Tags dénonçant un génocide à Gaza : le tribunal administratif annule l'expulsion d'un étudiant chinois

L'étudiant en master à l'école nationale supérieure d’art (ENSA) de Bourges pourra finalement rester en France. Le tribunal administratif d'Orléans annule l'obligation de quitter le territoire français prononcée par la préfecture du Cher. Le jeune homme était mis en cause pour des tags jugés antisémites.

La justice vient d'annuler la décision de la préfecture du Cher. Jeudi 28 décembre, le tribunal administratif d'Orléans invalide l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) prononcée le 13 novembre à l'encontre d'un étudiant chinois inscrit à l’Ecole nationale supérieure d’art (ENSA) de Bourges. Une information de nos confrères de Libération, confirmée par la directrice de l'école d'art. 

Un tag jugé antisémite au cœur de l'OQTF

Au cœur de cette mesure, des tags sur des panneaux de chantier, réalisés un mois plus tôt, en face de l'établissement. L'étudiant, reconnu après visionnage des caméras de vidéosurveillance de la ville, dénonçait l'existence d'un génocide à Gaza, dans le cadre du conflit entre le Hamas et Israël. "Il avait dessiné un avion orné d’une étoile de David bombardant un hôpital, inscrit « Arrêtez le génocide contre les Palestiniens ! » et « A bas le zionisme ! »" indiquent nos confrères du journal Le Monde

Des écrits qui n'ont pas été retenus comme pouvant faire l'apologie du terrorisme, mais jugés antisémites. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin avait ainsi souligné au préfet local que l'expulsion des étrangers délinquants est une priorité fixée par le gouvernement. 

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), le ministre égraine régulièrement le sort de personnes connues de la justice et expulsées en dehors du territoire français. 

Une école d'art mobilisée 

En plus de devoir quitter le territoire, cet étudiant chinois avait interdiction de revenir dans l'hexagone pendant trois ans, suite à un tag "qui a pu être mal compris", déclarait l'avocat du jeune homme au micro de France 3 Centre-Val de Loire "évidemment qu'il le regrette". Son client sortait alors tout juste de deux jours de rétention administrative à Rennes : "ça ne mérite pas une expulsion, ni d'empêcher cet étudiant brillant d'obtenir son diplôme". 

La situation du jeune homme avait fait réagir dans son école. Sur le compte Instagram @mobilisationensabourges, une lettre adressée au préfet du Cher avait été publiée mi novembre. "L'ensemble des équipes enseignantes, personnels administratifs, étudiants et étudiantes demandent la suspension immédiate des décisions administratives" pouvait-on lire. Suite à l'annulation de l'OQTF par la justice, la directrice de l'établissement ne souhaite pas s'exprimer.

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