Confinement-coronavirus : Les étudiants du Centre-Val de Loire inquiets pour leur première recherche d'emploi

Comme chaque année, les étudiants en fin de cursus de l'académie Orléans-Tours vont se lancer dans la recherche d'un emploi. En période de confinement, les inquiétudes de ces nouveaux actifs se multiplient.

Le nombre d'offres d'emploi en Centre-Val de Loire n'a pas augmenté pour l'année 2019
Le nombre d'offres d'emploi en Centre-Val de Loire n'a pas augmenté pour l'année 2019 © Jean-Luc Flémal / MaxPPP
Le confinement a bousculé la fin de leurs études, mais impacte également leur recherche d'emploi. Sur les 61 000 étudiants que compte la région, beaucoup sont en fin de cursus et se lancent sur le marché du travail dans les semaines à venir, plus inquiets encore qu'à la normale à cause du confinement.

Masters, écoles de journalisme ou d'ingénieur, centres d'apprentissage... Toutes ces formations devraient déboucher au printemps sur une recherche d'emploi, mais les étudiants doivent déjà jongler entre les offres en ligne et leurs derniers cours à distance.

Projets compromis

Alors qu’ils ont déjà vu leur fin de scolarité perturbée par le confinement, les futurs actifs se voient aussi obligés de retravailler leurs plans de carrière. Expérience souvent préalable à l’embauche, le stage de fin d’études n'est plus d'actualité pour beaucoup de jeunes en fin de formation. Ce contretemps risquerait, pour certains secteurs, de pénaliser les futurs entrants dans leur recherche d’emploi.

Juliette est en dernière année d’école de journalisme à Tours (EPJT), et a été dans l’obligation de reporter son stage de fin d’études à cause du confinement. Certains de ses camarades ont même vu leurs stages annulés alors qu’ils s’apprêtaient à quitter définitivement les bancs de l’EPJT. 

Une formation au niveau master qui, selon la jeune femme, prend tout son sens lors des stages: "Dans mon milieu professionnel, la formation n’est complète qu’avec une expérience de terrain. Nos inquiétudes concernent le report des stages, qui nous font découvrir la réalité du métier, plutôt que les cours théoriques potentiellement annulés à cause du confinement."

Ces stages auraient également pu déboucher sur une embauche, une opportunité dont il est difficile de faire le deuil dans un secteur où les contacts sont la première porte d’entrée pour les jeunes diplômés.

Juliette et ses camarades vont également devoir renoncer à passer la majorité des "bourses" qui leur étaient proposées. En temps normal, les étudiants d'écoles de journalisme peuvent participer à ces concours qui permettent de remporter un premier CDD de plusieurs mois dans une rédaction. Cette année, beaucoup d'épreuves ont été annulées, empêchant les futurs employés d'intégrer une entreprise par cette porte d'entrée habituellement si prisée.

La situation est d'autant plus complexe, que certains secteurs ne peuvent proposer des missions à distance. Etudiant en école d'ingénieur, Ludovic a dû mettre un terme à son stage puisqu'il était dans l'impossibilité de réaliser ses manipulations depuis son domicile. Le jeune homme, originaire de Courtenay (Loiret), peine à trouver un nouveau stage avant de se confronter à la recherche d'un emploi 

On ne peut pas faire grand chose au confinement alors on attend. C'est après que la situation économique va commencer à poser problème pour la recherche d'un poste.

Une conjoncture qui inquiète

Même si le stage reste une voie royale pour intégrer un milieu professionnel, il n'est à l'heure actuelle pas la principale préoccupation des jeunes actifs. En effet, beaucoup de ceux qui s'apprêtent à se lancer sur le marché du travail redoutent les conséquences économiques du confinement sur les entreprises.

Océane vit à Châlette-Sur-Loing (Loiret) et elle vient de terminer ses études d'auxiliaire vétérinaire. Avec le confinement, impossible pour elle de poursuivre la recherche d'emploi qu'elle venait d'initier.

Je n’ai pas pu passer d’entretien d’embauche à cause du confinement et je suis bloquée chez moi sans emploi. Si l’économie déraille d’ici quelques semaines, ça va devenir compliqué de trouver des entreprises qui embauchent des jeunes diplômés.


Pour palier cette situation, Pôle Emploi a augmenté le montant de son aide Garantie Jeunes depuis le 1er avril afin de soutenir l'insertion professionnelle des jeunes qui ne peuvent compter sur un apport de leurs familles. Un dispositif qui ne couvre cependant pas l'ensemble des situations urgentes comme celle d'Océane, financièrement indépendante, mais qui vit avec sa mère.

La jeune loirétaine s'inquiète aussi de ne plus trouver d'employeur à la sortie du confinement. Si les jeunes diplômés de l'hôtellerie ou des métiers de la vente peuvent espérer un retour à l'emploi après la crise sanitaire, certains secteurs, déjà bouchés avant le confinement, risquent effectivement d'être de plus en plus fermés aux nouveaux entrants.

Juliette, particulièrement concernée par le crise de l'emploi dans le journalisme, relativise cependant. "L'insertion professionnelle est, de toute façon, très compliquée dans mon milieu. Je me rassure en me disant que ce secteur n'est pas le plus touché par le confinement et que cet événement ne changera peut-être pas la donne."

Tous s'inquiètent cependant d'avoir de moins en moins de réponses des entreprises à leurs candidatures, alors qu'il est actuellement impossible pour eux de venir se présenter physiquement aux futurs employeurs.

Revoir ses critères

A la fois tracassés par le report de leurs projets professionnels et par les conséquences économiques de la crise sanitaire, de nombreux étudiants revoient leurs ambitions à la baisse. Trouver un plan B, élargir ses critères de recherche, être moins regardant sur la nature du contrat... Toutes les techniques commencent à être envisagées par les futurs demandeurs d'emplois les plus inquiets.

Pourtant lancé dans un secteur porteur, Ludovic constate que les offres de postes sont de moins en moins fréquentes depuis le début du confinement. Il a donc décidé de faire quelques concessions lors de ses recherches.

Au départ, j’étais intéressé par un domaine très précis, mais j’élargis désormais beaucoup mes critères de recherche. Vu le peu d’offres qui sont publiées, je prends tout ce qui passe à partir du moment où le poste m’intéresse un peu.

Une stratégie partagée par Océane, qui a même tenté de réintégrer son emploi étudiant en grande surface en attendant de pouvoir postuler dans son domaine de prédilection.

Ces jeunes diplômés sont prêts à faire des concessions sur les missions à accepter, mais également sur le type de contrat qu'ils pourraient se voir proposer. Bien qu'elle souhaiterait éviter d'avoir recours à ce statut, Juliette n'exclut pas de travailler comme pigiste pour certains médias, c'est à dire, être payée à la tâche. Comme beaucoup de nouveaux actifs, la jeune femme n'irait pas jusqu'à vouloir décrocher un CDI, mais espère pouvoir obtenir un CDD pour le mois de septembre.
 
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