CARTE. Patrimoine industriel, Art déco, Moyen-Âge : découvrez les richesses de Vierzon

Et si on allait visiter Vierzon ? Nous vous proposons de découvrir la sous-préfecture du Cher souvent moquée à tort ! Elle cache un patrimoine très riche. Du Moyen-Âge, en passant par la Révolution industrielle à la période Art déco, on vous emmène pour un voyage dans l’Histoire de France au cœur du Berry.

Vierzon, cité souvent dénigrée. Ville complexée par sa réputation. Pourtant, Vierzon regorge de trésors cachés, qui se révèlent aux curieux qui souhaitent les chercher. 

Découvrir Vierzon, c’est faire un grand plongeon dans plusieurs époques qui ont marqué l’Histoire. Le Moyen-Âge avec son quartier médiéval, ses maisons à pans de bois, son beffroi et son musée des Fours banaux. Le 19ème siècle et l’Histoire de l’industrie en France, dans le quartier de l’ancienne usine de la Société Française. L'Art déco du 20ème siècle au square Lucien Beaufrère (ou jardin de l’Abbaye), classé monument historique depuis le 9 août 1996.

"Pour découvrir Vierzon, il faut pousser les portes"

Pour nous conter Vierzon, nous avons retrouvé Hugues Flamment, chargé de communication et des animations à l’Office de tourisme de Vierzon. 

Comme le disait Alain Fournier : "Pour découvrir le Berry, il faut écarter les branches." Pour découvrir Vierzon, il faut pousser les portes.

Hugues Flamment

Nous commençons notre visite dans le vieux Vierzon.

En remontant la rue du Maréchal Joffre, nous arrivons rue du château et pénétrons dans le quartier médiéval. Nous admirons les nombreuses façades à colombages, vestiges du Moyen-âge. Puis, l'imposant Beffroi nous fait face. Tel un œil ! Avec sa position centrale, situé à l’entrée et la sortie de la ville, il avait un regard sur tout ce qui se passait.

Collé au Beffroi, se trouve un petit musée : le musée des Fours banaux. C'est un endroit incontournable du vieux Vierzon où l'on peut découvrir deux fours banaux du XVème siècle, les plus anciens de la région Centre-Val de Loire. Le four banal était un four à bois mis à disposition des habitants par le seigneur. Son usage était imposé aux sujets qui devaient payer une redevance à chaque utilisation. A cette époque, le pain était l'aliment principal. Il fallait payer pour le cuire ! Les fours banaux ont été bouchés à la Révolution Française.

Dans ce petit musée, Hugues Flamment fait résonner l’horloge autrefois installée au sommet du beffroi qui date du XVème siècle.

Direction maintenant à l’église Notre-Dame qui fut un temple gallo-romain. Sous cette église, ce trouve une source qui est le point de départ de la ville de Vierzon. Inscrite aux Monuments Historiques, son clocher-porche du XIIIème siècle ne nous laisse pas indifférents. A l'intérieur, plusieurs chapelles dédiées à divers saints du Moyen-âge dont Sainte Perpétue, Patronne de Vierzon. Nous admirons le vitrail de la Crucifixion, du XVème siècle, classé Monument Historique et le tableau de Saint Jean-Baptiste peint par Jean Boucher, peintre berruyer.

Le patrimoine industriel, l’ADN de Vierzon

Ce qui frappe en arrivant à Vierzon, ce sont ces grandes artères, témoins du passé ouvrier de la ville et des activités des usines de la Société Française installées à Vierzon au 20ème siècle. L'entreprise fabriquait des machines agricoles, il fallait de grandes axes pour leur transport.

Nous voici sur l’esplanade la Française, site des anciens ateliers de fonderie de la Société Française. Lieu stratégique, situé entre le canal de Berry et le chemin de fer, et aussi haut lieu emblématique du patrimoine industriel vierzonnais. De style Eiffel, la façade métallique et en brique vernissée du bâtiment nous fait face.

Petit cours d’histoire sur l’industrialisation de Vierzon : Tout a commencé en 1779, avec l’installation des premières forges à hauts fourneaux par le Comte d’Artois futur Charles X qui avait vu le potentiel de la position centrale en France de Vierzon. L’essor économique sera ensuite renforcé par la création du canal de Berry en 1830 et l’arrivée du chemin de fer 1847. Cette ligne de chemin de fer continue encore à l'heure actuelle, à faire de Vierzon un carrefour ferroviaire important.

Après la métallurgie, s’installe les manufactures de verre et de porcelaine de Berry en 1816. Les fours à globes sont toujours présents, voisins de la friche de la Française. Ils sont en cours de restauration. En 1848, arrive l’activité du matériel agricole, puis la confection. En 1920, Vierzon comptait pas moins de 600 entreprises !

Aujourd’hui, les anciennes friches appelées B3 ont une seconde vie. Un espace dédié aux loisirs (cinéma, bowling) a été aménagé et un campus numérique doit ouvrir en 2023. Quant aux travées restées en l’état, elles accueillent actuellement la Biennale d’art contemporain du frac délocalisée à Vierzon jusqu'au 1er janvier 2023.

Situé en face, le musée de Vierzon raconte ce riche passé industriel.

Le square Lucien Beaufrère, joyaux de l'Art déco

Dans les années 20-30, Vierzon est en plein essor industriel. La construction du square Lucien Beaufrère, classé monument historique depuis 1996 est l’un des seuls jardins Art déco classé en France. Sur un ilot entre la rivière de l’Yèvre et le canal de Berry, le jardin a été créé durant l’Entre-deux-guerres par l'architecte Eugène-Henry Karcher. Son projet : créer un jardin de la paix, après les massacres de la guerre 14-18.

Le point de départ de notre visite est le monument aux morts. C’est l’un des seuls monuments aux morts pacifistes en France. Sa particularité : rendre hommage à tous, à la fois aux soldats, mais aussi aux femmes et aux enfants. Un des bas-reliefs salue les savoir-faire et métiers en activité à cette époque à Vierzon : de la métallurgie, aux métiers de la confection en passant par les métiers paysans.

Inauguré en 1933, ce monument aux morts pacifiste a été construit et érigé tardivement après la fin de la première mondiale. Les esprits s’étaient calmés…

Hugues Flamment

Autour de ce monument aux morts, se trouvent un auditorium, un lavoir, un kiosque à musique et un bassin avec des fontaines. L’ensemble est remarquable et grandiose. De chaque côté du grand bassin de 25 mètres de long, des lanterneaux rouges et noirs, en fer forgé qui utilisent l'une des dernières avancées technologiques de l’époque : l’électricité ! Ce jardin public a été l’un des premiers en France à bénéficier de l’électricité.

Le bassin rend également hommage au savoir-faire vierzonnais avec les mosaïques réalisées en petits carreaux de grés flammés par la manufacture Denbac.

Ce jardin, véritable poumon vert dans la ville est une carte postale à 360 degrés. Nous voyons sur les hauteurs la partie médiévale et le clocher de l’église Notre-Dame, le patrimoine industriel n’est pas oublié dans les sculptures présentes dans le square lui rendant hommage, et en contre bas coule le canal de Berry, actuellement en plein essor touristique.