Guerre en Ukraine : le statut de protection temporaire au secours de réfugiés dans le Cher

Publié le Mis à jour le
Écrit par Catherine Lacroix .

La nouvelle va apporter un peu de baume au cœur de ceux qui ont dû abandonner leur maison. En activant, pour la première fois depuis sa création, son mécanisme de "protection temporaire", l’Europe va leur permettre de retrouver une vie plus normale.

C’était une décision très attendue pour les familles arrivées sur le sol de l’Union européenne. Jeudi après-midi, les ministres de l’Intérieur des vingt-sept, réunis à Bruxelles, ont donné leur feu vert, à l’unanimité, au déclenchement immédiat du dispositif européen de "protection temporaire" visant à faciliter et accélérer leur accueil.

C’est une mesure inédite : cette directive existe depuis mai 2001, mais Bruxelles ne l’avait jamais utilisée auparavant, que ce soit pour les réfugiés venus de Syrie ou ceux d'Afghanistan par exemple. Elle témoigne de la solidarité totale que revendique l’Europe avec le peuple ukrainien en particulier, et des spécificités de la situation.

Selon les règles actuelles, les Ukrainiens peuvent déjà entrer dans l’UE sans visa, grâce à leur passeport biométrique. Mais pour une durée de trois mois seulement. Etant donnée la situation, il faut anticiper. Ce statut permet aux Ukrainiens de résider d’emblée pour une année sur le territoire de l’UE.

Mieux : le statut peut durer jusqu’à trois ans, en cas de nécessité et d’impossibilité à rejoindre leur pays. "Tous ceux qui fuient les bombes de Poutine sont les bienvenus en Europe. Nous fournirons une protection à ceux qui cherchent un refuge et nous aideront ceux qui cherchent à rentrer chez eux", avait déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dès mercredi. 

Faire face à l'urgence

Cette mesure apporte aux réfugiés des droits importants : à la santé, au logement, à l’éducation et au travail. Le travail, d’abord pour ces gens arrachés à une vie normale et qui se retrouvent aujourd’hui dépourvus de tout. Comme en témoigne Nadia Essayan, députée MoDem du Cher, alertée par la situation d’une famille arrivée à Mehun-sur-Yèvre à la veille du déclenchement de la guerre, et qui vit aujourd’hui un exil forcé. 

"Actuellement, c’est une famille qui n’a aucun moyen, explique l'élue. Ils sont venus sur le conseil d’amis français." La guerre a éclaté depuis, et ils n'ont aujourd'hui "plus de profession, donc plus de ressources, ils n’ont plus accès à leur compte en banque, tout est bloqué". Nourriture et hébergement doivent donc leur être fournis. "Ils sont dans un gîte mis à disposition gracieusement, mais cela ne va pas pouvoir durer, car la saison touristique va débuter."

Ce statut de protection temporaire permet donc aux associations d’entamer immédiatement les démarches nécessaires à leur insertion. Et pour beaucoup, cela devra passer par la case linguistique. "L’urgence, c’est peut-être qu’ils apprennent le français dans un premier temps, pour qu’après ils puissent travailler, pour pouvoir s’intégrer au plus vite", confie Nadia Essayan :

Pour le moment ils sont à la fois dans l’urgence de pouvoir se débrouiller et en même temps encore sous le choc, le traumatisme, et le suivi de la situation dans leur pays, quasiment nuit et jour.

Nadia Essayan, députée MoDem du Cher

Car, bien sûr, comme beaucoup d’Ukrainiens qui arrivent dans l'Union européenne, ils ont laissé derrière eux de la famille, des amis, des compatriotes, des logements, sans être sûrs de retrouver tout cela un jour. Ce statut permet aussi de ne pas renoncer à leur nationalité, puisqu’il offre à ceux qui le souhaitent de rentrer chez eux plus facilement, les démarches d'obtention de papiers sonnant souvent comme un renoncement à un retour au pays.  

Aujourd’hui, la solidarité s’organise "par le biais de la mairie", explique Nadia Essayan. C’est le cas des propositions d’asile faites par des habitants. Il faut les déposer dans sa mairie, qui se charge de les faire remonter au bon interlocuteur. Tout comme les dons en matériel dont la liste est disponible au même lieu.    

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