Pourquoi les agriculteurs occuperont la rocade pour une "opération escargot" ce 17 février à Bourges

Baisse des prix dans la grande distribution, plan pollinisateurs, référendum pour les animaux... Les agriculteurs du Cher se disent submergés par l'accumulation des réglementations, et demandent à rencontrer le maire et le préfet.

Une manifestation d'agriculteurs à Vesoul, en 2019 - Photo d'illustration
Une manifestation d'agriculteurs à Vesoul, en 2019 - Photo d'illustration © MAXPPP

"Vous nourrir, nous soutenir !" C'est le mot d'ordre lancé par la FNSEA, syndicat considéré comme plutôt partisan de l'agriculture industrielle, et les Jeunes Agricultures (JA) du Cher, qui ont appelé à une opération escargot sur les routes de Bourges, ce mercredi 17 février à 11h.

"Ils convergeront ensuite vers le centre-ville de Bourges pour un rassemblement sur la place de l’Europe", précise le communiqué transmis aux médias. Les agriculteurs souhaitent s'entretenir avec le préfet du Cher, Jean-Christophe Bouvier, et le maire socialiste de Bourges, Yann Galut.

La raison de cette mobilisation, selon les syndicats, est le phénomène de "sur-réglementation" qui complique la vie des agriculteurs. La FNSEA et les JA donnent plusieurs exemples. D'abord, l'interdiction des tracteurs sur la rocade de Bourges. "Aujourd’hui, la majorité de la rocade est interdite aux tracteurs et les agriculteurs doivent passer par le centre-ville de Bourges. Est-ce vraiment logique ? Sécurisant ?" interrogent les professionnels, qui opposent à la réglementation actuelle la "nuisance supplémentaire pour les urbains".

Le "plan pollinisateurs", au coeur des crispations

Ils s'insurgent aussi, depuis sa présentation le 18 décembre, contre le "plan pollinisateurs"  du gouvernement qui vise essentiellement à protéger les insectes des produits phytosanitaires. Selon les chiffres collectés par l'association environnementale GreenPeace, "les populations d’abeilles domestiques ont chuté de 25 % en Europe entre 1985 et 2005" alors même que "75 % de la production mondiale de nourriture dépend des insectes pollinisateurs", pour le rôle qu'il jouent dans la reproduction des plantes.

Mais pour les syndicats qui se rendront à Bourges ce mercredi, "l’utilisation de produitsphytosanitaire [est] indispensable à la santé des plantes". Si cet argument n'est pas présenté ici, les syndicats d'agriculteurs alertent régulièrement sur les craintes pour la compétitivité de l'agriculture française. Le plan imposera aussi aux agriculteurs qui pulvériseront ces produits de faire ce travail dans un délai de 3h à 5h après le coucher du soleil.

En plus de la pénibilité et des aménagements spécifiques au travail de nuit, les syndicats craignent que cette obligation n'alimente encore l'agri-bashing, le manque de considération des agriculteurs dans l'opinion publique. "Comment se faire accepter de la société quand on oblige les agriculteurs à faire du tapage nocturne ?" interrogent la FNSEA et les JA.

Le retour de la guerre des prix

Les représentants agricoles attirent aussi l'attention sur le traitement de faveur réservé selon eux aux acteurs de la grande et moyenne distribution (GMS). En effet, les grandes surfaces ont axé leurs efforts sur le maitien du pouvoir d'achat au coeur de la crise sanitaire. Mais si la loi Egalim de 2018 devait imposer des marges minimum pour garantir les revenus des producteurs, les discussions sont au point mort. Les agriculteurs s'inquiètent donc du retour de la guerre des prix.

Référendum pour les animaux : le soutien de Yann Galut ne passe pas

Enfin, dernière raison de la colère pour la FNSEA et les JA, le soutien du maire de Bourges, Yann Galut, à un référendum d'initiative publique sur la question animale. L'élu avait de fait communiqué en faveur de cette cause, et contacté à ce sujet les députés régionaux. "Ce RIP est soutenu par des associations tel que L214 et AVA", fulminent les représentants syndicaux. L'association pour la cause animale L214 met en effet régulièrement en place des effractions dans les exploitations, afin de documenter en vidéo les conditions d'élevage.

L'une des propositions de ce référendum concerne la fin de l'élevage intensif, et ses créateurs se positionnement contre les élevages en bâtiment fermé. "Des vaches à l’abri dans une étable l’hiver, c’est de l’élevage intensif pour les associations partenaires du RIP !" répondent les organisations agricoles. Ils seront en tout cas au rendez-vous ce 17 février pour leur opération escargot sur la rocade de Bourges.

 

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