n'ont manifesté aucune réaction à l'annonce de leurs condamnations.

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