Débat sur le retour de l'éco-taxe : la région Centre-Val de Loire reste prudente

Le 15 mars, les députés ont donné leur feu vert à une éventuelle "contribution" financière sur les poids lourd dans les régions qui veulent la mettre en place. En Centre-Val de Loire, le vice-président délégué aux transport et les professionnels restent circonspects.

Certaines régions souhaitent un retour d'une "contribution" financière des poids lourds. Photo d'illustration
Certaines régions souhaitent un retour d'une "contribution" financière des poids lourds. Photo d'illustration © Hervé KIELWASSER / Maxppp

Abandonné en 2014 sur fond de révolte des "bonnets rouges", l'éco-taxe est en train de faire son retour dans le débat public à quelques semaines des élections régionales. L'article 32 du projet de loi climat, examiné en commission ce 15 mars avant son arrivée dans l'hémicycle fin mars, prévoit en effet une "habilitation à légiférer par ordonnance" pour permettre aux régions volontaires, "disposant d'un domaine public routier", de mettre en place une "contribution spécifique assise sur le transport routier de marchandises". 

"L'objectif est de favoriser le transport des marchandises par des moyens moins émetteurs de gaz à effet de serre (ferroviaire, fluvial...)", précise l'exposé
des motifs du projet de loi. "L'échelle régionale est tout à fait adaptée" et la contribution toucherait "l'ensemble des camions, à la fois les camions français mais surtout les camions étrangers", a souligné le co-rapporteur Jean-Marc Zulesi (LREM).

Le vice-président de la région dénonce le "cynisme" des parlementaires

Si certaines collectivités, comme l'Alsace et l'Île-de-France, voient le retour d'une taxe sur les poids lourd d'un bon oeil, d'autres s'y refusent, comme la Bretagne, épicentre du mouvement des bonnets rouges en 2014. En Centre-Val de Loire, le vice-président du conseil régional en charge des transports, Philippe Fournié, qui n'exlut pas la possibilité d'un débat sur l'éco-taxe, dénonce "le cynisme du gouvernement et des parlementaires". "Ils veulent créer une taxe, mais en font supporter le coût politique aux régions", explique-t-il, regrettant le manque de concertation nationale ainsi qu'avec les professionnels du secteur.

Les flottes de transporteurs, explique le vice-président de la Région, sont d'ores et déjà en train de fournir des efforts pour se moderniser et réduire leur impact sur l'environnement, notamment en ayant recours à des carburants alternatifs, comme le biogaz. "Il faut les aider dans cette évolution !" De fait les professionnels du secteur abondent dans ce sens, comme en témoigne Pauline Martin, secrétaire générale Centre-Île-de-France de la Fédération nationale des transporteurs routiers (SNTR, principale organisation patronale du secteur) au micro de France 3 Île de France. "Nous, ce qu'on demande, ce sont des mesures pour nous accompagner encore mieux dans la transition énergétique, plutôt que d'être taxés !"

Outre ces oppositions en région, certains députés, comme Dominique Pothier, élu (PS) de Meurthe-et-Moselle, craignent également un "report" des poids lourds d'un territoire à l'autre en cas de disparités, et réclame un "schéma national et européen". Le co-rapporteur du  projet de loi, Marc Zulesi (LREM), a quant à lui maintenu que "l'échelle régionale est tout à fait adaptée". Il a aussi ajouté que la contribution toucherait "l'ensemble des camions, à la fois les camions français mais surtout les camions étrangers".

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