Confinement : le Planning Familial publie une étude alarmante sur le recul du droit à l'IVG

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Écrit par Yacha Hajzler

Le deuxième point presse du Planning Familial pointe une nette dégradation des droits reproductifs des femmes pendant la période de confinement. Le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), notamment, en a nettement souffert.

"Il ne faut pas que les femmes hésitent à téléphoner" martelait fin mars la Dr Nathalie Trignol-Viguier, médecin référent du centre d'orthogénie du CHRU de Tours. Dès le début du confinement, les associations et les praticiens confiaient leurs craintes sur l'accès au droit à l'avortement. Situation des mineures, manque d'orientation vers les professionnels, souci de devoir s'adapter à la vague Covid-19...

Le deuxième point presse publié le 6 mai par le Planning Familial laisse peu de place au doute. Les droits reproductifs des femmes ont bel et bien souffert du confinement.


"Une période où l'urgence prime"


Mouvement féministe et d'éducation populaire, le Planning Familial gère le numéro vert national "0 800 08 11 11 : sexualités, contraception, IVG". Une ligne d'écoute "plus sollicitée que jamais", puisque le planning estime avoir eu 30% d'appels supplémentaires entre le 30 mars et le 19 avril 2020 qu'à la même période en 2019.

La part des appels liés à l'IVG a également augmenté. "Nous sommes donc dans une période où l'urgence prime sur la réduction des risques (prévention des IST et des grossesses non désirées) et la prise en compte globale de la vie sexuelle (questionnement sur les sexualités, sur le couple, le désir, le consentement, etc...)" s'inquiète le mouvement.  

Un recul net du droit à l'avortement


Plus grave, le Planning constate "une augmentation de 330% des difficultés exprimées par les appelant.e.s lors des appels". Refus de soin ou désinformation par des professionnels ou des militants anti-IVG, situations de violences conjugales, dépassement des délais légaux. "Les effets du confinement sont délétères pour l’exercice du droit à l’avortement, tranche le mouvement féministe. (...) Les femmes viennent globalement moins avorter alors qu’elles en ont toujours le même besoin."

Le Gouvernement en porte une part de responsabilité. Alors que le parcours de soin s'est singulièrement compliqué, il a refusé fin mars d'allonger temporairement le délai autorisé de 12 semaines.