Procès des braqueurs de bijouterie : “une balle dans la jambe des balances”

De nombreux accusés s'échinent encore à démontrer leur innocence, n'hésitant pas à intimider parfois leurs co-accusés. / © France 3 Centre-Val-de-Loire
De nombreux accusés s'échinent encore à démontrer leur innocence, n'hésitant pas à intimider parfois leurs co-accusés. / © France 3 Centre-Val-de-Loire

La seconde semaine du procès des braqueurs de l'atelier de joaillerie de Saint-Amand-Montrond s'est ouvert hier, dans une ambiance toujours tendue. 

Par Yacha Hajzler

Ils sont tous visiblement très conscients de l'enjeu. Les sept personnes accusées de la séquestration du couple Garcia et du vol de l'atelier de joaillerie de l'époux ont été de nouveau présentées hier aux assises de Bourges pour la seconde semaine de procès. Deux autres personnes comparaissent à leurs côtés, accusés principalement de recel et d'association de malfaiteurs. 

Tous encourent des peines très lourdes : trente ans de réclusion criminelle pour certains, la perpétuité pour d'autres. Si plusieurs, à l'instar de Giovanni Fallone la semaine dernière, ont fini par reconnaître leur participation, d'autres s'escriment encore à plaider leur innocence. 

Les menaces des uns, les cafouillages des autres​


C'est le cas par exemple des deux "parisiens", Nicolas Larbaneix et Loïc Estève qui, en plus de contester leur implication, ont veillé à ce que les choses soient claires. "Leur règle c'est : une balle dans la jambe des balances, reprend Eugène Bangoura, l'avocat du couple Garcia. Ceux qui ont eu la tentation de parler, aujourd'hui sont extrêmement effrayés par ce qui leur est promis..." 

Est-ce la raison de ces versions qui se contredisent, de ces témoignages imprécis et de ces hésitations ? Pour Eugène Bangoura, c'est certain : "Je pense que derrière tout ça, il y a un pacte, avec la volonté de laisser en dehors de la justice ces personnes dont on peut avoir peur."

L'ombre de la prison


Mais ce n'est pas la seule pression qui s'exerce sur les accusés. La peine encourue plane au-dessus d'eux, et leur fait une drôle d'ombre... Comme à Miguel Tapia Jimenez. C'est lui qui est accusé du recel des bijoux volés, et qui s'échine à la barre à s'extraire de l'affaire.

Sandrine Barré, son avocate, rappelle ce qui pèse sur son client, tout en appuyant sa cause. "On a un stress énorme, puisque mon client encourt 30 ans, ça n’est pas rien ! Moi je considère qu’il est constant dans ses déclarations, puisqu’il fait partie des seuls de ces accusés, qu’on connaît depuis maintenant 10 jours, qui a constamment dit la même chose en ce qui le concerne." 

D'autant que la prison, on le sait, ne protègera pas non plus des représailles. Antoine Witz, lui, s'est présenté comme un exécutant, ne connaissant pour ainsi dire pas les détails du braquage. "On lui demande de mettre en cause un certain nombre de personnes, ce à quoi il se refuse parce qu'il a peur des représailles, dont on sait qu'elles sont avérées." Witz a déjà été victime de violences en maison d'arrêt. 

Le doigt de la Justice en suspens


Le climat pourtant, ne semble pas tourner à la faveur de ceux qui se plaident innocents. "J’ai le sentiment quand même que compte tenu de la gravité des faits, des conséquences et de la personnalité des uns et des autres, il pourrait y avoir des sanctions graves et lourdes." conclut gravement Eugène Bagoura. 

L'avocat général présente en ce moment ces réquisitions. Les neuf avocats de la défense lui succèderont ensuite, jusque jeudi soir, annonçant de longues heures confinés aux assises de Bourges. Le verdict, lui, sera connu vendredi 16. 

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