Congrès des maires ruraux : “On voit qu'enfin, on a été entendus”

Le Premier ministre Edouard Philippe au Congrès des maires ruraux de France. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Le Premier ministre Edouard Philippe au Congrès des maires ruraux de France. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le congrès des maires ruraux s'est tenu à Eppe-Sauvage, dans le Nord, du 21 au 22 septembre. Le vice-président de l'Association des Maires Ruraux de France, une fois n'est pas coutume, en est ressorti satisfait. 

Par Yacha Hajzler

Le gouvernement Macron est-il en train de réussir son virage envers la ruralité ? Edouard Philippe, Jacqueline Gourault et plusieurs autres membres du gouvernement avaient fait le déplacement à Eppe-Sauvage dans le Nord pour le Congrès des maires ruraux du 20 au 22 septembre. Au coeur des discussions : la mise en place du rapport de la mission "Agenda rural", un arsenal de 200 propositions présentées au gouvernement en juillet dernier. 
 

"On ne va pas faire les difficiles"


"Ça a été un congrès constructif, juge Dominique Dhumeaux, vice-président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF). Dans cet agenda, 173 propositions sur les 200 remises par notre mission sont retenues. Depuis 30 ans l'association des maires ruraux alerte sur des crises que nous vivons, sur l'éloignement des services publics, la santé, la mobilité... On voit qu'enfin, on a été entendus. C'est le gouvernement d'aujourd'hui qui l'entend, certainement parce qu'il a essuyé les plâtres de la crise des gilets jaunes, mais on ne va pas faire les difficiles. On est satisfaits que ce soit pris en compte."

Dominique Dhumeaux, qui a été l'un des cinq auteurs du rapport, estime avoir vu des avancées sur plusieurs sujets importants. "J'ai toujours été porté par ce que j'avais lu dans les cahiers de doléance, ça a été mon fil conducteur. Sur la mobilité, on a des réponses, avec des financements dédiés aux communautés de communes les plus rurales pour pouvoir mettre en place d'autres solutions que la voiture pour se déplacer. Sur la santé, il y a des solutions avec le stage obligatoire des internes en zone sous-dotée...", illustre-t-il.
Les discussions se poursuivront dès la semaine prochaine lors d'une réunion de cadrage à Matignon, avec un texte auparavant passé au peigne fin par l'AMRF. "En regardant dans le détail, ce qu'on fait depuis lundi, on se rend compte qu'il y a des lignes retenues, mais pas dans leur globalité, donc ça va nous demander un travail d'analyse un peu plus fin", remarque son vice-président. Mais le document est d'ores et déjà considéré comme applicable dans les ministères, qui devraient commencer à travailler dessus très prochainement. 
 

Les élus restent sur le qui-vive


La satisfaction n'est cependant pas complète pour Dominique Dhumeaux. "Evidemment, on a malgré tout un doute, on a tellement été habitués par les gouvernements aux annonces non-suivies d'effets que ça nous laisse un peu dubitatifs", avoue-t-il.

D'autant que l'une des mesures phares portées par l'AMRF a été, pour le moment, écartée du texte. "Le fait d'inscrire la notion d'espace dans la constitution a été mis de côté. On voit bien aujourd'hui que le seul modèle qui convient pour l'organisation territoriale, c'est la population. Nous, on dit que nos territoires moins peuplés ont aussi un rôle-clé dans le fonctionnement de notre pays, au travers de la préservation de l'espace, des ressources en eau, de l'alimentation... C'est d'autant plus important qu'on a une planète en souffrance, avec le réchauffement climatique. Nos territoires ont une capacité à amortir ce choc environnemental, ça mériterait d'être entretenu et valorisé", défend l'élu. 
 

Mais pour lui, l'essentiel est d'avoir senti une attention sincère de la part du gouvernement. "On ne vit pas dans un monde de Bisounours, on peut imaginer que l'agenda rural a été construit sur un calendrier qui va permettre de faire des annonces à l'approche des municipales, et tous les partis politiques auraient fait de même. Malgré tout, j'ai le sentiment qu'il y a une vraie volonté de changer de modèle."

Sans oublier, pourtant, que l'exécutif est resté dur d'oreille pendant un long moment. "Il me semble que le gouvernement, par obligation, avec la crise qu'on a vécue, n'avait pas d'autre choix que d'apporter des solutions aux habitants de nos villages", conclut Dominique Dhumeaux. 

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