Shiba Inu : un élevage de chiens japonais a pris racine dans le Cher en pleine pandémie

Publié le Mis à jour le
Écrit par Catherine Lacroix
Un Shiba Inu
Un Shiba Inu © Temple Okami élevage de shiba Inu

Les Shiba Inu sont une race de chiens japonais, très prisée des Suisses. Un couple d’éleveurs de ce pays a pourtant choisi de s’installer en plein Berry, afin de trouver une denrée rare dans leur pays : l’espace. Leur aventure a été filmée par la TSR, la télévision suisse.

C’est un des programmes phares de la TSR. Diffusé en prime time sur TSR1.  Pendant six épisodes d’une heure, on suit trois couples qui ont décidé de quitter leur pays pour de nouvelles aventures. Parmi eux Christine et Didier Mottaz Saldago, éleveurs de Shiba Inu qui se sont installés dans le Cher à Foëcy, à deux pas du village médiéval de Moulins-sur-Yèvre et des ruines de son château.

L'élevage s'appelle le temple Okami, du nom du premier chien qu'ils ont eu.

Leur participation à l’émission : un défi pour arriver à quitter leur pays

Comme Didier nous le confie "on regardait cette émission tous les vendredi soir, et on s’est décidé à s’inscrire pour y participer". Christine abonde "on venait de nous dire que notre élevage était illégal, après plus de vingt ans d’existence." 

J’ai dit à Didier, si tu trouves un autre endroit ailleurs qu’en Suisse, mes valises sont prêtes. Et deux heures après, il avait trouvé un élevage en vente, en France, dans le Cher.

Christine

En Suisse, nous explique Didier, une installation ne peut excéder 2500 m2, un élevage canin ne peut pas s’implanter sur des terres agricoles, et les terres industrielles atteignent des prix impossibles à assumer. À la tête d’une quarantaine de chiens, Didier, très soucieux du bien-être animal, ne pouvait pas avoir les installations qu’ils souhaitaient pour mener un élevage de qualité.

Seule solution : s’expatrier. Ils ont donc sauté le pas pour leurs animaux.

Une installation périlleuse avec la pandémie  

Trouvé en plein mois de Mars 2020, l’élevage était impossible à visiter à cause du Covid et des restrictions de déplacement. Ils ont dû attendre la mi-juin pour enfin voir l’endroit et ont signé dans la foulée, dès le lendemain, précise Didier. Leur projet avait entre-temps avancé à pas de géant, et leur arrivée s’est faite très vite. 

Le couple a sollicité une ancienne stagiaire normande, Ludivine, venue en Suisse quelque temps auparavant pour travailler, et elle a immédiatement répondu présente, emmenant dans ses valises son copain, dont les connaissances ont été bien utiles à la remise aux normes suisses des locaux, et des améliorations souhaitées par Didier, qui décidément, ne rigole pas avec l’accueil et le confort de ses chiens.    

"Ces chiens sont nos bébés"

Christine, qui fut professeur de piano dans une première vie, s’est lancée dans l’élevage, après de graves ennuis de santé, l’obligeant à prendre des précautions. C’est elle qui suit les mises bas et s’occupe "comme une maman" des chiots. Sans oublier bien sûr de nourrir tout le petit monde canin et humain qui vit sur l’élevage.  

Afin de ne pas risquer de problèmes, Didier a fait de 2020 une année blanche concernant les saillies.

Seule une chienne a donné quatre petits en fin d’année. Qui ont tout de suite trouvé preneurs. Le couple ne laisse pas partir les chiots comme cela. Il faut que ceux qui les achètent prennent bien conscience de la responsabilité qu’ils vont endosser. Didier n’est pas avare de conseils et de recommandations. Ils ne cachent rien à leurs clients. Vendre un chiot c’est sérieux, et l’élevage tient à sa réputation.

Acheter un Shiba Inu n’est d’ailleurs pas à la portée de toutes les bourses. "En Suisse, les chiens étaient vendus 2500 francs suisses, soit environ 2200 euros. En France les prix pratiqués par les élevages sont plus chers. Nous, on a choisi de les commercialiser à 2500 euros, mais certains les vendent jusqu’à 3000 euros".

Les quatre premiers chiots français, visibles dans les reportages de la TSR sont partis sans difficulté. Après le temps nécessaire à leur apprentissage chez leurs éleveurs. 

 Didier nous confie que leurs clients viennent souvent de loin. Alors ils mettent à leur disposition un bungalow qui leur permet de prendre leur temps et de voir les chiens de l’élevage évoluer dans leur environnement.

Didier et Christine ont aussi leurs "chiens à la retraite". Celles qui ont fait leur compte de mise-bas. Ici tout le monde dispose d’espace, de promenades le long du Canal du Berry.

Depuis son arrivée, l’équipe de Didier s’est bien étoffée. "Nous avons actuellement trois apprentis et deux stagiaires" et Ludivine est repartie pour un an de formation, payée, pour parfaire ses connaissances et pouvoir prendre la tête de l’élevage en cas de maladie des éleveurs. Prévoyant comme un suisse, Didier est assez content du résultat de leur installation en Berry, notamment en ce qui concerne l’espace et la qualité de vie pour ses animaux. Ici tout n’est que calme, espace et sérénité.

En Suisse, l’élevage était coincé le long d’une route, dangereuse et très fréquentée. Lui et surtout Christine ont tout de suite adopté ce coin de Berry, et s’y sont fait des amis avec lesquels partager fondues et saucisses. "On n’a jamais connu ça dans notre pays. Là-bas, les gens sont beaucoup plus froids" nous confient-ils.

De nouveaux projets d’amélioration de l’élevage et un seul souci

De nouveaux projets vont bientôt prendre forme. Didier va installer le solaire et finir les travaux qu’il a prévus. "C’est comme si on était là depuis longtemps. On se plaît ici. Finalement on s’est très vite habitué aux différences entre les deux pays, il n’y a qu’un seul souci, mais il est de taille".

À cause de ce souci, le couple a décidé de déléguer à des français compétents dans ces domaines, tout ce qui est possible pour éviter les tracasseries administratives. Car le couple n’avait pas l’habitude d’avancer dans le labyrinthe très français des règles et contre règles qui viennent sans arrêt freiner tout projet.

Même pour obtenir un permis de conduire français ! Cela fait un an et plus qu’ils essaient. Et chaque fois on leur conseille d’écrire un mel, et on leur demande de nouveaux papiers. Un univers kafkaïen, très loin de la rigueur helvétique. 

Christine a mis un an pour avoir sa carte vitale, alors qu’elle devait suivre une rééducation de six mois après une chute. Des univers tellement différents de ce qu’ils connaissaient auparavant. Mais tout ceci n’empêche pas le couple de se sentir bien en Berry. Après vingt ans de vie commune, ils se sont même mariés ici.

Les clients sont présents grâce au bouche à oreille et au site internet de l’élevage.  Les clients suisses continuent de les contacter. Et 10 chiots attendent de rejoindre leurs familles. La vie continue. 

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