La ville de Bourges à nouveau condamnée à payer pour le débordement du lac d'Auron en 2016

Le tribunal administratif d'Orléans a condamné le 24 juin 2020 la ville de Bourges à payer 150 000 euros à l’assureur de 2 sinistrés après le débordement du lac d'Auron à Bourges en juin 2016. C'est la seconde fois que la commune doit indemniser des compagnies d'assurance.

Le 3 juin 2016, la crue de l'Auron a provoqué le débordement du lac artificiel et d'autres rivières en aval, noyant de nombreuses habitations du centre-ville de Bourges.
Le 3 juin 2016, la crue de l'Auron a provoqué le débordement du lac artificiel et d'autres rivières en aval, noyant de nombreuses habitations du centre-ville de Bourges. © Stéphanie Para/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP
La facture liée aux inondations de 2016 s’alourdit pour la ville de Bourges. Le tribunal administratif d’Orléans a estimé, mercredi 24 juin 2020, que les dégâts causés à deux sinistrés étaient bien consécutifs au débordement du lac d’Auron. La mairie de Bourges a donc été condamnée à rembourser 91 893 euros et 65 056 euros à l’assurance des deux riverains.

La ville déjà condamnée en 2019

C’est la seconde fois que la ville doit mettre la main au porte-monnaie pour rembourser une compagnie d’assurance. En mai 2019, la ville de Bourges avait déjà été condamnée à verser 100 000 euros à Aviva, l'assureur de cinq sinistrés.
 
"Dans cette histoire, il ne faut pas oublier la responsabilité de l'Etat qui était représenté dans la cellule de crise ce 2 juin 2016. Je n'ai pas pris les décisions seul. Les décisions concernant la gestion des bassins et des ouvrages revient à l'Etat", expliquait alors Pascal Blanc, le maire de Bourges.

Retour sur les inondations

Le 2 juin 2016, le lac d'Auron, une retenue d’eau de 73 hectares située à 2 kilomètres du centre-ville de bourges, avait commencé à déborder. L’eau était ensuite montée de 50 cm en une heure pour atteindre les premières habitations de la rue Lanzenay en début d'après-midi. Des dizaines de foyers avaient été sinistrés et une centaine d'élèves de l'école élémentaire Jean Macé avait dû être évacuée.
 
Une première société d'assurances avait alors poursuivi la Ville "en réparation des préjudices des pluies torrentielles des 2 et 3 juin" et "résultant d'un défaut d'entretien du système de régulation du niveau des eaux du lac d'Auron"

Les causes du débordement

A l'origine de ce débordement, "un dysfonctionnement du vérin de manœuvre d'une des pelles de régulation du niveau des eaux du lac d'Auron", constatait en mai 2019 le tribunal administratif d'Orléans qui observait alors "un défaut d'entretien des pelles ainsi qu'une absence de manœuvre par les services de la ville de Bourges de la seconde pelle de régulation du niveau". C’est cette absence de manœuvre qui a à nouveau influencé le tribunal administratif dans sa décision de juin 2020. La ville de Bourges a deux mois pour faire appel.
 
 
La ville de Bourges échappe à la plus grosse demande d’indemnisation
Une autre requête d’assureur, la MAAF cette fois, a en revanche été rejetée par le tribunal administratif d’Orléans. Le préjudice lié au débordement du lac d’Auron y est estimé à 230 000 euros, soit l’indemnité la plus importante demandée par l’assurance d’un sinistré jusqu’ici. Cette dernière a deux mois pour faire appel.
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