Législative 2022 : le bilan de François Cormier-Bouligeon, député de la 1ère circo du Cher, et pilier-gauche du XV Macronie

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A l'approche des élections législatives, France 3 sollicite les députés sortants du Centre-Val de Loire pour faire le bilan des cinq années écoulées. Dans le Cher, François Cormier-Bouligeon, l'enfant du pays, a conjugué sa passion du sport et ses idéaux républicains.

Passionné de sport, François Cormier-Bouligeon, le député de la première circonscription du Cher aime à se voir "dans la mêlée au rugby, au-dessus de la mêlée en politique". Pourtant, ce pilier gauche du XV de France parlementaire (médaille de bronze de la coupe du monde 2019), n'hésite pas à descendre sur le terrain et à distribuer les tacles, que ce soit sur Twitter ou à l'Assemblée nationale. 

Député "hyperactif" (il affirme ne s'accorder qu'une demi-journée de repos par semaine), François Cormier-Bouligeon résume son mandat en une phrase : "le 19 juin, je serai élu ou battu, mais au moins je pourrai me regarder dans une glace." De fait, il a été de tous les combats et de tous les votes de la Macronie. Il a participé à 98% des votes solennels de l'Assemblée nationale selon le site Datan.fr, et a voté à 96% sur la même ligne que son groupe politique.

Président du groupe d'étude parlementaire sur le sport, co-auteur avec la sénatrice Françoise Gatel d'un rapport pour "faire de la France une vraie nation sportive", auteur d'une proposition de loi avec le même titre, François Cormier-Bouligeon voit dans la discipline sportive une "activité essentielle", et même politique.

C'est une activité qui construit le corps de nos jeunes, mais aussi l'esprit. Ça apprend à se dépasser dans un cadre de règles, et ça les rend acteurs de leur club [...] Je considère que les 300 000 clubs sont l'un des derniers lieux, avec l'école, où l'on forge du commun

François Cormier-Bouligeon, député sortant de la 1ère circonscription du Cher

L'école et le droit qu'a chacun de s'instruire

Former des citoyens par le sport et l'école recoupe une autre passion de François Cormier-Bouligeon. Il s'agit de celle qu'il porte à un "républicanisme de progrès", mettant notamment l'accent sur des valeurs universalistes et une conception de la laïcité proche de celle du Printemps républicain. Il s'est en particulier placé sous le feu des critiques, après ses prises de position contre le port du voile islamique, outil selon lui de l'islam politique et du salafisme.

Très présent sur le réseau social Twitter, François Cormier Bouligeon voit d'ailleurs le champ lexical de la république et de la laïcité revenir très souvent dans ses discours, devant son autre passion, le sport.

Fier d'une vision très "troisième République" de "l'instruction publique", expression qu'il préfère à celle "d'éducation nationale", François Cormier-Bouligeon assume des combats qui, pour lui, n'ont rien "d'old school". Au contraire, la rémunération des enseignants, leur formation, le respect de leur autorité, sont centrales à ses yeux. "Ferdinand Buisson disait que l'école de la République doit former des républicains, ça veut dire à la fois transmettre des savoirs fondamentaux et transmettre des principes et des valeurs", insiste le député sortant.

Les enseignants avaient une triple rémunération de leur métier : symboliquement, ils ont perdu leur statut l'autorité sur les élèves et la rémunération. Au cours des mandats précédents, ils ont perdus sur les trois tableaux

François Cormier-Bouligeon, député de la 1ère circonscription du Cher

"Et c'est pour cela qu'une de mes premières priorité c'est l'éducation." Et, certes, la majorité "a encore du pain sur la planche" après ce premier quinquennat marqué par le bilan contrasté du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Une Sologne libre, sans grillage

L'autre dossier que François Cormier-Bouligeon porte près du cœur, c'est celui de l'environnement, et en particulier le combat contre l'engrillagement de la forêt française, et surtout en Sologne. Depuis des années, de grandes propriétés confisquent des milliers de kilomètres carrés du patrimoine naturel solognot, donnant lieu à des chasses privées où des centaines d'animaux sont parfois abattus à la fois, sans aucune chance de s'échapper.

"Je suis le premier parlementaire à m'être emparé du sujet" affirme François Cormier-Bouligeon, qui a déposé une proposition de loi "contre l'engrillagement des forêts françaises" en novembre 2021. Malgré un consensus presque complet des usagers de la nature en Sologne (le sujet, chose rare, a même mis ponctuellement d'accord associations de chasseurs et militants anti-chasse), la proposition de loi n'a pas pu aboutir sous cette législature, la faute à "une opposition très importante" de grandes fortunes qui voient leurs intérêts menacés.

"En voulant protéger la Sologne, je m'en suis pris à des intérêts importants, qui ne sont pas restés inertes", estime François Cormier-Bouligeon. Il évoque notamment des plaintes déposées pour diffamation "contre des gens avec lesquels je travaille" par l'un de ces grands propriétaires. Mais aussi "des attaques plus fines", en faisant déposer, avant que son propre travail "de concertation et de rédaction juridique" ne soit fini, des propositions de lois concurrentes "par des collègues qui ne s'en étaient jamais préoccupés jusque là".

L'ancien LR passé à Reconquête, Guillaume Peltier, avait en effet fait une proposition de loi en janvier de la même année sur le même sujet, mais celle-ci, renvoyée en commission, "ne fait que protéger le statu quo", estime le député du Cher. En octobre, ce fut au tour du sénateur LR du Loiret Jean-Noël Cardoux, qui a déposé son propre texte, voté en première lecture en janvier 2022. "Il s'agit d'un travail d'orfèvre", ironise le député du Cher, "j'ai pris une grande leçon de politique, même si je ne suis pas sûr de la suivre". "Il a réussi à inclure deux dispositifs... qui la rendent inapplicable !"

"Je dois ajouter que je ne suis ni anti-chasse, ni anti-grandes fortunes", note cependant François Cormier-Bouligeon, qui note que certains grands propriétaires n'ont pas engrillagé leur terrain. "Tout le monde est le bienvenu en Sologne, à condition de respecter la Sologne, et de revenir à une pratique éthique de la chasse."

Dans la première circonscription du Cher, six autres candidats sont présents. Les Républicains sont représentés par David Dallois, la Nupes par le jeune candidat PS Alex Charpentier et le Rassemblement national par Julie Apricena. A l'extrême-droite, on retrouvera aussi le candidat de Reconquête, Adrien-Laurent Bernelle, et celle des Patriotes, Karine Béringer. Enfin, Sylvie Cerveau se présente sous l'étiquette Lutte ouvrière.