Colis, lettres, livraisons : Un risque de contamination au coronavirus ?

Le coronavirus peut survivre sur les surfaces inertes comme les colis ou les lettres pendant plusieurs heures voire plusieurs jours. / © Faustine Leo /LE PARISIEN/MAXPPP
Le coronavirus peut survivre sur les surfaces inertes comme les colis ou les lettres pendant plusieurs heures voire plusieurs jours. / © Faustine Leo /LE PARISIEN/MAXPPP

Le Covid-19 peut survivre plusieurs heures voire plusieurs jours sur certaines surfaces inertes. Alors que les français peuvent être tentés d’avoir recours à la livraison à domicile pour s’en prémunir, les entreprises du secteur prennent-elles les précautions nécessaires pour leurs clients ?

Par Amélie Rigodanzo

L’organisation mondiale de la santé (OMS) reste prudente sur le sujet faute de recul suffisant sur la nouvelle épidémie de Covid-19. Cependant, en se basant sur les études menées sur les autres coronavirus et sur les études préliminaires du Covid-19, il semble que le coronavirus puisse persister sur les surfaces quelques heures à plusieurs jours en fonction de la matière, de la température ou de l’humidité ambiante.

Est-ce risqué d'aller récupérer son courrier dans sa boite aux lettres ? Recevoir un colis ou commander un repas sur Uber eats ? Chacun s'est posé la question.
Dans un communiqué, La Poste se veut rassurante et assure avoir mis en place toutes les mesures nécessaires à l’application des gestes barrières dans ses bureaux, centres de tri et avoir doté tous ses collaborateurs de gel hydroalcoolique. Mais sur le terrain, les agents constatent une réalité bien différente. La CGT/FAPT d’Indre-et-Loire alerte dans un communiqué de presse daté du 18 mars sur la situation dans les bureaux du département :

L’accès à des points d’eau et la possibilité de se laver les mains dans de bonnes conditions sans risque de contamination ne sont pas mis en place et ne sont pas organisés, les gels hydro alcooliques, lingettes, gants et autres outils « barrières » ne sont pas, ou en nombre très insuffisants, mis à disposition dans les services, Les outils de « distanciation » sont insuffisants,

dénonce le texte syndical.

"Depuis, la situation s’est améliorée", reconnaît Laurent Lecomte, secrétaire général CGT/FAPT d’Indre-et-Loire. Du gel hydroalcoolique est notamment arrivé dans les bureaux de poste.

Mais depuis le début de la crise et jusqu’à aujourd’hui, on a dû faire le travail sans protections, déplore le syndicaliste. La consigne de la direction est claire : aucun agent ne doit sortir en distribution s’il n’a pas de gel hydroalcoolique sur lui, explique t-il.

"Si on ne protège pas nos collègues, on ne protège pas la population. L’un ne va pas sans l’autre"

Toujours selon le syndicaliste, La Poste disait ne comptabiliser hier que 4% d’agents dépourvus de gel et donc contraints d’exécuter d’autres tâches que la distribution.

Mais dans les faits, ils ont dû sortir quand même faire leur boulot avec tous les risques que cela implique pour eux et pour les clients. Et si on ne protège pas nos collègues, on ne protège pas la population. L’un ne va pas sans l’autre.

Pour les "remises contre signatures" comme certains colis et les recommandés, La Poste envoie un SMS que le client doit valider. Le recommandé est déposé dans la boîte aux lettres et le colis à l’entrée du domicile. "Mais encore faut-il que le client réponde au sms...", souligne Laurent Lecomte.

Des consignes strictes du ministère de l'économie pour les livreurs de repas à domicile

Autre service encore autorisé et largement utilisé en cette période de confinement : la livraison de repas à domicile. Peut-on être sûrs de ne prendre aucun risque en commandant un petit plat livré par Uber Eats ou deliveroo ?

Pour pouvoir répondre à cette question , nous avons passé commande dans une enseigne de restauration livrée par Uber Eats, le leader du marché. Les mesures d’hygiène ont été respectées. Le livreur était muni d’un masque et a déposé le paquet devant la porte après avoir assuré s’être passé les mains au gel hydroalcoolique.
Rien à dire donc. Une application stricte des consignes dictées dans le "guide des précautions  sanitaires "édité par le Ministère de l’Economie. Mis en ligne le 15 mars 2020, le document explique la conduite à tenir par les livreurs, du prélèvement du repas dans le restaurant jusqu’à la livraison au client :
  • Le livreur dépose son sac ouvert et le personnel du restaurant place le repas directement dans le sac,
  • Lors de la livraison du repas, le livreur prévient le client de son arrivée (en frappant ou en sonnant),
  • Le livreur part immédiatement ou s’écarte d’une distance de minimum 2 mètres de la porte, avant ouverture de la porte par le client,
  • L’objectif est de ne pas se croiser.
Chez Domino’s Pizza, le leader de la pizza à domicile, un système de "livraison sans contact" a également été mis en place. L’option est cependant facultative et se choisit au moment de passer la commande en ligne ou par téléphone. Lorsque le livreur arrive, il sonne a la porte, pose la pizza sur une surface seine et recule de deux mètres jusqu’à ce que le client ouvre la porte et récupère son repas. Une option qui exige, par contre, de payer sa commande en ligne.
Dans tous les cas, difficile de savoir si tous les livreurs respectent ces consignes. L’OMS recommande donc, si vous pensez qu’une surface peut être infectée, de la nettoyer avec un désinfectant ordinaire pour tuer le virus, de se laver les mains avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon et d’éviter de se toucher les yeux, la bouche ou le nez.

 

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