Déconfinement : inquiets, les transports publics estiment n’avoir pas les moyens de faire respecter les gestes barrières

A mesure que la date du 11 mai approche, les entreprises chargées des transports publics voient monter la pression. Elles estiment ne pas avoir les moyens de faire respecter les gestes barrières et ont adressé un courrier au Premier ministre pour lui faire part de leurs inquiétudes.

Les transporteurs craignent que les mesures de distanciation sociale s’avèrent inapplicables.
Les transporteurs craignent que les mesures de distanciation sociale s’avèrent inapplicables. © Cristiano Minichiello/MaxPPP
Même s’il risque de n’être que partiel et progressif, le déconfinement inquiète les entreprises chargées d’assurer les transports en commun. SNCF, RATP, Union des transporteurs publics, Transdev, Agir et Keolis – soit la quasi-totalité des entreprises de ce secteur – ont adressé un premier courrier commun au Premier ministre le 17 avril. Puis un second le 30. Dans ces courriers, ils estiment n’avoir "ni les moyens humains, ni les moyens matériels de faire respecter les gestes barrières et notamment la distanciation sociale".
 

Devant les députés, Édouard Philippe avait présenté entre ces deux dates les mesures censées s’imposer dans les transports à partir du 11 mai : port du masque obligatoire, condamnation d’un siège sur deux et marquage au sol, comme cela a été fait en Italie. Le port du masque, toutes ces entreprises y étaient favorables. Mais c’est bien la distance d’un mètre entre chaque passager qui pose problème.
  

Une mesure "inapplicable"


Les transporteurs craignent que cette mesure, si elle est contraignante, s’avère inapplicable. Ils préfèreraient que soient transférés à leurs agents de sécurité d’avantage de pouvoirs de contrôles, tout en bénéficiant de l’appui des forces de l’ordre pour mieux canaliser le flux des passagers. Des demandes qui sont jusqu’à présent restées sans réponse.

Pas facile, dans ces conditions, d’organiser la remise en marche de l’activité après cette longue période de fonctionnement sur un mode réduit. A Tours, pendant toute la durée du confinement, l’activité de Fil Bleu a été limitée à 28 % de sa capacité. Et les deux tiers des salariés ont été placés en chômage partiel. Pour Arthur Cotteverte, responsable communication de Keolis Tours, "les besoins ne remonteront certainement pas à 100 % dès le début du déconfinement. Mais il est très difficile de préparer la reprise car trop de paramètres restent inconnus à ce jour. Quels seront les établissements scolaires réellement ouverts après le 11 mai? Nous l’ignorons. Tout comme le nombre de salariés qui seront en mesure de reprendre le travail. Il faudra de toute façon que l’on s’adapte pour rendre au mieux le service que les usagers sont en droit d’attendre", explique-t-il.

Édouard Philippe a promis une concertation dans les agglomérations entre tous les opérateurs et associations d'usagers, d'ici le 11 mai, pour mettre en place le plan de reprise le plus adéquat. "S'il faut organiser les flux, nous accompagnerons les autorités organisatrices de transports dans les semaines à venir", a-t-il assuré.
Tao, Fil Bleu, Azalys ou Horizon, plusieurs noms pour une même société : Keolis
> Keolis, l’une des entreprises signataires de ces courriers, est très implantée dans la région Centre-Val de Loire. Orléans, Blois, Châteauroux, Tours : sous différentes appellations, c’est cette société qui est délégataire pour les transports en commun de toutes ces villes.

Filibus, le réseau de Chartres, est exploité par une société publique Locale, Chartres Métropole Transport.

> Quant au réseau de l’agglomération de Bourges, AggloBus, il est exploité depuis 2011 par une filiale de la RATP dans le cadre d’une délégation de service public.
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