Coronavirus : "Comme en temps de guerre nous pouvons malheureusement être amenés à faire des choix entre les blessés"

Alors que le nombre de cas de Covid-19 ne cesse d'augmenter en France, les services hospitaliers du Centre Val-de Loire s'organisent pour affronter l'arrivée des malades avec l'espoir que le nombre de places en réanimation soit suffisant pour tous les patients atteints.
Image d'illustration
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La question est terrible et très sensible dans le milieu médical. Comment trier les patients atteints du Covid-19 si les places dans les services de réanimation venaient à manquer ? Comment prioriser les malades qui se trouvent dans un état grave dans des hôpitaux complètement saturés ?

Pour l'instant, ces situations extrêmes ne concernent que quelques services de la région Grand-Est. Mais tous les établissements hospitaliers de France se préparent à devoir faire face à ces choix douloureux si l'épidémie de coronavirus s'amplifie de manière massive.

Une problématique qui n'est hélas pas nouvelle pour la médecine, selon le docteur Patrick Petit, président du Conseil de l'Ordre des médecins du Centre-Val de Loire. 

Comme l’a dit le président, nous sommes en temps de guerre et ce problème n’est pas récent. Quand j’ai fait mon service militaire, nous savions que dans ce type de circonstances, nous pourrions malheureusement être amenés à faire des choix entre les blessés.

Un guide a été édité par la Direction générale de la Santé

Mercredi 18 mars, le quotidien Le Monde révélait la remise d'un document intitulé "Priorisation de l’accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie" à la Direction générale de la Santé (DGS). Un texte qui vise à accompagner les médecins dans leur choix en cas de saturation des services de réanimation, "des décisions difficiles à prendre, qui devront combiner respect de l’éthique et principe de réalité".

Je m’étonne de ce document car chaque situation est exceptionnelle, il n’y a pas de recettes. Le choix se fait toujours dans l’urgence comme ce pilote de ligne qui a dû se poser sur l’Hudson à New-York. C’est dansces moments-là que l’empathie et l’altruisme prennent tout leur sens.

Pour le président du Conseil d'ordre des médecins du Centre-Val de Loire, impossible de mettre en place une procédure même si l'éthique doit toujours guider le praticien confronté à ces circonstances exceptionnelles.

Entre un jeune de 26 ans en bonne santé et une personne de 90 ans qui n'a pas de chance de survie, le choix se fait de manière empirique. C’est terrible à dire, mais on va laisser sa chance au jeune, en se disant que la personne plus âgée a vécu sa vie.

nous confie-t-il.

Tout est mis en oeuvre pour éviter le débordement des hôpitaux

Avant d'en arriver à ces situations insupportables, tout le système de santé français travaille d'arrache-pied afin de s'adapter et de s'organiser pour faire face à l'afflux de patients contaminés par le coronavirus. Questionné sur le sujet dans le 19/20 Grand Ouest le jeudi 19 mars, le docteur Thierry Prazuck, chef du service des maladies infectieuses au CHR d'Orléans, affirme que tout est actuellement mis en oeuvre pour éviter le débordement des hôpitaux.

On espère ne pas en arriver là. Pour l’instant, les services d’accueil en réanimation ont notamment, dans notre région, doublé voir triplé leur capacité pour pouvoir accueillir les malades. Bien évidemment, ils vont être à la disposition de ces patients qui viennent des régions les plus concernées et je pense notamment à l’est de la France.

En attendant le pic de l'épidémie, tous les personnels de santé n'ont qu'un seul et unique message à faire passer : pour les aider et limiter la propagation du virus, respectez le confinement, restez chez vous et évitez de vous déplacer.
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