Confinement : les adoptions d’animaux reprennent dans les refuges de la SPA en Centre-Val de Loire

Depuis le 16 avril, nos petits amis à poils peuvent être à nouveau adoptés en SPA et en refuge. / © Sylvie Duchesne / MaxPPP
Depuis le 16 avril, nos petits amis à poils peuvent être à nouveau adoptés en SPA et en refuge. / © Sylvie Duchesne / MaxPPP

La SPA (Société Protectrice des Animaux) est toujours fermée au public mais adopter un animal est désormais possible en respectant les gestes barrières. Dans les refuges de Luynes, Morée et Chilleurs-aux-Bois, les adoptions restent très sélectives.

Par Barbara Gabel

Sortir pour adopter un chien ou un chat. C'est ce qui est autorisé depuis le 16 avril, le ministère de l'Intérieur ayant accordé une "tolérance de déplacement" pour pouvoir adopter des animaux à la SPA (Société Protectrice des animaux) ou dans les refuges indépendants.
“Sans solution, on courrait à la catastrophe”, témoigne Alexandra Chauveau, responsable des refuges SPA de Morée en Loir-et-Cher et de Chilleurs-aux-Bois dans le Loiret, où respectivement 50 chats et 75 chiens, et 25 chats et 60 chiens sont accueillis actuellement. Si les refuges du Centre-Val Loire sont généralement moins saturés qu’au niveau national, la tension est constante. “La force du réseau SPA, c’est que l’on peut s’entraider : on a notamment aidé le refuge surpeuplé de Quimper en accueillant 7 de leurs chiens le 15 avril” Sans dérogation de sortie pour l'adoption d'animaux durant le confinement, les animaux en provenance des fourrières qui ne trouveraient plus de place nulle part auraient été euthanasiés.
 

Une seule personne autorisée à se déplacer

Depuis le 16 avril, le dispositif des adoptions solidaires permet en effet de libérer des places dans les refuges. La SPA a mis au point un système permettant de choisir son animal par Internet. En cas de coup de coeur virtuel, les adoptants doivent remplir un formulaire en ligne pour être contactés par le refuge pour un entretien téléphonique. C’est seulement si la candidature est retenue qu’il est possible de se rendre au refuge sur rendez-vous.

Sur place, la rencontre avec l’animal se déroule dans un parc de détente, à l’extérieur. Une procédure extrêmement sécurisée : “Une seule personne est autorisée à se déplacer, on lui donne une laisse et un collier neufs et si tout se passe bien, elle repart avec l’animal”, explique Naïs Venanzi, responsable du refuge de Luynes en Indre-et-Loire. Le dossier est complété en ligne et le chèque de caution déposé dans la boîte aux lettres. “On surveille de loin tout ce qui se passe, mais on n’entre pas en contact direct avec l’adoptant.” 

Des adoptions très sélectives

Au refuge de Chilleurs-aux-Bois, la première adoption dans le cadre du dispositif solidaire est prévue pour ce week-end. À Morée, seuls un chien et un chat ont été adoptés. “Ce n’est pas une course à l’adoption”, commente Alexandre Chauveau. “Le but est de bien faire les choses et de renseigner les futurs adoptants.” Les refuges prennent en effet le temps d’appeler chaque candidat pour comprendre leurs envies et leur demander de bien réfléchir.

La responsable des refuges de Morée et de Chilleurs-aux-Bois insiste : le mode de vie des personnes et les besoins de l’animal doivent être en adéquation. Et donne l’exemple du husky, une race particulièrement convoitée. “Tout le monde veut un husky. Mais c’est un chien qui a des besoins très spécifiques : il est très dynamique et a besoin de courir tous les jours. Pendant l’entretien téléphonique, c’est là qu’on se rend compte si l’adoptant est capable de répondre à ce chien ou pas.” 
Même démarche à Luynes, où seules deux adoptions ont eu lieu depuis la mise en place de la dérogation. Une troisième doit avoir lieu ces prochains jours après “décision unanime de toute l’équipe” sur le choix de la famille : un couple qui souhaite adopter Caramel, un petit croisé Jack Fox de 8 mois, à l’adoption depuis 3 semaines. Si des centaines de demandes sont reçues par les refuges chaque jour, la grande majorité des personnes qui remplissent des formulaires d’adoption sont invités à venir au refuge après le déconfinement. En effet, la responsable du refuge de Luynes ne souhaite pas placer d’animaux dans des familles confinés chez elles. “Le retour à la réalité ferait beaucoup trop de mal à l’animal”, justifie Naïs Venanzi.
 

Le schéma d’acquisition de l’environnement d’un animal se fait quand il arrive dans sa nouvelle famille. Si les adoptants sont en confinement 24h/24 chez eux, l’animal s’habituera à leur présence. Le jour où ils vont repartir au travail, il sera totalement perdu.
Naïs Venanzi, responsable du refuge SPA de Luynes (Indre-et-Loire)

Une démarche “responsable”

Comment être sûr que les candidats sont dans une bonne démarche et pas uniquement dans un blues du confinement ? Alexandra Chauveau tient à rassurer. “La crainte d’une adoption à la va-vite n’a pas lieu d’être. Les candidats sont généralement des gens sérieux, qui avaient un projet d’adoption avant le confinement.” 
Comme ce couple ayant adopté Casino, un croisé labrador noir de 6 ans et demi, arrivé au refuge le 18 mars. “C’est l’exemple d’une adoption réussie. Ils souhaitaient adopté depuis un moment, on avait beaucoup discuté. Aujourd’hui, on a des nouvelles et des photos de Casino, tout se passe très bien.” Et Naïs Venanzi d’ajouter : “Je m’assure que la démarche est responsable en demandant aux adoptants de m’envoyer des photos de leur clôture, la configuration de leurs terrains, etc.”

Par ailleurs, tous les animaux ne sont pas proposés à l’adoption pendant le confinement. Seuls les plus sociables, à jour dans leur vaccination, et qui ne génèrent pas de soin particulier peuvent être adoptés. Pour ceux qui ne sont pas désignés dans ce dispositif, il faudra patienter jusqu’à la levée du confinement. “L’adoption, c’est pour la vie. Quand on accueille un animal chez soi, on s’engage pour les 15-20 prochaines années”, conclut Naïs Venanzi. 

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