Drame de Millas : les accidents survenus sur des passages à niveau en Centre-Val de Loire

En 2015, une femme de cinquante ans avait perdu la vie, percutée par un train sur le passage à niveau de Foëcy dans le Cher / © France 3 CVDL
En 2015, une femme de cinquante ans avait perdu la vie, percutée par un train sur le passage à niveau de Foëcy dans le Cher / © France 3 CVDL

Après la collision entre un bus et un train à Millas dans les Pyrénées Orientales qui a fait cinq morts, le problème de la sécurité des passages à niveau est à nouveau posé. L'accident rappelle malheureusement d'autres drames qui ont eu lieu dans la région.

Par Elsa Cadier avec AFP


Après l'accident mortel de Millas, la question de la dangerosité des passages à niveau se pose encore


Jeudi 14 décembre, un TER a percuté l'arrière d'un car scolaire sur un passage à niveau à Millas (Pyrénées-Orientales). Le bilan de cette collision est lourd : il s'élève à cinq morts. Le problème de la sécurité des passages à niveau est à nouveau posé. La collision de Millas est l'un des accidents les plus graves survenus à un transport d'enfants depuis les drames d'Allinge en Haute Savoie (7 morts) et de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants). 

Il est indispensable qu'on puisse faire la lumière,


a déclaré sur France Info Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, afin qu'"à l'avenir, sur les 15.000 passages à niveau de France, ce type d'événement tragique ne puisse pas se reproduire".

Chaque année, on déplore en moyenne depuis 2011, une trentaine de morts et une quinzaine de blessés liés aux collisions sur des passages à niveau. Sur les 15.000 passages existant en France, la SNCF n'en supprime que cinq à sept par an. 

Pourquoi la suppression d'un passage à niveau dangereux prend du temps ?

La catastrophe d'Allinges en 2008, qui avait couté la vie à sept enfants, avait pourtant entraîné une prise de conscience et un plan de sécurisation à la SNCF. Depuis, le ministère chargé des transports a défini un programme de sécurisation national, permettant d'identifier les passages à niveau dont la suppression ou l'équipement est prioritaire. Il consiste à répertorier des points de croisement ayant connu plusieurs incidents par an ou ayant des trafics routiers et ferroviaires élevés (15 % des accidents graves sont concentrés sur 1 % des passages à niveau). Au 1er janvier 2016, on comptait 152 passages à niveau inscrits au programme (450 en 1997). Celui de Millas n'en faisait pas partie. 

La suppression d'un passage à niveau peut prendre des années en raison des contraintes techniques et financières. En 2015, 42 millions d'euros ont été consacrés à ce dossier. Six passages à niveau prioritaires ont été supprimés en 2015, quatre en 2016.

Les accidents de passages à niveau dans la région


•Dans la région, le dernier accident mortel remonte à septembre 2017 à St Jean de la Ruelle dans le Loiret. Un adolescent avait traversé un passage à niveau sans respecter la signalisation alors que des travaux étaient en cours. 


•On se souvient également de cet accident au passage à niveau de Foëcy dans le Cher en septembre 2015. Une femme de cinquante ans avait perdu la vie percutée par un train. La SNCF a prévu de supprimer quatre passages à niveau dans le Cher d'ici 2019.

•En janvier 2014, une collision entre une voiture et un train à Mennetou-sur-Cher dans le Loir-et-Cher avait causé la mort d'une octogénaire. Son véhicule avait été percuté par le TER Tours-Vierzon. 

•En septembre 2014 encore, une femme de 84 ans avait été percutée par un train au passage à niveau situé à Saint-Genouph en Indre-et-Loire.


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