Assises du Cher : jusqu'à 20 ans de réclusion pour les meurtriers de Mathieu Hocquet

Publié le
Écrit par Bertrand Mallen
Le procès s'est tenu à la cour d'assises de Bourges. Photo d'illustration
Le procès s'est tenu à la cour d'assises de Bourges. Photo d'illustration © Stephanie Para / Maxppp

Des peines allant de 12 à 20 ans de réclusion ont été prononcées ce 2 avril aux assises du Cher contre quatre hommes accusés du meurtre du jeune Mathieu Hocquet à Vierzon en 1999, une ancienne affaire relancé 19 ans plus tard grâce à un renseignement anonyme.

Dans son verdict, la cour a été convaincue de la culpabilité des accusés. Poursuivis pour "enlèvement, séquestration et détention arbitraire suivie de mort", ils encouraient la réclusion à perpétuité. Bouchaïb Mohib et Driss Belkhouribchia ont été condamnés à 20 ans de réclusion, Samir Berkani à 18 ans (tous trois se disaient innocents) et Cyril Bourguignon à 12 ans.

Les jurés n'ont pas accordé à Cyril Bourguignon le bénéfice d'une loi concernant les repentis et pouvant réduire leur peine. Ce dernier avait reconnu avoir conduit une voiture qui devait servir à enlever la victime.

Des peines de 14 à 25 ans de réclusion avaient été requises par le ministère public. Le 13 juillet 1999, le corps sans vie de Mathieu Hocquet avait été retrouvé, la tête fracassée, dans une impasse longeant une zone artisanale de Vierzon. L'autopsie avait révélé que le jeune homme avait été massacré, avant de mourir des suites "d'un hématome sous-dural", avait rappelé le 29 mars la présidente Audrey Debeugny.

Un non-lieu prononcé en 2005

Les enquêteurs avaient dans un premier temps suivi la piste homosexuelle, puis la piste locale, mais faute de résultat la justice avait prononcé un non-lieu en 2005. Les quatre accusés, désormais âgés de 41 à 45 ans, ont été arrêtés et mis en examen en 2018, quelques mois après qu'un renseignement anonyme fut parvenu à la police judiciaire d'Orléans. Ce renseignement avait permis à deux juges d'instruction de Bourges de rouvrir l'affaire, comme l'autorise le Code de procédure pénale si des éléments nouveaux apparaissent.

Lors de la deuxième enquête, l'un des suspects a mis en cause les trois autres, en donnant des explications, avant de revenir sur ses déclarations. L'enquête s'est cette fois orientée vers un mobile crapuleux. Au moment des faits, Mathieu Hocquet, alors âgé de 22 ans, travaillait dans une enseigne de restauration rapide de Vierzon et, selon une hypothèse avancée, aurait été attaqué pour récupérer la recette de l'établissement qui l'employait.

Le procès s'était ouvert le 29 mars devant la cour d'assises du Cher, 22 ans après les faits. Les avocats de la défense n'excluaient pas, ce vendredi 2 avril, de faire appel.
 

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