Comment redonner vie à nos villages grâce à l'opération 1000 cafés, et tout le monde peut participer !

Il y a de moins en moins de cafés-bistrots dans les villages de France. Le projet 1000 cafés veut lutter contre ce phénomène qui empêche de tisser des liens sociaux. (Photos d'illustration dans le village médiévale de Fougères en Bretagne) / © MIGUEL MEDINA / AFP
Il y a de moins en moins de cafés-bistrots dans les villages de France. Le projet 1000 cafés veut lutter contre ce phénomène qui empêche de tisser des liens sociaux. (Photos d'illustration dans le village médiévale de Fougères en Bretagne) / © MIGUEL MEDINA / AFP

Il y a de moins en moins de vie sociale dans nos campagnes. Un constat partagé par les ruraux depuis longtemps. Ce qui sonne le glas bien souvent, c'est la disparition des commerces et notamment du café-bistrot du village. Une association a décidé de prendre le problème à bras-le-corps.  

Par Fabienne Marcel

La France comptait 600 000 bistrots en 1960, en 2016, il n'en restait plus que 34 000. On pourrait se dire et alors ? Mais ces rideaux fermés signifient bien souvent la fin du lien social dans le village, car c'est dans ces cafés qu'ont lieu des rencontres et des débats. Le Berrichon Sébastien Cherrier l'a bien compris. C'est la raison pour laquelle cet enfant du pays a créé un bistrot ambulant et il se déplace dans le Cher, de village en village.  Au-delà de l'aspect commercial, le bar-truck "C'est L'occaz" est devenu un lieu de rencontre pour les habitants du Cher. 
"Je déballe ma petite terrasse pour que les gens s'installent. J'ai un petit parasol pour abriter et mettre mes lumières. J'ai une petite gazinière dans ma camionnette pour faire le thé, le café et le vin chaud. Un frigo pour les bières aussi. Ca serait bien un petit système de chauffage aussi pour la terrasse, mais je démarre et tout mon mobilier, c'est que de la récup. Si une entreprise veut me sponsoriser, pas de souci, je suis preneur ! Les personnes me disent parfois qu'elles ont froid aux pieds, mais elles restent quand même. C'est vraiment sympa." En effet, toutes générations confondues, les clients sont plus que ravies (voir reportage à voir ci-dessous). 

 1000 cafés pour faire rebattre le coeur des villages

La mort des petits commerces dans les villages de France est un vrai sujet de société et une précoccupation pour les habitants mais aussi pour les élus des campagnes. Un groupe a décidé de se mobiliser pour faire rebattre le cœur des villages. Le groupe SOS (numéro un de l’économie sociale et solidaire en Europe (18.000 salariés, 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 550 établissements…) a lancé l’opération 1000 cafés en septembre 2019. L'objectif est clairement défini : revitaliser les petites communes rurales en ouvrant ou en reprenant 1000 cafés dans 1000 communes de moins de 3.500 habitants. "Le but est de créer un café par village, dans 1.000 villages. Nous ne voulons pas nous implanter dans une commune qui a déjà son bistrot", explique Chloé Brillon, directrice de projets dans le groupe SOS.
Le défi du groupe SOS est de résorber la fracture territoriale en faisant revivre le potentiel de chaque commune. Et ce, grâce à deux possibilités : reprendre des commerces fermés, faute de repreneur, ou bien, se lancer dans l’aventure en ouvrant un café qui n’existait pas auparavant. Le 12 septembre 2019, l'appel à candidatures était lancé. Aujourd’hui, le groupe SOS a reçu plus de 500 réponses au niveau national. 
 

Qui peut postuler ?

Il n’y a pas de délai pour se déclarer candidat. Les maires des communes de moins de 3.500 habitants peuvent proposer des lieux de création ou de reprise de cafés. Cependant, les particuliers intéressés doivent se rapprocher de leur mairie car cette dernière doit valider le projet. 

Plusieurs conditions sont également requises :
  •  Le café doit se situer dans une commune de moins de 3.500 habitants
  •  La commune ne doit pas disposer de café ou bien le café doit être menacé de fermeture 
  • La commune doit disposer ou avoir connaissance d’un local sur son territoire pouvant accueillir l’activité de café et de préférence, permettre le logement de deux salariés.
L'initiative du groupe SOS est soutenue par le gouvernement dans le cadre de "l'agenda rural", annoncé suite au grand débat. Jacqueline Gourault, la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales avait annoncé son soutien il y a quelques mois.

Y a-t-il déjà des candidats en région Centre-Val de Loire ? Pour le moment, aucun nom n’a été communiqué par le groupe SOS. Les candidats sélectionnés seront connus dans l'année 2020. 
 

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